Les meilleurs outils multifonctions

Comparatif « Wirecutter ». Vous aimez bricoler, réparer, bidouiller, et vous êtes frustré quand vos outils sont trop loin de vous ? Nous avons testé 19 outils multifonctions à garder tout près de soi, voici les meilleurs.

Par Doug Mahoney et Béatrice Catanese Publié le 16 février 2020 à 09h00

Temps de Lecture 36 min.

Wirecutter / Doug Mahoney

Ce test a été réalisé aux États-Unis et a été initialement publié en anglais sur le site Wirecutter. Vous pouvez le lire ici en version originale.

Posséder un outil multifonctions, c’est s’offrir tout un arsenal de solutions pour résoudre les problèmes. C’est un peu comme pour les lampes de poche : on ne se rend compte qu’on en avait besoin dix fois par jour que lorsque l’on s’en procure une. Trois semaines à réparer des barrières et à couper des ficelles de bottes de foin dans la campagne du New Hampshire à l’aide de 19 outils multifonctions m’ont convaincu que pour la plupart des tâches, c’est le Leatherman Skeletool CX qui s’en sort le mieux. Avec son ensemble d’outils limité à l’essentiel et son design mince et léger, il est simple à utiliser et à transporter car il est dépourvu des nombreux accessoires qui ne sont utiles que rarement. Je n’ai eu besoin que de la pince, du couteau, des tournevis et du décapsuleur du Skeletool pour effectuer les petites réparations nécessaires pendant ma journée de travail.

Premier choix

Leatherman Skeletool CX

Le meilleur outil multifonctions

Ce modèle mince, léger et bien conçu s’en tient à l’essentiel — une pince précise et confortable, par exemple — sans s’encombrer du superflu. Il est facile à transporter au quotidien et conçu pour durer.

* Au moment de la publication, le prix était de 154,07€

Parmi tous les outils multifonctions que j’ai essayés, c’est le Skeletool CX que j’ai continué à utiliser bien après la fin des tests. Son couteau se déploie et se verrouille facilement d’une seule main (sans vous obliger à ouvrir d’abord la pince) et sa lame en acier haute qualité 154CM reste aiguisée plus longtemps que la plupart des lames de ses homologues. Certains modèles sont si encombrants qu’ils doivent être transportés dans une ceinture porte-outils, alors que le Skeletool, plus léger1 et plus mince, tient parfaitement dans la poche. On peut aussi l’accrocher à sa ceinture ou son sac à dos à l’aide d’un clip de poche ou d’un mousqueton, qui fait aussi office de décapsuleur. La pince du CX se déplie facilement, elle est assez précise pour retirer une petite écharde et sa prise en main est agréable grâce à sa poignée asymétrique. Ses deux tournevis cruciformes et ses deux tournevis plats s’adaptent habilement aux vis les plus courantes. Le CX est solide et je serais surpris que vous ayez à utiliser sa garantie de 25 ans ; d’autres modèles Leatherman que j’ai possédés pendant plus de dix ans ont parfaitement tenu le coup.

Dimensions fermé : 10,47 x 3,17 x 1,27 cm
Poids : 147 g
Longueur de la lame : 6,66 cm
Outils inclus : Pince à long bec, pince normale, coupe-câble, coupe-fil, décapsuleur, tournevis cruciforme (2), tournevis plats (2), mousqueton

Deuxième choix

Leatherman Skeletool

Même design, mais une qualité inférieure

Ce Skeletool offre le même design de grande qualité que le CX, mais l’acier de sa lame est de moins bonne facture, la lame pivote avec moins de fluidité et le couteau est partiellement cranté, ce qui le rend plus difficile à aiguiser.

* Au moment de la publication, le prix était de 73,00€

Si le Skeletool CX n’est pas disponible, j’aime aussi le Leatherman Skeletool classique. Il a le même design que le CX, ce qui le rend également léger et facile à transporter, et il ne contient que les outils les plus importants. En revanche, l’acier de sa lame est de moins bonne qualité et son bord est en partie cranté, ce qui complique l’affûtage. J’ai aussi pu constater que les points de pivot étaient plus serrés ; il est donc plus difficile à ouvrir et fermer. Certes, il coûte moins cher que le CX mais à l’usage, le surcoût du premier est largement amorti.

Dimensions fermé : 10,47 x 3,17 x 1,27 cm
Poids : 147 g
Longueur de la lame : 6,66 cm
Outils inclus : Pince à long bec, pince normale, coupe-câble, coupe-fil, décapsuleur, tournevis cruciforme (2), tournevis plats (2), mousqueton

On recommande aussi

Leatherman Free P2

Le meilleur outil multifonctions grand format

Le Free P2 inclut davantage d’outils que le Skeletool, des ciseaux et un ouvre-colis par exemple, mais la plus grande différence est que tous, y compris la pince, peuvent être déployés d’une seule main.

