L’« appel de Christchurch », le combat contre la haine de Jacinda Ardern

La première ministre néo-zélandaise détaille pour « Le Monde » le plan qu’elle présente « pour éliminer le terrorisme et l’extrémisme en ligne ».

Propos recueillis par Publié le 14 mai 2019 à 11h28 - Mis à jour le 15 mai 2019 à 19h01

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La première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, à Paris, le 13 mai.
La première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, à Paris, le 13 mai. NICOLA LO CALZO POUR LE MONDE

Le 15 mars, un terroriste australien diffusant la vidéo de ses actes en direct sur Facebook pénétrait dans deux mosquées et abattait 51 fidèles à Christchurch, dans le sud de la Nouvelle-Zélande. Le pays s’est mobilisé en soutien à la communauté musulmane, notamment la première ministre, Jacinda Ardern, qui s’est présentée voilée et a étreint les familles des victimes, tenant un discours de compassion.

La chef de gouvernement progressiste de 38 ans est arrivée à Paris pour lancer mercredi 15 mai, au côté du président français, Emmanuel Macron, l’« appel de Christchurch », demandant aux dirigeants des géants du numérique d’agir en s’engageant sur un code de conduite contre le terrorisme et l’extrémisme violent en ligne.

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Vous venez à Paris présenter l’« appel de Christchurch ». De quoi s’agit-il ?

De manière évidemment tragique, les actes terroristes ne sont pas une nouveauté en France, à Paris. Pour nous, c’était nouveau. Il y a cependant un aspect inédit à l’échelle mondiale : l’attaque au cours de laquelle 51 personnes ont été tuées était conçue pour être virale. Facebook, qui a été utilisé comme plate-forme pour diffuser l’attaque en direct, a tenté de supprimer la vidéo : ils l’ont enlevée 1,5 million de fois. Durant les premières 24 heures, elle a été remise en ligne sur YouTube chaque seconde. Des millions de personnes l’ont vue. Et l’on sait qu’en Nouvelle-Zélande des milliers de personnes ont contacté la cellule de soutien psychologique du fait du malaise ressenti après l’avoir vue.

Il y a certaines choses que la Nouvelle-Zélande pouvait faire au lendemain du 15 mars pour éviter qu’un tel acte se reproduise. Nous pouvions interdire les armes à feu de type militaire semi-automatiques et les fusils d’assaut. Nous l’avons fait. Nous pouvions regarder nos problèmes de cohésion sociale. Nous pouvions aussi nous demander si nos agences de sécurité et de renseignement faisaient ce qu’il fallait. Nous avons entrepris tout cela. Mais pour ce qui s’est produit sur les réseaux sociaux, nous ne pouvons agir seuls. Ce qui nous est apparu très tôt, c’est que, si nous voulions un changement systémique, il fallait apporter une réponse mondiale à un réseau mondial.

Que proposez-vous concrètement ?

Nous cherchons à rassembler des gouvernements, mais aussi des entreprises de technologie, et pas de manière bilatérale mais collective, pour tenter d’établir un plan d’action à long terme afin d’éliminer le terrorisme et l’extrémisme violent en ligne. Il y a déjà eu des travaux dans ce domaine, mais il s’agit là d’un plan d’action inédit réunissant des chefs de gouvernement et d’entreprise pour prévenir et encadrer. C’est sans précédent, parce que ce qui s’est produit en Nouvelle-Zélande est sans précédent.

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