Coronavirus : « Les marchés financiers ne constituent pas des activités essentielles et devraient être fermés provisoirement »

Chercheur en économie, Nathan de Arriba-Sellier considère, dans une tribune au « Monde », que la quarantaine imposée par les gouvernements à leurs populations civiles devrait aussi s’appliquer aux marchés financiers.

Publié le 31 mars 2020 à 14h50 - Mis à jour le 31 mars 2020 à 14h50 Temps de Lecture 3 min.

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Tribune. Avec l’épidémie de Covid-19, le monde assiste à une autre épidémie sur les marchés financiers. De New York à Milan, de Paris à Shanghaï, de Londres à Francfort, on assiste à un krach financier de grande ampleur, de proportions équivalentes à la crise financière de 2008.

Aujourd’hui, la panique des investisseurs et des banques ne trouve pas son origine dans les dérives du système financier, quand bien même celui-ci n’est pas exempt de reproches. Et malgré l’arsenal déployé par les banques centrales, les autorités de régulation et les pouvoirs publics, il n’est pas étonnant que leurs réponses produisent des effets éphémères sur les marchés financiers.

Il s’agit de rééquilibrer les choses, en s’assurant que les marchés financiers ne nuisent pas excessivement à l’économie réelle

En effet, cette crise financière en formation n’est que la conséquence normale, presque mécanique, des mesures de confinement imposées à travers le monde et particulièrement en Europe. La pandémie mondiale provoque non seulement la fermeture des magasins mais aussi des insolvabilités, des problèmes de liquidités, des ruptures de chaînes d’approvisionnement, etc. La plupart de ces restrictions sont provisoires mais les marchés financiers, laissés à eux-mêmes en période de confinement généralisé, continuent de s’effondrer, comme si les actifs économiques avaient soudain perdu toute valeur.

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Malheureusement, ces marchés ne font pas qu’enregistrer la suspension de l’activité économique, ils risquent d’en précipiter l’écroulement durable. Une crise financière pourrait non seulement mettre en danger la survie de nombreux acteurs, mais également empêcher une reprise rapide de l’activité au sortir de l’épidémie.

Spirale vicieuse

Les banques, jusque-là protégées par les exigences de capitaux renforcées qui furent imposées au sortir de la crise de 2008, pourraient très bien être les prochains dominos qui tombent dans cette nouvelle crise financière. Ainsi se créerait une nouvelle spirale vicieuse entre l’économie réelle et la finance dont il serait encore plus difficile de se relever. Face à ce risque, les mesures tant monétaires que budgétaires restent d’un effet limité du fait de l’impossibilité de doper une activité économique qu’on veut mettre à l’arrêt.

Il ne s’agit pas de priver les banques de liquidités, mais de les leur garantir au contraire en s’assurant que les marchés financiers ne viennent pas saper les efforts des banques centrales

Pour remédier à cette situation exceptionnelle, il est plus que temps de songer à une suspension des transactions financières, c’est-à-dire à une fermeture provisoire des marchés financiers. Non seulement ces marchés ne constituent pas réellement des activités essentielles, mais ils risquent de s’enfoncer dans une spéculation continue à la baisse. Obligeant des entreprises tout à fait viables économiquement une fois l’épidémie terminée, à mettre la clef sur la porte avant la fin de la quarantaine. C’est a fortiori le cas pour les banques qui sont à la fois garantes du bon financement de l’économie réelle et dépendent de manière excessive des marchés financiers pour leurs propres besoins.

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