* Au moment de la publication, le prix était de 190,11€

Pour un outil multifonctions plus grand mais extrêmement facile à utiliser, je recommande le Leatherman Free P2. Le Free P2, sorti en 2019, présente un tout nouveau design chez Leatherman : même quand les poignées sont fermées, il est possible d’ouvrir tous les outils d’une seule main, ce qui est unique dans l’univers des multifonctions. On peut même déployer la pince d’une main, d’un coup de poignet. Après avoir testé le Free P2 pendant plusieurs semaines, il m’a semblé que les autres outils multifonctions grand format, comme le Wave + classique, n’étaient pas très pratiques et compliqués à ouvrir. Le Free P2 pèse plus de 70 g de plus que le Skeletool, mais il a un design plus mince et plus fuselé et il est fourni avec un clip de poche. Même s’il est plus lourd je ne l’ai jamais trouvé ni encombrant, ni compliqué à transporter.

Dimensions fermé : 10,16 x 3,81 x 1,58 cm
Poids : 212 g
Longueur de la lame : 6,66 cm
Outils inclus : Pince à long bec, pince normale, coupe-fil remplaçable, coupe-câble remplaçable, pince à sertir, pince à dénuder, couteau, ciseaux, ouvre-colis, poinçon, ouvre-boîte, décapsuleur, lime bois/métal, tournevis cruciforme, tournevis plat moyen, tournevis plat taille S, tournevis plat taille XS, levier, règle.

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SOG PowerAccess Deluxe

Pinces et tournevis à l’honneur

Cet outil se distingue par sa solide pince dotée d’un système à engrenage et sa compatibilité avec les embouts de tournevis standard 25 mm, mais il est encombrant et n’a pas la précision des outils Leatherman.

* Au moment de la publication, le prix était de 97,88€

Le SOG PowerAccess Deluxe est aussi un outil multifonctions grand format mais qui, cette fois, met l’accent sur les pinces et les tournevis. Le système d’engrenage du pivot central renforce la puissance des pinces et du coupe-fil et permet d’ouvrir l’outil d’une seule main. C’est grâce à cet avantage qu’il s’en est le mieux sorti face à des boulons rouillés ou coincés, en outre, il coupe les fils avec facilité, même si la clôture épaisse a abîmé ses mâchoires (prouvant que rien ne remplace vraiment une pince coupante). Le SOG comprend une scie et deux lames de couteau, et il est compatible avec les embouts de tournevis standard 1 pouce. Un inconvénient : il est beaucoup plus difficile de déployer les divers outils de ce modèle SOG que ceux du Leatherman Free P2, qui est légèrement plus petit.

Dimensions fermé : 11,43 x 3,63 x 2 cm
Poids : 249 g
Longueur de la lame : 7,13 cm
Outils inclus : poinçon, couteau cranté, décapsuleur, ouvre-boîte, ciseau, lime trois faces, petit tournevis plat, tournevis plat moyen, pince, pince à long bec, porte-embouts 25 mm, tournevis de précision, rapporteur, coupe-fil, coupe-câble, scie.

On recommande aussi

Gerber Dime

Le meilleur outil miniature

Offrant des capacités étonnantes compte tenu de son format et de son prix modestes, le Dime propose une pince, un décapsuleur et un ouvre-colis à clapet plutôt satisfaisants.

* Au moment de la publication, le prix était de 25,51€

Le Gerber Dime est plus petit qu’un briquet Bic, mais il offre de nombreuses possibilités et il est agréable à utiliser. Conçu pour être attaché à un porte-clés, il renferme une excellente sélection d’outils utiles, comme des ciseaux, une pince, un décapsuleur, un couteau, des tournevis et un ouvre-colis (pour ouvrir un emballage en toute sécurité). Le Dime a plusieurs avantages : un décapsuleur fixé à l’extérieur (comme sur le Skeletool), une pince précise, un prix généralement inférieur à 20 euros et un choix sympa de couleurs (noir, gris, vert, violet et rouge). Mais la lame du couteau ne se verrouille pas, comme souvent sur les couteaux de cette taille, et sa pince fait mieux le travail de pince à épiler que l’accessoire destiné à cet effet.

Dimensions fermé : 6,98 x 2 x 1,27 cm
Poids : 65 g
Longueur de la lame : 3,49 cm
Outils inclus : pince à long bec, pince normale, coupe-fil, pince à épiler, décapsuleur, couteau, ouvre-boîte à clapet, ciseaux, tournevis plat, tournevis cruciforme, lime épaisse et fine, anneau pour cordon

De gauche à droite : les modèles Leatherman Skeletool CX, Skeletool classique, Free P2, SOG PowerAccess Deluxe, Gerber Dime et un briquet.

Notre sélection des meilleurs outils multifonctions

Le test complet

Pourquoi nous faire confiance

Je rédige des critiques sur des outils et du matériel de chantier depuis 2007 et j’ai travaillé dix ans dans le secteur de la construction de résidences haut de gamme, d’abord comme charpentier puis comme contremaître et superviseur de chantier. J’ai aussi écrit les guides Wirecutter sur les meilleurs couteaux de poche et les meilleurs couteaux de camping, ce qui m’a donné une bonne connaissance des lames en acier et des critères de qualité des couteaux.

Outre ma propre expérience, j’ai échangé avec Tony Sculimbrene, qui évalue des couteaux et des kits de survie pour GearJunkie, AllOutdoor.com et pour son propre site, Everyday Commentary, créé en 2011. Sur les questions de maintien et de performance des lames, je me suis appuyé sur les données de tests très complètes sur les tranchants de lames publiées par Peter Colligan de la chaîne YouTube Cedric & Ada, qui teste des couteaux.

