En Espagne, relance du débat sur l’avortement des mineures de 16 ans sans l’avis de leurs parents

La mère d’un bébé retrouvé noyé dans une rivière n’avait pas pu interrompre sa grossesse sans le consentement parental. Une obligation que remet en cause le nouveau gouvernement de gauche.

Par Publié le 12 janvier 2020 à 13h01 - Mis à jour le 12 janvier 2020 à 13h04

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Le 24 septembre 2019, la sordide histoire avait suscité l’émoi en Espagne. Ce jour-là, un jeune garçon de 16 ans avait jeté pour le noyer son nouveau-né dans la rivière Besos, dans la commune ouvrière de L’Hospitalet de Llobregat, près de Barcelone. Alertée par des témoins, la police catalane l’avait immédiatement arrêté et avait mis trois jours à retrouver le corps sans vie du bébé.

Jeudi 9 janvier, des informations dévoilées par le quotidien catalan El Periodico ont éclairé les faits d’un jour nouveau, en révélant que la mère du bébé avait essayé d’avorter au début de sa grossesse. Agée elle aussi de 16 ans, elle y a renoncé quand les services sociaux municipaux lui ont stipulé qu’elle devait absolument obtenir l’autorisation de ses parents, alors qu’elle essayait de faire croire qu’ils étaient en voyage dans leur pays d’origine, la Bolivie.

Réorientée vers les services de santé, elle et son compagnon ont alors préféré maintenir le secret. Grâce à des vêtements amples, la jeune fille a fait croire à une simple prise de poids à ses parents et professeurs. Lorsque les contractions ont commencé, le couple a loué une chambre dans une pension et la mineure y a accouché sans aide médicale, en suivant les instructions que son compagnon avait trouvées sur Internet. Puis ce dernier, faisant croire à son amie qu’il allait donner l’enfant en adoption, est parti le noyer.

« Souffrance de nombreuses jeunes filles »

« Au-delà de cette histoire terrible, il existe une souffrance chez de nombreuses jeunes filles qui sont contraintes d’avoir recours à la clandestinité pour mettre fin à leur grossesse, avec des cachets abortifs achetés sur Internet, des avortements dangereux », explique au Monde Francisca Garcia, présidente de l’Association des cliniques accréditées pour l’interruption de grossesse.

En Espagne, la consternation est d’autant plus grande qu’une loi approuvée en 2010 sur la « santé sexuelle et reproductive », à l’initiative du gouvernement du socialiste José Luis Rodríguez Zapatero, permettait aux jeunes filles de 16 et 17 ans d’avorter sans en informer leurs parents dans les cas où il existait un risque de « violence intrafamiliale, menaces, pressions, mauvais traitements ou que se produise une situation de détresse et d’abandon ». Cela dans les limites fixées par la loi : durant les 14 premières semaines sans justification et jusqu’à la 22e semaine en cas de grave risque pour la vie ou la santé de la mère ou de graves anomalies pour le fœtus.

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