Brexit : les mystères de la relation future entre l’Union européenne et Londres

Alors que les négociations entre le Royaume-Uni et l’UE n’ont pas encore commencé, chacune des deux parties campe sur une posture dont on sait d’ores et déjà qu’elle est inacceptable pour l’autre.

Par et Publié le 01 février 2020 à 02h26 - Mis à jour le 01 février 2020 à 09h05

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Les partisans du Brexit sur la place du Parlement, à Londres, le 31 janvier.
Les partisans du Brexit sur la place du Parlement, à Londres, le 31 janvier. ED ALCOCK / M.Y.O.P. POUR « LE MONDE »

Pour l’instant, les positions semblent inconciliables. Les négociations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE) sur leur relation future n’ont pas démarré, pourtant chacune des deux parties reste sur une posture dont on sait qu’elle est irrecevable pour l’autre. Et à Londres comme à Bruxelles, on invoque des motivations d’ordre quasi existentiel – qui sont finalement le miroir l’une de l’autre – pour se justifier.

Alors qu’il a fallu plus de trois ans et demi pour que le Royaume-Uni sorte enfin des institutions européennes, vendredi 31 janvier à minuit (heure continentale), Boris Johnson ne veut surtout pas que la suite de l’histoire donne raison à ceux qui prédisent que le Brexit se terminera en « Brino » (« Brexit in Name Only » – « Brexit qui n’en a que le nom »). Il n’est donc pas question, pour Downing Street, que la période actuelle de transition – durant laquelle Londres continue d’appliquer les règles communautaires, tout en n’étant plus dans les instances décisionnelles de l’Europe – s’éternise au-delà du 31 décembre 2020. Ni qu’ensuite, la relation qu’auront dessinée Londres et Bruxelles pérennise cette situation.

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Les Européens, d’une certaine manière, ont le même souci : montrer que le Brexit va changer la donne pour le Royaume-Uni, et pas dans un sens qui donnerait envie à d’autres de quitter le navire. Comme l’a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, vendredi 31 octobre devant le Parlement européen, « appartenir à l’UE, c’est quelque chose qui compte » et qui apporte des avantages auxquels Londres ne doit désormais plus pouvoir prétendre. Il ne faut pas que l’accord qui sera négocié puisse faire penser que « le Frexit [un départ de la France] ne posera aucun problème », développe Pascal Canfin, élu (Renew) au Parlement européen.

Près de 200 opposants au Brexit ont marché de Downing Street à la Maison de l'Europe, le siège de l'Union européenne au Royaume-Uni. Sur leur chemin, des partisans d'extrême-droite de Brexit, les ont insulté Londres, le 31 janvier.
Près de 200 opposants au Brexit ont marché de Downing Street à la Maison de l'Europe, le siège de l'Union européenne au Royaume-Uni. Sur leur chemin, des partisans d'extrême-droite de Brexit, les ont insulté Londres, le 31 janvier. ED ALCOCK / M.Y.O.P. POUR « LE MONDE »

Ne pas ménager les Britanniques

Dans ce contexte, le mandat de négociation que la Commission s’apprête à confier à Michel Barnier – elle le présentera lundi 3 février, avant de le faire endosser par les Etats membres le 25 février –, ne cherche pas à ménager les Britanniques. « Certaines phrases devraient les surprendre », s’amuse un proche du dossier.

C’est donc un accord global que veulent négocier les Européens, qui comprend aussi bien les sujets commerciaux que ceux de transports, de sécurité, de recherche, d’enseignement supérieur d’énergie, ou encore de pêche.

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« Nous n’allons pas nous restreindre parce que Boris Johnson veut un accord avant le 31 décembre 2020. C’est son problème », lance un diplomate. Pas question, donc, d’établir une liste de priorités à traiter avant la fin de l’année. Ce serait la meilleure manière de diviser les Ving-Sept, dont les intérêts ne sont pas toujours alignés, et d’affaiblir l’UE dans cette négociation plus que complexe.

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