Ce guide bénéficie aussi de la contribution de Harry Sawyers, rédacteur senior chez Wirecutter et auteur de notre précédent guide sur les outils multifonctions. Harry a appris à les connaître en tant que baroudeur et Eagle Scout, c’est dire s’il en utilise depuis longtemps. Il a ensuite entretenu ses connaissances en tant que journaliste, puisqu’il écrit des articles sur les outils depuis plus de dix ans.

A qui s’adressent les outils multifonctions ?

Un outil multifonctions est aussi utile dans un tiroir de cuisine que dans la boîte à gants, la poche d’un pantalon ou attaché à son sac de tous les jours ou à son sac à dos de randonnée. Un bon outil multifonctions fait gagner du temps et simplifie la vie. Il permet de résoudre rapidement les petits problèmes sans aller chercher d’autres outils ; pour ouvrir un paquet, retirer une écharde ou resserrer les roulettes d’un vélo par exemple. Pouvoir faire ça et reprendre ses activités sans se déranger facilite vraiment la vie.

Même dans le cadre de travaux plus poussés à la maison, un outil multifonctions peut épargner plusieurs allers-retours à la cave. Imaginons que vous commenciez à peindre une pièce et qu’au beau milieu, vous réalisiez que vous avez besoin d’un petit tournevis plat pour enlever le cache d’une prise. Ou alors que vous soyez déjà en haut de l’échelle pour changer les piles du détecteur de fumée et que vous constatiez que l’une des vis mérite d’être resserrée. Un bon outil multifonctions comprend l’équipement nécessaire pour résoudre des milliers de problèmes sur-le-champ.

Comment les avons-nous sélectionnés ?

Tony Sculimbrene m’a expliqué qu’il y a trois questions à se poser quand on examine un outil multifonctions : « Est-ce qu’il nous épargne un déplacement en magasin ou à la maison ? Est-ce une boîte à outils portative que l’on peut transporter dans un sac, une voiture ou pour une sortie dans la nature ? Ou est-ce un kit à tout faire pour des tâches d’ordre général ? » Je voulais recommander un modèle qui répondrait à ces trois critères, avec un bon équilibre entre poids, fonctionnalités et taille, ainsi qu’une attention aux détails suivants :

Pince multifonctions : comme me l’a indiqué Tony Sculimbrene, les trois principaux modèles sont des pinces, des couteaux et des outils multifonctions d’un seul tenant (comme le Gerber Shard). J’ai une préférence pour les pinces multifonctions, qui offrent la fonctionnalité la plus complète et ont souvent des lames de couteau qui se verrouillent en position ouverte, limitant les risques de blessure. Ce sont les plus encombrantes des trois catégories, mais de nombreux modèles peuvent être transportés dans la poche ou sur un porte-clés. La pince en elle-même offre tout un éventail de possibilités pour le bricolage et les réparations. Jetez un œil à cette liste de tâches que j’ai accomplies grâce à ce type de pince juste ces trois derniers jours.

Il nous semble aller de soi que tous les outils multifonctions doivent posséder une pince.

Les couteaux multifonctions et les outils tout-en-un sont souvent plus faciles à transporter que les pinces multifonctions, mais ni les uns ni les autres n’offrent les mêmes fonctionnalités que les pinces et les coupe-fil. Sur les couteaux multifonctions comme les couteaux suisses, les lames se verrouillent rarement et les outils sont parfois difficiles à ouvrir, via une petite encoche la plupart du temps. Les outils tout-en-un ont un format conçu pour les porte-clés et sont uniquement destinés aux tâches les plus simples.

Couteau monté à l’extérieur : comme l’explique Tony Sculimbrene, « la lame de couteau doit être montée à l’extérieur ou le design est raté, car c’est l’outil le plus utilisé ». Le terme « monté à l’extérieur » signifie que l’on peut immédiatement déployer la lame sans avoir à déplier d’abord les poignées de la pince, ce qui, sur la plupart des modèles, nécessite les deux mains (et s’avère parfois délicat). Il est beaucoup plus simple de pouvoir ouvrir un outil d’une seule main, car souvent, ce que l’on veut couper se trouve dans l’autre.

Outils essentiels : notre philosophie est qu’un outil multifonctions doit avoir le moins d’accessoires possible, pour être plus léger et plus facile à transporter. D’après nos propres expériences et l’avis de Tony Sculimbrene, il me semble que les outils essentiels, au-delà des pinces, sont un couteau à fil droit, un décapsuleur et deux tournevis (cruciforme et plat). Au-delà de ces indispensables, quelques outils sont utiles sans être essentiels : ciseaux, clip à mousqueton (pour pouvoir le ranger rapidement et en toute sécurité) et ouvre-colis. Ce dernier élément est un petit couteau coudé ou crochu avec une tranche émoussée, efficace et utile pour ouvrir les emballages en plastique. Tony Sculimbrene écrit que « les emballages en plastique sont partout et parfois, une lame de couteau n’est pas idéale. Elle risque de percer le contenu, de l’abîmer, ou pire de glisser et de vous [blesser] à la main ». (Je l’ai en effet échappé belle à plusieurs reprises)

Certains outils multifonctions comme le Gerber Dime sont fournis avec un ouvre-colis qui permet d’ouvrir des emballages facilement (et en toute sécurité).

