« Améliorer l’information environnementale des investisseurs doit devenir une priorité »

Les professeurs de gestion Walid Ben Amar et Isabelle Martinez affirment, dans une tribune au « Monde », que les entreprises doivent dépasser le « greenwashing » pour informer les investisseurs sur la résilience de leur modèle économique aux chocs environnementaux.

Publié le 05 juin 2020 à 15h12 Temps de Lecture 3 min.

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Tribune. La pandémie actuelle peut aboutir à une prise de conscience collective et à un renforcement de la lutte contre les causes du dérèglement climatique, ou bien, au contraire, à une mise entre parenthèses des initiatives en ce sens, car l’attention ainsi que toutes les ressources financières seront consacrées à des mesures de relance économique. La cause climatique passerait alors au second plan face à l’urgence, avec, à terme, des conséquences désastreuses.

Le rôle des gouvernants est majeur. Mais pour orienter correctement les flux financiers, publics comme privés, améliorer l’information environnementale des investisseurs doit également devenir une priorité. Le sujet est peu connu du grand public car d’apparence technique. Pourtant, les enjeux sont considérables.

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Les trois quarts des investisseurs institutionnels (banques, assurances, fonds de pension) considèrent que la question climatique est l’une de celles qui ont le plus d’impact de long terme sur la rentabilité de leurs investissements (Recommandations de la Task Force on Climate-related Financial Disclosures - Etude des éléments pertinents à l’échelle locale, Baker McKenzie, PRI, 2017). Des études montrent que ces professionnels de la finance, y compris aux Etats-Unis, se détournent des entreprises polluantes qui ne prennent pas les mesures requises pour adapter leur modèle économique en anticipant les réglementations environnementales de plus en plus strictes et en préparant leurs infrastructures à des évènements météorologiques extrêmes (« Firm-Value Effects of Carbon Emissions and Carbon Disclosures », Ella Mae Matsumura, Rachna Prakash et Sandra Vera-Muñoz, The Accounting Review n° 89-2, 2014).

Mais ces mêmes professionnels estiment qu’ils n’ont pas en main les informations nécessaires pour agir en connaissance de cause. La majorité d’entre eux considèrent que les données fournies par les entreprises sur leurs risques climatiques et leurs actions en la matière sont beaucoup trop générales et passe-partout pour éclairer leurs choix d’investissement (Institutional Investors’Views and Preferences on Climate Risk Disclosure, Emirhan Ilhan, Philipp Krueger, Zacharias Sautner et Laura Starks, Finance Working Paper n° 661, European Corporate Governance Institute, 2020).

Raquette de tennis trouée

De multiples initiatives ont certes été prises pour améliorer la qualité de ces informations environnementales stratégiques. Une association, le Carbon Disclosure Project, a construit depuis 2003 une gigantesque base de données mondiale sur les pratiques des entreprises en la matière. A la suite de l’accord de Paris, en 2015, des recommandations ont été émises, demandant aux entreprises de préciser les opportunités et les risques que représentait pour elles le changement climatique, et d’afficher leurs stratégies d’adaptation et de gestion de ces risques ainsi que leurs niveaux d’émission de gaz à effet de serre.

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