Sur le site du futur Mémorial britannique de Ver-sur-mer, portrait de George Batts, vétéran anglais ayant participé au débarquement le 6 juin 1944 sur la plage Gold Beach à Asnelles en Normandie. Ver-sur-Mer, Calvados, dimanche 2 juin 2019.
FLORENCE BROCHOIRE POUR LE MONDE

En Normandie, le futur mémorial britannique de Ver-sur-Mer sème la discorde

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Publié le 05 juin 2019 à 07h00 - Mis à jour le 11 juin 2019 à 10h04

Au sommet du Mont-Fleury à Ver-sur-Mer, les engins de chantier s’activent. C’est ici, à la sortie de ce bourg du Calvados de 1 600 âmes, qu’une association basée à Londres, le Normandy Memorial Trust, construit face à la Manche un monument dédié aux quelque 22 400 hommes et femmes tués en servant sous commandement britannique pendant la bataille de Normandie (6 juin-29 août 1944).

D’un montant de près de 33 millions d’euros, ce mémorial consistera en un vaste déambulatoire de 160 mètres sur 59, avec des murs et des colonnes d’environ 7 mètres de haut sur lesquels seront gravés les noms de ceux qui ont sacrifié leur vie pour sauver l’Europe. Ironie de l’histoire, ce projet soutenu par les gouvernements français et britannique sort de terre à l’heure où le Royaume-Uni se prépare à quitter l’Union européenne (UE). Et, sans surprise, il est loin de faire l’unanimité d’un côté comme de l’autre de la Manche.

George Batts, vétéran anglais ayant participé au débarquement le 6 juin 1944 à Ver-sur-Mer (Calvados) le 2 juin.

L’ombre du Brexit planera sur les cérémonies du 75e anniversaire du Débarquement. Le 6 juin, le président français Emmanuel Macron et la première ministre britannique Theresa May poseront la première pierre de ce mémorial. Cette cérémonie franco-britannique se déroulera sans la reine Elizabeth II ni le prince Charles, attendus pour l’inauguration prévue dans cinq ans.

L’Allié américain sera également absent : Donald Trump retrouvera M. Macron dans l’après-midi au cimetière de Colleville-sur-Mer, puis à Caen.

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L’initiateur de ce mémorial, George Batts, 93 ans, sera en revanche bien là. Coiffé de son béret vert, barbe blanche bien taillée, médailles accrochées à la veste, le vétéran ne cache pas sa fierté : « Moi, le petit sapeur du jour J, je me suis battu pour ce monument national, contrairement aux généraux qui ne s’en sont jamais souciés. »

George Batts, démineur de 18 ans

Le 6 juin 1944, le volontaire du Middlesex, près de Londres, fait partie, du haut de ses 18 ans, de la seconde vague qui déferle à 10 h 30 sur Gold Beach, nom de code d’une des cinq plages du Débarquement. Nombre de ses camarades y sont déjà tombés, fauchés par la grêle d’acier des batteries allemandes positionnées sur les hauteurs d’Asnelles et Ver-sur-Mer. Jugé trop jeune pour combattre, George Batts passe la journée à déminer le secteur. « C’était bruyant, c’était effrayant », dit-il pudiquement.

Au cours de ce « jour le plus long », quelque 156 000 hommes prennent pied sur les rivages de Normandie. Tournant de la seconde guerre mondiale, l’opération « Overlord », entreprise militaire titanesque, d’une ampleur jamais égalée, ouvre en Europe ce second front tant espéré par Staline qui va permettre aux Alliés de vaincre l’Allemagne nazie.

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