Rien de superflu : je voulais éviter les outils multifonctions qui intègrent des tonnes d’accessoires que l’on utilise rarement. Une scie, une lime, un ouvre-boîte ou un poinçon sont des ustensiles courants mais qui ne me paraissent pas indispensables pour un usage quotidien. Les lames crantées peuvent dépanner mais elles sont difficiles à aiguiser et ne donnent pas une coupure nette. Ces extras ne font généralement qu’ajouter du poids et du volume à l’outil mais comme ils ont leur utilité, si vous savez que vous en aurez besoin nous avons une recommandation pour un outil multifonctions tout équipé.

Coût : je n’ai pas fixé de prix maximum. J’estime qu’un bon outil multifonctions dure toute une vie, et j’en utilise certains presque tous les jours depuis 15 ans. Les grands fabricants ont la même vision : Gerber et SOG offrent tous deux des garanties à vie et celle de Leatherman dure 25 ans. Sachant cela, j’ai estimé que les outils les plus onéreux — avec des ouvertures aisées, des composants mobiles finement usinés et de l’acier de haute qualité — valaient largement l’investissement.

J’ai fait des recherches sur près de 100 outils multifonctions et décidé d’en tester 19. J’ai choisi plusieurs modèles de trois grands fabricants de pinces multifonctions : Leatherman, SOG et Gerber. Par ailleurs, j’ai regardé d’autres modèles bien notés de Victorinox, DeWalt et Ganzo. J’ai aussi testé un outil multifonctions assez générique à moins de 20 euros pour voir ce qu’il avait à offrir (attention, spoiler : pas grand-chose). Deux des modèles que j’ai examinés sont des outils multifonctions plus petits, destinés à être accrochés à un porte-clés.

Comment les avons-nous testés ?

Dès la sortie de l’emballage, j’ai examiné chaque outil multifonctions en étant attentif à la qualité globale. Est-ce qu’il se plie et se déplie facilement ? Les différents outils sont-ils accessibles, est-il délicat de les ouvrir ? Les poignées de la pince sont-elles confortables ? Dans la plupart des cas, les lames et les accessoires ont une sécurité en position ouverte, donc j’ai étudié la praticité et la solidité de ces sécurités. L’un des critères les plus importants était la régularité de la résistance lors de l’ouverture de la pince. D’après mon expérience, une charnière qui lâche dès le départ ne fera que se dégrader avec le temps.

J’ai gardé sur moi les plus prometteurs pendant trois semaines en les soumettant à toutes sortes de tâches. Ils n’ont pas chômé : ne serait-ce que ces trois derniers jours, j’ai utilisé la pince multifonctions pour faire rentrer une vieille fenêtre à guillotine dans son cadre (décrassé à l’aide des mâchoires de la pince), pour sauver une valve de pneu de vélo, décoincer des Lego, ramasser un filtre d’aquarium plus que sale (je n’avais pas vraiment envie d’y mettre les doigts), redresser la mèche d’une bougie, retirer deux échardes, dévisser une ampoule cassée (après avoir débranché la lampe, bien sûr) et maintenir un thermomètre dans un pot de lait chaud pour faire du yaourt. Ces tests ayant été réalisés dans la campagne du New Hampshire, les outils ont aussi été utiles pour réparer des clôtures et couper les ficelles d’une foule de ballots de foin.

Notre premier choix d’outil multifonctions : Leatherman Skeletool CX

Premier choix

Leatherman Skeletool CX

Le meilleur outil multifonctions

Ce modèle mince, léger et bien conçu s’en tient à l’essentiel — une pince précise et confortable, par exemple — sans s’encombrer du superflu. Il est facile à transporter au quotidien et conçu pour durer.

* Au moment de la publication, le prix était de 154,07€

Après avoir testé 19 outils multifonctions pendant trois semaines, c’est de loin le Leatherman Skeletool CX qui m’a paru être le meilleur choix. Il ne comprend que des accessoires indispensables, et son approche minimaliste le classe parmi les outils multifonctions les plus fins, légers et faciles à transporter. Le tranchant du couteau monté à l’extérieur dure plus longtemps que celui d’une lame Leatherman classique et les autres outils — un tournevis, une pince et un décapsuleur intégré au mousqueton — sont tous rapides, efficaces et pratiques. Le design asymétrique de sa poignée offre une prise en main incurvée confortable, que ce soit pour se servir de la pince, du couteau ou du tournevis. Il dure des années et est garanti 25 ans ; ce qui est une bonne chose car il n’est pas donné.

Le Skeletool CX comprend uniquement les outils les plus utiles, et rien d’autre. Tony Sculimbrene a écrit dans un comparatif d’outils multifonctions sur GearJunkie qu’après avoir gardé sur lui le Skeletool pendant sept ans, « pas une seule fois je n’ai regretté qu’il n’ait pas plus d’outils ». Il en a été de même pour moi. En plusieurs mois d’utilisation, je n’ai jamais trouvé que le Skeletool n’était pas suffisamment équipé. Dans une critique, Peter Colligan de Cedric & Ada affirme qu’il « s’agit vraiment de l’un des meilleurs compagnons tout-terrain que l’on puisse souhaiter ».

