Dans un quartier de Madrid, des voisins solidaires des réfugiés

L’arrivée de milliers de demandeurs d’asile venus d’Amérique latine déborde les services d’accueil. Des citoyens s’efforcent de pallier les insuffisances du gouvernement.

Par Publié le 11 décembre 2019 à 00h28 - Mis à jour le 11 décembre 2019 à 13h33

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Le campement de fortune de familles de demandeurs d'asile, dans les rues de Madrid, en novembre.

LETTRE D’ESPAGNE

Devant les grilles du SAMU social, dans le quartier madrilène de la Latina, une dizaine de voisins discutent, emmitouflés dans leur manteau. Ce samedi 7 décembre au soir, aucune famille de migrants ou de réfugiés n’est venue s’installer sur ce bout de trottoir pour passer la nuit, comme cela s’est produit ces dernières semaines, faute de places dans les centres d’accueil de la capitale espagnole.

Mais ce groupe de riverains attend, au cas où certains arriveraient plus tard avec l’espoir, vain, que le SAMU social leur assigne un endroit où dormir.

Maria Jesus a apporté des empanadas fraîches, qu’elle ira finalement offrir, un peu plus loin, place Tirso de Molina dans un centre géré par la Croix-Rouge. Beatriz récupère un sac contenant un kit de toilettes que lui donne un voisin et qu’elle conservera chez elle en cas de besoin. D’autres ont préparé des plats chauds « maison » dans de grandes barquettes en aluminium, dont ont profité les pensionnaires du SAMU social. Des couvertures et des sacs de couchage ont été laissés dans un coin, à disposition.

Des nuits à même le sol

Tous font partie de la « commission des dîners », un groupe de 120 habitants du quartier, créé sur WhatsApp pour palier les lacunes des institutions. La « commission des déjeuners », elle, arrive à 14 heures et celle des goûters se rend dans la paroisse voisine de la Paloma, que le prêtre a ouverte aux familles pour qu’elles ne passent pas toute la journée dehors. Et puis, il y a ceux qui sont simplement disponibles en cas de besoin, pour trouver un manteau ou une paire de chaussures, prêter leur salle de bains, voire une chambre. Comme ce mardi 10 décembre au soir, quand deux femmes qui n’avaient pas obtenu de logement d’urgence ont été hébergées par des volontaires.

« Nous aidons comme nous le pouvons, tout en insistant sur le fait que c’est à la mairie et au gouvernement de faire quelque chose, pas à nous », assure Beatriz, analyste de marchés de 35 ans, volontaire presque par accident de cette association improvisée, à la flexibilité et à la capacité de mobilisation d’un réseau social.

« Le système d’accueil est saturé et nous cherchons des solutions, surtout pour que les enfants ne dorment pas dehors et que les gens mangent des plats chauds. Les auberges pour sans-abri ne donnent parfois que des sandwichs froids qui ne comblent pas leur faim, et certains centres de nuit ne servent pas de repas le midi », ajoute-t-elle.

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