« Le pangolin tient-il sa revanche avec le nouveau coronavirus ? »

L’animal, protégé, fait l’objet d’un vaste trafic international à destination de l’Asie. Il est soupçonné d’avoir servi d’hôte intermédiaire au nouveau coronavirus SARS-CoV-2. Une chance pour sa survie, s’interroge, dans sa chronique, Hervé Morin, chef adjoint du service Planète Science.

Publié le 15 février 2020 à 00h41 - Mis à jour le 15 février 2020 à 06h59 Temps de Lecture 4 min.

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Un pangolin dans un centre pour animaux sauvages à Cuc Phuong, près de Hanoï, Vietnam, le 12 septembre 2016.

Chronique. Le pangolin, inoffensif mammifère poussé vers l’extinction par la gloutonnerie et la cupidité humaines, tient-il sa revanche ? Le petit animal, qui fait l’objet d’une « journée mondiale » le 15 février, est soupçonné d’avoir servi d’hôte intermédiaire au nouveau coronavirus SARS-CoV-2, entre la chauve-souris et l’homme. Des analyses conduites en 2019 par des chercheurs cantonais sur des pangolins javanais, issus d’une saisie des douanes chinoises, avaient déjà de quoi inquiéter : les animaux, finalement morts d’infections respiratoires, étaient porteurs de nombreux coronavirus. Certains étaient très proches du SARS-CoV, responsable de l’épidémie de SRAS qui a eu la Chine pour épicentre entre 2002 et 2004, faisant près de 800 morts.

Prolongeant ces observations, une équipe du Baylor College of Medicine (Houston) a mis en ligne le 13 février une analyse montrant une très grande proximité entre un coronavirus prélevé sur ces pangolins et SARS-CoV-2, particulièrement sur la séquence génétique codant la structure qui permet au virus de se lier aux cellules de l’arbre respiratoire humain. Elle est plus proche que ne l’étaient celles des coronavirus infectant les chauves-souris, suspectes n° 1 jusqu’alors.

Lire aussi Coronavirus : le pangolin a-t-il pu servir d’hôte intermédiaire ?

Que cette piste – aussi évoquée par une équipe chinoise – soit ou non confirmée, le principe de précaution voudrait qu’on bannisse toute promiscuité entre humains et pangolins. Force est de constater les parallèles avec l’épidémie du SRAS. Le SARS-CoV avait transité de la chauve-souris à l’homme en passant par la civette, prisée par certains gourmets asiatiques. Les autorités chinoises l’ont depuis bannie des étals des marchés : la farouche civette masquée est retournée à sa clandestinité forestière. L’histoire repasserait-elle les plats, avec un autre ingrédient ?

Danger critique d’extinction

Conférence de presse à la douane de Kwai Chung à Hong Kong, après une saisie record d’écailles de pangolins, le 1er février 2019.

La famille des pangolins, ces insectivores couverts d’écailles, compte huit espèces, toutes inscrites dans l’annexe 1 de la Convention sur le commerce international des espèces menacées (Cites) : leur commerce international est interdit depuis 2017. Prisé en Afrique et plus encore en Asie pour sa viande comme pour ses écailles parées de mille vertus thérapeutiques, l’animal fait pourtant l’objet d’un trafic international qui met en péril sa survie.

Le pangolin de Chine et son cousin javanais sont les plus menacés, classés en danger critique d’extinction, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui en décembre 2019 a ajouté celui des Philippines dans cette catégorie. Leurs populations auraient régressé de respectivement 90 % et 80 % au cours des vingt dernières années. Celui d’Inde est lui « en danger », avec une chute des populations de 50 % en deux décennies.

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