La pince effilée du Skeletool est plus petite que sur la plupart des outils multifonctions, mais elle est assez grande pour s’adapter sans problème à un boulon de 12,5 mm. Pour les boulons plus grands, j’utiliserais de toute façon une pince réglable, une pince étau ou une clé à molette. Ses poignées se déplient facilement et offrent une prise en main confortable pour les petits travaux rapides.

Le couteau est doté d’une lame en acier 154CM de haute qualité qui maintient un bon tranchant plus longtemps que la 420HC utilisée par Leatherman sur d’autres outils comme le Free P2 et le Skeletool classique. Peter Colligan, qui a mené des tests approfondis sur la durabilité du tranchant des lames en acier, propose en vidéo une comparaison directe entre les deux lames de Leatherman. Dans ce test, il parvient à réaliser 150 coupes dans une épaisse corde en sisal à l’aide de la lame 154CM avant de ne plus pouvoir couper une feuille de papier. En procédant au même test, il n’obtient que 60 coupes avec la lame 420HC. Dans une critique du Skeletool CX, dit-il, « on remarque vraiment la différence en termes de durabilité du tranchant… il tient beaucoup plus longtemps que celui de mes autres couteaux Leatherman ».

J’apprécie le fait que la lame du CX ait un fil droit, au lieu d’être partiellement cranté comme sur le Skeletool classique ou le Free P2. Les lames crantées réalisent une coupe moins nette et sont beaucoup plus difficiles à aiguiser. Tony Sculimbrene écrit sur son site : « Je n’aime pas les lames crantées. Je ne fais pas suffisamment de coupes sur des cordes pour m’imposer l’affûtage d’une lame crantée. » Pendant nos recherches pour notre guide des meilleurs couteaux de poche, Dan Policastro, de BladeReviews, un site de comparatifs réputé, m’a confié : « si vous entretenez bien votre couteau à fil classique, une lame crantée ne vous manquera jamais ». Lors de mes propres tests, j’ai coupé une multitude de ficelles de ballots en sisal et les lames à fil droit ont été tout aussi efficaces que les lames crantées.

L’ouverture de la lame sur le CX est l’une des plus efficaces. Si elle ne sort pas d’un coup comme sur un couteau de poche bien conçu, il est facile de trouver une prise du bout du pouce et de l’ouvrir d’une seule main, avec une résistance régulière appréciable. La plupart des outils multifonctions nécessitent les deux mains, et même ceux qui n’en demandent qu’une ne sont pas aussi simples à manier (à une exception près : le Leatherman Free P2).

Le Skeletool est fourni avec deux embouts de tournevis à deux faces.

Le tournevis du Skeletool est différent de la plupart de ses concurrents, puisqu’il utilise un porte-embouts sur un mini-manche. Il est fourni avec deux embouts ; un cruciforme et un plat. L’un se verrouille à l’aide d’un petit système de serrage tandis que l’autre se range dans la poignée, sous une partie du châssis en légère tension. A priori, ils ne devraient pas tomber. Si vous avez besoin de plus de choix, Leatherman vend des jeux complets d’embouts compatibles avec le CX.

Un mousqueton et un clip de poche offrent plusieurs possibilités pour transporter le Skeletool CX : le mousqueton peut s’accrocher à une ceinture, comme l’explique un article de Peter Colligan, ou à un sac à dos (voire à un clou dans votre atelier). Le clip de poche est doté d’une bonne élasticité et il a toujours bien fonctionné. Il a prouvé son utilité pour les déplacements quotidiens mais pendant des travaux, il s’avère plus pratique d’utiliser le mousqueton, comme le fait Peter Colligan, que de remettre le CX dans la poche ou de le poser.

Le mousqueton fait aussi office de décapsuleur, plus efficace que ceux que l’on trouve sur la plupart des outils multifonctions. Il est plus rapide, car le clip est intégré à l’extrémité d’une des deux poignées, donc pas besoin de déployer un outil ni d’ouvrir grand la pince pour décapsuler votre bouteille, comme c’est quasiment toujours le cas avec les autres outils multifonctions. Cela peut sembler secondaire, mais c’est toujours agréable de pouvoir attraper votre boisson et l’ouvrir sur le champ sans être obligé de la poser, de déployer le décapsuleur, de l’ouvrir, de la reposer, de remettre le décapsuleur dans l’outil et enfin de reprendre la bouteille pour boire. Le décapsuleur est aussi plus facile à utiliser que celui de ses concurrents ; la plupart sont en saillie et ne sont donc pas plus épais qu’une lame de couteau ; il faut s’y reprendre à plusieurs fois avant d’arriver à ôter une capsule. Le décapsuleur du CX est plus large (environ 3 mm), il peut donc trouver une prise et faire sauter les capsules en un seul geste.

Le Skeletool a un design inhabituel, mais il tient bien en main.

Le Skeletool a un design asymétrique un peu étrange, mais d’un point de vue ergonomique, il fonctionne bien. Lorsqu’il est ouvert en position pince, les poignées sont inégales mais leurs courbes inhabituelles s’adaptent parfaitement à la paume. En fonction couteau, j’ai trouvé la légère courbure du manche simple et pratique à tenir. Cette asymétrie permet d’ailleurs de localiser facilement l’accessoire voulu et de le sortir sans même le regarder. Le design parfaitement symétrique de nombreux outils multifonctions, comme le Leatherman Wave +, empêche de repérer quel accessoire on doit ouvrir, même en le regardant. Grayson Parker, qui écrit pour BladeReviews, explique que « la conception des poignées est impeccable du point de vue ergonomique, quel que soit l’outil utilisé ».

