« Monsieur le président de la République, n’oubliez pas le livre ! »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de 625 auteurs, éditeurs, libraires demande à Emmanuel Macron un plan de relance pour la filière, étrangement absente des annonces faites, le 6 mai, par le chef de l’Etat.

Publié le 23 mai 2020 à 06h00 - Mis à jour le 23 mai 2020 à 15h05 Temps de Lecture 4 min.

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Tribune. « Lisez ! » Ce fut l’un des premiers mots politiques du confinement. Il suivait de peu l’injonction salutaire à rester chez soi : il en était le prolongement naturel.

Nous l’avons tous bien entendu, ce mot, aussi impératif qu’inattendu. Il nous a réconfortés. Il nous a fait penser un moment qu’une politique du livre et de la lecture ambitieuse allait pouvoir enfin être relancée, à l’issue de cette crise. Depuis quelques jours, les libraires et les coiffeurs sont même devenus dans les médias les symboles exemplaires et sympathiques d’une économie française qui redémarre. Les bibliothèques ont elles-mêmes été tenues d’ouvrir leurs portes séance tenante ! Urgence culturelle oblige !

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Hélas, le 6 mai, Monsieur le président, présentant votre plan de relance pour la culture, vous avez choisi de ne plus parler des livres ni de celles et de ceux qui les écrivent, les traduisent, les éditent et les vendent. Stupeur dans nos rangs. L’écriture et la lecture seraient-elles oubliées pour être trop souvent silencieuses et solitaires ?

Ces créations littéraires sont pourtant à la source des autres arts vivants que vous avez estimé, eux, nécessaire de soutenir

L’heure est aujourd’hui au doute et à l’inquiétude. N’aurions-nous plus besoin, Monsieur le président, de ces grands récits, de ces mythes fondateurs, de ces voix et consciences puissantes auxquels si souvent vous vous référez vous-même ? Ces créations littéraires sont pourtant à la source des autres arts vivants que vous avez estimé, eux, nécessaire de soutenir.

Vous savez pourtant, et les ministres de votre gouvernement également, que le monde du livre, dans sa globalité, a été très gravement frappé par la crise sanitaire. La fermeture complète des librairies a entraîné, pour celles-ci, une perte de la quasi-totalité de leur chiffre d’affaires et de plus de 80 % pour les maisons d’édition. Distributeurs, diffuseurs et imprimeurs ont de ce fait été lourdement affectés. Les auteurs, privés de ventes de livres et de rencontres rémunérées, connaissent une perte de revenus sans précédent. Le monde du livre est en danger. Et c’est pourquoi il a décidé de s’adresser à vous, uni, indissociable et solidaire. Oui, Monsieur le président, les auteurs, les éditeurs et les libraires composent ensemble cette chaîne du livre aux maillons soudés quand le danger est là.

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Empêcher l’effondrement de cette filière

L’Etat se doit d’empêcher l’effondrement de cette filière vitale pour toute notre société. Et elle tient sa force des talents et des structures les plus divers. De nombreuses librairies et maisons d’édition, connues et reconnues, et les auteurs, illustrateurs, traducteurs, comme tous les créateurs du livre, ne se relèveront pas si toute la filière ne bénéficie pas d’un plan de relance rapide et ambitieux.

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