George Soros : « La Chine de Xi Jinping représente une menace pour les valeurs de l’Union européenne »

Alors que la mauvaise gestion de l’épidémie de coronavirus montre les failles du gouvernement chinois, le financier américain invite, dans une tribune au « Monde », l’Europe à reconnaître la Chine comme ce qu’elle est : un partenaire commercial non démocratique.

Publié le 15 février 2020 à 06h00 - Mis à jour le 21 février 2020 à 06h49 Temps de Lecture 4 min.

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Le président chinois Xi Jinping sur une affiche dans une rue de Shanghaï, le 10 février.
Le président chinois Xi Jinping sur une affiche dans une rue de Shanghaï, le 10 février. ALY SONG / REUTERS

Tribune. Ni l’opinion publique européenne, ni les responsables politiques et dirigeants d’affaires européens ne semblent pleinement comprendre la menace que représente la Chine de Xi Jinping. Le président chinois est un dictateur qui utilise les technologies de pointe pour imposer un contrôle total sur la société chinoise. Or, les Européens considèrent principalement la Chine comme un partenaire commercial majeur. Ils ne saisissent pas que depuis l’accession de Xi Jinping aux fonctions de président et de secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC), celui-ci a établi un régime dont les principes directeurs sont diamétralement opposés aux valeurs fondatrices de l’Union européenne (UE).

Cette plongée dans les bras de Xi est plus prononcée de la part du Royaume-Uni que de l’UE elle-même, le pays étant en phase de séparation par rapport au bloc. Le premier ministre Boris Johnson entend éloigner au maximum le Royaume-Uni de l’UE, et bâtir une économie de marché libérée des réglementations de l’UE. Il lui sera difficile d’y parvenir, dans la mesure où l’UE est prête à prendre des mesures contre cette forme de déréglementation que le gouvernement Johnson semble envisager. Seulement voilà, dans le même temps, le Royaume-Uni considère la Chine comme un partenaire potentiel, avec pour espoir de rétablir le partenariat bâti par l’ancien chancelier de l’Echiquier George Osborne entre 2010 et 2016.

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L’administration Trump, distincte du président américain Donald Trump, gère beaucoup mieux ses relations avec la Chine. Les Etats-Unis sont parvenus à élaborer une politique bipartisane qui considère la Chine comme un rival stratégique, et ont inscrit le géant technologique Huawei ainsi que d’autres sociétés chinoises sur la fameuse « Entity List », qui interdit aux entreprises américaines de commercer avec ces entités sans l’autorisation du gouvernement.

Le cas de l’entreprise Huawei

Une seule personne est capable d’enfreindre cette règle en toute impunité : Trump lui-même. Et il semble malheureusement le faire, en plaçant Huawei sur la table des négociations avec Xi. Depuis le mois de mai 2019, lorsque les Etats-Unis ont placé l’entreprise chinoise sur l’Entity List, le département du commerce a octroyé à Huawei plusieurs exemptions de trois mois, afin d’empêcher certaines difficultés excessives pour les fournisseurs de composants électroniques américains auprès de l’entreprise chinoise.

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Huawei est une entreprise très inhabituelle, unique à certains égards. Son fondateur Ren Zhengfei a suivi une formation technique en tant que membre du corps des ingénieurs de l’Armée populaire de libération (APL), laquelle est devenue l’un de ses premiers grands clients. A l’époque de la création de Huawei, en 1987, toutes les technologies chinoises étaient importées depuis l’étranger, et l’objectif de Ren Zhengfei consistait à rétroconcevoir les technologies grâce aux chercheurs locaux. Il y est parvenu au-delà de ses rêves les plus fous.

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