Le Skeletool CX est extrêmement léger (seulement 147 g), et il est tellement fin qu’il est à peine décelable dans la poche, surtout quand on le fixe avec son clip. Si l’on écarte les modèles porte-clés, seul le Gerber Crucial est aussi léger ; la plupart des outils multifonctions tout équipés pesaient 200, 225 ou 250 g.

Esthétiquement, le design du Skeletool CX est assez fascinant. Il est non seulement asymétrique en longueur, mais également recto verso. Son corps en métal est ajouré pour gagner en légèreté (il s’agit du « squelettage », d’où le nom de l’outil), ce qui lui donne un look unique et très intéressant. Au cours des tests, je me suis surpris à simplement regarder comment tout s’emboîtait, comme si j’essayais de résoudre un casse-tête. Je suis du même avis que Tony Sculimbrene, qui écrit dans un article que le CX est un « parfait exemple de vision efficace, cohérente et unifiée qui a influencé chacune des décisions de conception. »

Le Gerber Crucial (au centre) et le Goutoday Multitool Pliers (à droite) ressemblent au Skeletool CX (à gauche), mais aucun des deux n’est aussi performant.

Le Leatherman CX représente un investissement. Proposé à plus de cent euros, ce n’est pas l’outil multifonctions le plus cher que j’aie examiné, mais il reste onéreux. Ceci dit, il s’agit d’un réel investissement. Il est couvert par une garantie de 25 ans et il semble que son coût soit justifié étant donné tout ce que vous ferez avec, surtout si vous l’avez tous les jours sur vous, ce pour quoi il a été conçu. Dans sa critique, Tony Colligan, qui a utilisé le Skeletool pendant quatre ans, en parle comme d’un « outil de toute une vie. »

Des défauts non rédhibitoires

On peut éliminer le Skeletool CX pour ce qu’il n’a pas, à savoir des ciseaux et un ouvre-colis. Certes ce sont des accessoires bien pratiques mais en les ajoutant, le Skeletool perdrait la forme élancée et légère qui fait son succès. Les ciseaux sont certainement ce qui manque le plus, mais dans la plupart des cas (comme couper un fil qui dépasse sur un tee-shirt), je m’en suis sorti avec un couteau.

Il n’a pas non plus de scie, de lime, d’ouvre-boîtes, ni les autres outils que l’on trouve sur les multifonctions. J’ai néanmoins trouvé que ces accessoires sont rarement nécessaires. Si vous recherchez ce type de fonctionnalité, j’ai aussi des recommandations pour un outil multifonctions plus grand.

Aussi bien Tony Sculimbrene dans sa critique que Grayson Parker chez BladeReviews remarquent que les extrémités de la pince sont peu tranchantes. Elles sont sans aucun doute plus épaisses que sur la plupart des concurrents, mais si je n’avais pas lu ces articles, je ne me serais jamais dit que c’était un problème. Les extrémités des mâchoires se rejoignent de façon uniforme et précise, et je n’ai eu aucun mal à retirer des échardes avec.

Notre deuxième choix d’outil multifonctions : Leatherman Skeletool

Deuxième choix

Leatherman Skeletool

Même design, mais une qualité inférieure

Ce Skeletool offre le même design de grande qualité que le CX, mais l’acier de sa lame est de moins bonne facture, la lame pivote avec moins de fluidité et le couteau est partiellement cranté, ce qui le rend plus difficile à aiguiser.

* Au moment de la publication, le prix était de 73,00€

Si le Skeletool CX n’est pas disponible, je recommande le Leatherman Skeletool classique. Cet outil est identique au CX sur de nombreux points (même choix d’outils, même poids plume, corps effilé), ce qui suffit à le classer au-dessus de la plupart des modèles que j’ai testés. Néanmoins, le CX a quelques légers avantages qui justifient de dépenser quelques euros de plus. Le plus important est que l’acier de la lame sur ce modèle est de qualité inférieure et que son fil de lame est partiellement cranté. J’ai aussi trouvé que la lame du CX se déployait mieux et que les mécanismes d’ouverture et de fermeture de la pince étaient supérieurs. Dernière différence, le corps du CX utilise un peu de fibre de carbone, mais les deux outils pèsent le même poids.

Le Skeletool (à droite) et le Skeletool CX sont presque identiques. Les principales différences : une lame de qualité inférieure et un fil de lame partiellement cranté sur la version standard.

La lame du Skeletool standard est en acier 420HC, soit un acier considéré comme acceptable (mais pas génial) par les amateurs de couteaux, et de loin inférieur au 154CM du CX. Peter Colligan a comparé ces deux aciers et constaté que sur le 154CM, la durabilité du tranchant était deux à trois fois supérieure à celle du 420HC.

Le 420HC a pour avantage d’être plus souple et plus simple à aiguiser que le 154CM, à une nuance près : la lame du Skeletool classique est partiellement crantée, ce qui signifie que le Skeletool est en fait plus difficile à aiguiser, en plus d’avoir un tranchant qui dure moins longtemps.

