« Si les frondeurs sortent du bois aujourd’hui, c’est parce qu’il y a seulement 35 % de femmes parmi les votants aux Césars »

Le coup de théâtre, à quelques jours des Césars; soulève un peu plus une question : l’autocélébration d’une profession et sa fraternisation avec le public par le biais du petit écran n’est-elle pas artificielle ?

Publié le 14 février 2020 à 02h52 - Mis à jour le 14 février 2020 à 11h12 Temps de Lecture 4 min.

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Lors de la 39e édition des Césars, en 2014.
Lors de la 39e édition des Césars, en 2014. THOMAS SAMSON / AFP

Chronique. La fréquentation des salles de cinéma a atteint des records en 2019, grâce surtout aux films américains, mais la cérémonie des Césars, qui aura lieu le 28 février, accumule les critiques depuis des mois, au point de se demander si la fête ne court pas au désastre.

Très peu de films de femmes nommés, omniprésence de Roman Polanski avec douze nominations pour J’accuse, reproches de réalisateurs ou de producteurs, tribune assassine de 400 figures du cinéma contre l’opacité des instances qui régissent les Césars et la sélection des œuvres… Durant cette crise, le président de la manifestation, le producteur Alain Terzian, 70 ans, plus à l’aise avec la cooptation pour former son entourage qu’avec la parité, est sur la défensive. Sa position était intenable. Dans la soirée du 13 février, il a démissionné, et son conseil d’administration avec lui.

Ce coup de théâtre soulève un peu plus une question : l’autocélébration d’une profession, qui affichera une unité de façade Salle Pleyel, et sa fraternisation avec le public par le biais du petit écran, n’est-elle pas artificielle ?

Les fans de films à grand spectacle ne s’y retrouvent pas, tout comme différentes communautés du cinéma qui, à l’image de la société, sont fragmentées. Du reste les audiences des Oscars 2020, le 9 février à Hollywood, et des Césars de 2019 furent les pires de leur histoire. Pas sûr que le millésime 2020 de la fête française redresse la barre, à moins que le public soit alléché par le déchirement en direct de la famille cinéma, un peu comme dans le film Festen.

Une révolution de l’intérieur

On souhaite en tout cas du courage à Florence Foresti, la maîtresse de cérémonie, à celles et à ceux qui pourraient remettre un prix à Polanski (viendra-t-il ?), aux caméras de Canal+ qui devront jongler entre l’équipe de J’accuse, l’actrice Adèle Haenel (figure de la lutte contre le harcèlement sexuel) et des associations féministes, qui, dans Le Parisien du 12 février, ont appelé à venir manifester à Pleyel sous la bannière « Si violer est un art, donnez à Polanski tous les Césars ! »

La rébellion des 400 signataires de la tribune, publiée dans Le Monde du 12 février, est devenue révolution de l’intérieur, tant ils sont nombreux, souvent célèbres et font partie des 4 680 membres de l’Académie des Césars. Leurs doléances croisent plusieurs sujets – Mathieu Amalric l’a signée tout en étant proche de Polanski et acteur dans J’accuse. Mais c’est bien la question féministe qui domine ce charivari.

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