« Lève-toi et tue le premier » : les secrets d’une machine à tuer

Dans « Lève-toi et tue le premier », Ronen Bergman, journaliste d’investigation israélien, retrace les programmes d’assassinats ciblés – connus mais aussi méconnus – menés par les services du Mossad, du Shin Bet et de l’armée israélienne. Un ouvrage passionnant.

Par Publié le 13 mars 2020 à 06h00 - Mis à jour le 13 mars 2020 à 14h32

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Livre. C’est un livre qui donne le vertige, qu’on lit le souffle coupé, avec un sentiment de sidération, qui confine parfois au malaise. Son titre est inspiré d’un verset du Talmud (« Si quelqu’un vient pour te tuer, lève-toi et tue-le le premier »), souvent cité par les responsables sécuritaires israéliens pour justifier leurs actions. En 900 pages, Ronen Bergman, journaliste d’investigation israélien chevronné, dresse l’histoire de l’une des pratiques les plus controversées de l’Etat hébreu : les assassinats ciblés.

Marqués par le traumatisme de l’Holocauste, persuadés que le pays et ses habitants sont en perpétuel danger d’annihilation, les fondateurs d’Israël ont considéré que les liquidations extrajudiciaires – et les victimes innocentes qui les accompagnent très souvent – sont un mal nécessaire. Au fil des années, grâce au développement de la technologie militaire et au perfectionnement de ses agences de renseignement, dont le Mossad, l’Etat hébreu a mis au point une machine à assassiner sans équivalent dans le monde occidental.

Un nombre incalculable d’opérations secrètes

Le récit s’ouvre sur l’embuscade tendue à Thomas James Wilkin, un officier de police anglais, descendu d’un coup de revolver par des militants sionistes radicaux dans les rues de Jérusalem, en 1944. Et il se clôt sur l’élimination en 2010 de Mahmoud Al-Mabhouh, responsable de l’acquisition d’armes au sein du Hamas, le mouvement islamiste palestinien, tué par injection létale, dans sa chambre d’hôtel à Dubaï, par une équipe du Mossad.

Entre ces deux époques, l’auteur retrace, avec un luxe de détails époustouflant, un nombre incalculable d’opérations secrètes, visant à réduire au silence non seulement des auteurs d’actes terroristes, mais aussi des cadres politiques, des hauts gradés et des scientifiques de pays hostiles. Certains de ces épisodes sont bien connus, comme la traque des membres de Septembre noir, l’organisation palestinienne clandestine responsable de la prise d’otages des Jeux olympiques de Münich, en 1972, fatale à onze athlètes israéliens.

Dans certains cas, Bergman confirme les soupçons d’implication des services secrets israéliens, comme dans l’élimination, entre 2007 et 2012, d’une demi-dizaine d’experts nucléaires iraniens, tués par balles ou par l’explosion d’une bombe attachée à leur voiture. Ou bien dans l’assassinat, en 1990, à Bruxelles, de Gérald Bull, un spécialiste de balistique canadien, recruté par le régime irakien, pour construire un gigantesque canon capable de frapper aussi bien Téhéran que Tel-Aviv.

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