Le Skeletool standard coûte quelques dizaines d’euros de moins que le CX. Si un prix inférieur pour le même outil est tentant, je préfère de loin le CX. Un bon outil multifonctions est un compagnon pour quelques dizaines d’années, et avec le temps, l’acier de meilleure qualité, le tranchant plus efficace et les mécanismes plus souples viennent compenser la différence de prix.

On recommande aussi : Leatherman Free P2

On recommande aussi

Leatherman Free P2

Le meilleur outil multifonctions grand format

Le Free P2 inclut davantage d’outils que le Skeletool, des ciseaux et un ouvre-colis par exemple, mais la plus grande différence est que tous, y compris la pince, peuvent être déployés d’une seule main.

* Au moment de la publication, le prix était de 190,11€

Si vous cherchez un outil multifonctions tout équipé, extrêmement simple à utiliser et qui renferme davantage d’ustensiles que le Skeletool (dont des ciseaux, un ouvre-colis, une scie et un couteau cranté), je recommande le Leatherman Free P2. Le Free P2 fait partie de la nouvelle gamme d’outils multifonctions sortie début 2019 qui bénéficient tous d’une nouvelle architecture magnétique permettant de déployer tous les outils, y compris la pince, d’une seule main.

Pour faire sortir un outil, il faut appuyer sur une petite patte juste au-dessus de l’axe. Ce système n’est pas parfait (il m’est souvent arrivé de faire sortir deux ou trois accessoires avant de replier ceux dont je n’avais pas besoin), mais une fois que l’habitude est prise, l’aspect pratique l’emporte largement sur les inconvénients potentiels. Le couteau et les ciseaux sortent comme la lame d’un couteau de poche. Le couteau ne se déploie pas de façon aussi fluide que celui du Skeletool CX, mais correctement malgré tout.

On peut même ouvrir la pince d’une seule main. En position fermée, les poignées restent jointes à l’aide d’aimants, mais lorsqu’on rompt cette connexion (en glissant un pouce ou le bout du doigt entre les deux poignées pour les séparer), les poignées deviennent mobiles comme celles d’un couteau papillon. Un coup de poignet suffit pour qu’elles s’ouvrent complètement en mode pince ; il ne reste plus qu’à les verrouiller dans cette position. Pour les refermer, tapez l’une des poignées contre votre cuisse ou votre hanche pour défaire le verrouillage, et elles redeviennent lâches. Un autre petit coup et elles se referment. C’est un système efficace, et le Free P2 peut passer de la position entièrement fermée à entièrement ouverte en deux secondes. Une fois que j’ai pris le pli (après avoir passé environ une heure et demie à jouer avec), tous les autres outils multifonctions que j’ai utilisés m’ont semblé compliqués et fastidieux à ouvrir. Le Free P2 est rapide et facile à utiliser, et vous avez souvent les mains occupées, c’est une vraie merveille. Vous risquez de vous surprendre à jouer avec non-stop, comme moi.

Le Free P2 comprend une belle sélection d’outils. Même si le caractère épuré du Skeletool me plaît davantage, le Free P2 possède en plus des ciseaux et un ouvre-colis, ce que j’ai trouvé utile au quotidien. Il inclut aussi un ouvre-boîte, un poinçon, une lime, un petit racloir et deux ou trois tournevis plats plus petits ; je m’en suis servi beaucoup moins souvent, mais pour aller camper par exemple, certains se sont avérés bien pratiques.

Si ces outils supplémentaires ajoutent du poids, au cours de mes tests le Free P2 ne m’a jamais semblé ni lourd, ni encombrant. Il pèse 215 g, soit plus de 70 g de plus que le Skeletool (ce qui reste moins que de nombreux autres outils multifonctions grand format). Il est bien équilibré et ses poignées légèrement biseautées contribuent à l’impression générale de finesse.

Un nouveau système d’ouverture magnétique et de petites pattes près des points d’articulation permettent d’accéder aux outils du Free P2 d’une seule main.

Le style profilé du Free P2 est accentué par la présence d’un clip de poche, très rare sur les outils multifonctions grand format. On peut retirer le clip assez facilement ; l’outil est aussi fourni avec un étui en nylon. J’ai préféré utiliser le clip qui me paraît être un plus très appréciable.

Le Free P2 a reçu de nombreux avis positifs. Stuart Deutsch, de ToolGuyd, apprécie la nouvelle architecture magnétique et écrit que le Free P2 « est vraiment incroyable à ouvrir et à fermer ». Il ajoute que l’outil « donne l’impression d’être parfaitement rodé, dès le départ » et qu’il est « facile et confortable à utiliser, aussi bien au niveau des mouvements concrets d’ouverture et de fermeture qu’à l’usage ».

Malgré toutes ses qualités, le Free P2 n’est pas parfait. Comme nous l’avons vu, déployer chaque outil demande un peu de pratique. Il ne comprend pas non plus d’embouts remplaçables, contrairement au Skeletool ; il a néanmoins une tête cruciforme et plusieurs tailles de tournevis plats. Les embouts remplaçables sont appréciables et sur le Skeletool, ils permettent de gagner de la place, mais sur le Free P2, qui est plus grand, c’est moins important. La plupart des utilisateurs n’auront besoin de rien d’autre que des tournevis cruciformes et plats fournis, donc je ne crois pas qu’il faille trop s’en préoccuper.

