Nouvelle-Calédonie : les leçons du XIXe comité des signataires

A rebours de l’accord de Nouméa de mai 1998, l’idée d’une éventuelle partition fait progressivement son chemin à Nouméa, analyse notre journaliste Patrick Roger.

Par Publié le 17 octobre 2019 à 06h30

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Analyse. Le XIXe comité des signataires de l’accord de Nouméa du 5 mai 1998, qui s’est tenu jeudi 10 octobre à Matignon et s’est achevé dans la nuit du 10 au 11, après seize heures de discussion, n’avait rien d’anodin ni de banal. Après les élections provinciales du 12 mai qui ont conforté, à droite, le courant loyaliste radical, cette rencontre mettait pour la première fois autour de la table de la salle de la Chapelle des indépendantistes forts de leur score au premier référendum d’accession à la pleine souveraineté du 4 novembre 2018 (43,3 %) et une droite non indépendantiste au sein de laquelle la sensibilité modérée est désormais sérieusement affaiblie, si ce n’est marginalisée.

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Les deux récents scrutins – consultation référendaire et provinciales – ont confirmé, voire amplifié la dualité de la société calédonienne, les indépendantistes recueillant globalement de 75 % à 80 % dans la province Nord et les îles Loyauté tandis que les loyalistes rassemblent autour de 75 % dans la province Sud, qui concentre les trois quarts de la population et de l’activité économique. Persuadées de la dynamique du vote en faveur de l’indépendance, les différentes composantes du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) entendent aller jusqu’au terme du processus de décolonisation.

L’accord de Nouméa prévoit, à l’issue d’une période d’évolution politique et institutionnelle de vingt ans, une consultation des électeurs inscrits sur une liste spéciale portant sur « le transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régaliennes, l’accès à un statut international de pleine responsabilité et l’organisation de la citoyenneté en nationalité ». Soit, dans les faits, un référendum sur l’accession à la pleine souveraineté. C’est ce scrutin qui a eu lieu le 4 novembre 2018, avec une majorité nette pour le non à l’indépendance (56,7 %) mais bien en deçà de ce que pronostiquait la majorité des observateurs et des acteurs eux-mêmes, à commencer par les dirigeants du camp loyaliste. Le résultat a été vécu, dans les rangs non indépendantistes, comme un véritable cataclysme.

Un cycle générationnel est en train de s’achever

Cela n’a pas mis fin au processus, puisque l’accord de Nouméa prévoit que, en cas de réponse négative à ce premier scrutin, « le tiers des membres du Congrès pourra provoquer l’organisation d’une nouvelle consultation qui interviendra dans la deuxième année suivant la première consultation » et, « si la réponse est à nouveau négative, une nouvelle consultation pourra être organisée selon la même procédure et dans les mêmes délais ». Enfin, « si la réponse est encore négative, les partenaires politiques se réuniront pour examiner la situation ainsi créée ».

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