Après la mort du sultan d’Oman, une transition en douceur

Le nouveau monarque de Mascate, Haitham Ben Tarek, promet de poursuivre la politique de neutralité de son prédécesseur, Qabous Ben Saïd, mort vendredi.

Par Publié le 13 janvier 2020 à 12h39

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Le nouveau sultan d’Oman, Haitham Ben Tarek Al-Said, à Oman, le 11 janvier 2020.
Le nouveau sultan d’Oman, Haitham Ben Tarek Al-Said, à Oman, le 11 janvier 2020. AP

Changement dans la continuité en Oman. Le sultan Qabous Ben Saïd Al-Saïd, dont la mort a été annoncée vendredi 10 janvier, à l’âge de 79 ans, a été remplacé dès le lendemain par son cousin, le ministre de la culture, Haitham Ben Tarek Al-Saïd, âgé de 66 ans. Tout laisse toutefois supposer que le nouveau monarque ne devrait pas beaucoup dévier de la voie tracée par son prédécesseur, qui a régné près de cinquante ans sur la pétromonarchie des confins de la péninsule arabique.

Dans son premier discours, le sultan Haitham s’est engagé à suivre la voie de Qabous, notamment en politique étrangère, domaine où l’ancien souverain se distinguait par son souci de l’équilibre. Le nouvel occupant du trône d’Oman, pays frontalier de l’Arabie saoudite et proche de l’Iran – les puissances rivales du Moyen-Orient, a promis de poursuivre une diplomatie « basée sur la coexistence pacifique entre les nations (…) et sur la non-ingérence dans les affaires intérieures des autres ».

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Sous Qabous, le sultanat est resté à l’écart des principaux conflits régionaux, à commencer par la guerre Iran-Irak (1980-1988). Bien qu’affaibli ces dernières années par le cancer qui a fini par l’emporter, le vieux monarque a su dire non à la guerre au Yémen et au boycottage du Qatar, deux initiatives de ses belliqueux voisins, le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman et le régent des Emirats arabes unis (EAU), Mohammed Ben Zayed. Dans le bras de fer entre Washington et Téhéran sur le dossier nucléaire, Mascate a toujours joué un rôle d’intermédiaire.

Détenteur de hautes responsabilités au sein du ministère des affaires étrangères avant de prendre le portefeuille de la culture, Haitham Ben Tarek, parfois utilisé par Qabous comme son émissaire personnel sur la scène internationale, n’est pas étranger à cette diplomatie pleine de prudence. Signe qu’une rupture avec la tradition de neutralité d’Oman est peu probable, Mascate a vu défiler dimanche des dignitaires étrangers aux profils très variés : le premier ministre britannique, Boris Johnson, le ministre des affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, l’homme fort des EAU, Mohammed Ben Zayed, et son rival, l’émir du Qatar Tamim Al Thani, etc.

Fluidité de la succession

La fluidité avec laquelle la succession s’est déroulée augure aussi d’une transition en douceur. Qabous n’ayant pas d’enfants et n’ayant désigné aucun dauphin, la règle voulait que le nouveau sultan soit choisi par des membres de la famille royale Al-Saïd. Après trois jours de délibérations, en l’absence de consensus, il était prévu de s’en remettre au nom consigné dans une lettre cachetée, laissée à cet effet par le défunt souverain.

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