Les pays arabes, réunis au Caire, mettent leurs divergences sur la Palestine en sourdine

Les membres de la Ligue arabe ont unanimement rejeté le plan de paix de Donald Trump, que certains d’entre eux avaient pourtant appelé à examiner, après sa présentation mardi à Washington.

Par et Publié le 02 février 2020 à 16h33 - Mis à jour le 02 février 2020 à 16h37

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Mahmoud Abbas ne pouvait pas rêver meilleur résultat. La réunion extraordinaire de la Ligue arabe, à laquelle le président palestinien avait appelé, en réaction à la présentation du plan de paix de Donald Trump, a abouti, samedi 1er février, à un rejet ferme et unanime de ce document très décrié.

L’organisation, réunie à son siège au Caire, a indiqué dans un communiqué qu’elle « rejetait l’accord (...) américano-israélien, étant donné qu’il ne respecte pas les droits minimaux et les aspirations du peuple palestinien ». La Ligue a ajouté que les dirigeants arabes se sont engagés « à ne pas coopérer avec l’administration américaine pour mettre en œuvre ce plan ».

« C’est un succès pour Abbas, qui a réussi à réunir à nouveau le monde arabe autour de la cause palestinienne, estime Ibrahim Fraihat, politologue palestinien basé à Doha. Ce n’était pas gagné du tout. Le soutien de ses pairs semblait un peu vacillant ces derniers jours ».

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Effritement du camp propalestinien

Dévoilé mardi 28 janvier à la Maison Blanche par Donald Trump et Benyamin Nétanyahou, le premier ministre israélien, le prétendu « deal du siècle » accorde aux Palestiniens un Etat croupion, mité par les colonies juives, amputé de la vallée du Jourdain, avec, en guise de capitale, de lointains faubourgs de Jérusalem-Est.

Un arrangement en rupture complète avec les termes de référence du conflit, notamment le plan Abdallah de 2002, endossé par la Ligue arabe. Ce texte appelle à la création d’un Etat palestinien sur les territoires de 1967, débarrassés des colonies, avec Jérusalem-Est pour capitale.

Voir notre cartographie : L’« Etat » palestinien selon le plan Trump

Mais la présence à la Maison Blanche, au milieu des partisans extatiques de Benyamin Nétanyahou, des ambassadeurs émirati, bahreïnien et omanais, avait révélé quelques fissures dans cette façade propalestinienne. L’impression d’un effritement des positions arabes traditionnelles s’est accentué à la lecture des communiqués de réaction des différentes chancelleries.

Un état croupion mité par les colonies juives

Si plusieurs pays comme la Tunisie, l’Algérie, l’Irak et la Jordanie n’ont pas fait mystère de leur circonspection, voire de leur mécontentement, d’autres, très dépendants des Etats-Unis, comme l’Egypte, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis (EAU), ont jugé bon de « saluer les efforts » de Donald Trump et d’appeler à la reprise des négociations, en s’abstenant soigneusement de faire référence au plan Abdallah.

Le communiqué le plus accommodant est celui d’Abou Dhabi qui qualifie le plan Trump, voué par Abbas aux « poubelles de l’histoire », d’« initiative sérieuse » et d’« important point de départ ». Dans la presse saoudienne, étroitement liée à la famille royale, plusieurs éditorialistes ont même fustigé ces derniers jours l’attitude de rejet des Palestiniens, l’un d’eux les qualifiant de « professionnels des occasions gâchées ».

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