Malheureusement, Leatherman a choisi une lame combinée pour le Free P2, ce qui signifie qu’elle est à moitié crantée. J’aurais de loin préféré éviter le crantage, mais étant donné l’efficacité de l’outil sur d’autres points, je passe outre cette contrariété. Compte tenu du degré d’exigence des amateurs de couteaux dans le domaine des lames, je suis surpris qu’il n’existe pas une option avec une lame droite.

Le coût du Free P2 peut être un frein réel. Vendu généralement à 160 euros, ce modèle se situe sans aucun doute dans la tranche tarifaire la plus haute des outils multifonctions. Mais il s’agit d’un outil que l’on gardera à vie, il est assorti d’une garantie de 25 ans et il devrait durer des années, même en étant utilisé et malmené au quotidien. Si l’on tient compte de tous ses avantages, en particulier de sa rapidité et de sa praticité, il offre malgré tout un bon rapport qualité-prix, et son prix me semble correct compte tenu de tout ce qu’il a à offrir.

Notre principale préoccupation pour le Free P2 : il s’agit d’un design entièrement nouveau chez Leatherman, et il n’y a donc pas de long historique éprouvé en termes de durabilité et d’efficacité. Étant donné que la société a toujours fabriqué des outils de haute qualité et que je suis satisfait de son utilisation, je fais cet acte de foi sans trop de craintes.

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Pinces et tournevis à l’honneur

Cet outil se distingue par sa solide pince dotée d’un système à engrenage et sa compatibilité avec les embouts de tournevis standard 25 mm, mais il est encombrant et n’a pas la précision des outils Leatherman.

* Au moment de la publication, le prix était de 97,88€

Pour un modèle grand format moins cher qui met l’accent sur les pinces et les tournevis, je recommande le SOG PowerAccess Deluxe. Les outils multifonctions SOG ont une pince à engrenage, ce qui double la force de la pince et du coupe-fil tout en facilitant l’ouverture et la fermeture de l’outil. La sélection des ustensiles ressemble à celle du Free P2, mais avec une deuxième lame et une scie. Côté inconvénients, le SOG n’a pas de lame qui s’ouvre facilement d’une seule main, comme celle du Skeletool ou du Free P2 ; par ailleurs, certains outils, comme les couteaux, la scie et la lime, ne sont pas solides.

Les mâchoires du SOG sont dotées d’un système à engrenage, ce qui accroît la force de la pince.

Selon SOG, les mâchoires à engrenage doublent la force de la pince : il est donc plus facile d’attraper et de faire tourner un boulon coincé qu’avec d’autres outils multifonctions. Cela renforce aussi pas mal la puissance du coupe-fil, mais j’ai trouvé qu’en réalité, cette puissance accrue est peut-être un peu difficile à gérer pour les mâchoires, qui ont été légèrement abîmées lorsque je m’en suis servi pour découper une clôture épaisse. Par ailleurs, il faut exercer une force conséquente pour réaliser ce genre de coupes et les poignées carrées de l’outil multifonctions deviennent rapidement inconfortables. Elles ne remplaceront pas un bon coupe-fil ni une pince à long bec pour une utilisation poussée au quotidien.

Le système d’engrenage a aussi l’avantage d’ouvrir et de fermer l’outil de façon symétrique. Cela signifie qu’avec les poignées presque fermées, il reste possible de se servir de la pince, ce qui est idéal pour la glisser dans des emplacements très étroits.

Le PowerAccess Deluxe possède en outre un tournevis cruciforme et un autre plat, ainsi qu’un tournevis de précision pour les lunettes. Il a aussi un tournevis porte-embout de 6,3 mm, un adaptateur pour embouts standard de 25 mm et un emplacement au niveau du point d’articulation, où un embout peut être inséré entre les articulations (l’outil est fourni avec 12 embouts dans un étui séparé). Pour les vis difficiles ou coincées, on peut placer une mèche dans le porte-embout.

Le SOG a un tournevis porte-embout de 63 mm, qui permet d’utiliser des embouts standard de 25 mm.

Tous les outils du PowerAccess Deluxe sont accessibles lorsque les poignées sont en position fermée mais les encoches sont très proches les unes des autres, si bien qu’il est parfois difficile de tirer uniquement celle que l’on vise. Le PowerAccess mesure environ 6 mm de plus en longueur que le Free P2 et il est un peu plus lourd, il passe donc encore moins inaperçu dans une poche de pantalon. Il est fourni avec un étui pour ceinture, 12 embouts et l’adaptateur porte-embout.

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Gerber Dime

Le meilleur outil miniature

Offrant des capacités étonnantes compte tenu de son format et de son prix modestes, le Dime propose une pince, un décapsuleur et un ouvre-colis à clapet plutôt satisfaisants.

* Au moment de la publication, le prix était de 25,51€

J’ai testé les deux modèles de pinces multifonctions miniatures les plus vendus, et pour un modèle aussi petit, avec un excellent choix d’outils et de nombreuses possibilités, je recommande le Gerber Dime. Le petit Dime, qui a la taille d’un petit briquet Bic, a un design asymétrique qui permet de localiser facilement chaque outil. Ils ne sont pas tous efficaces, mais les plus importants s’en tirent très bien. J’apprécie aussi le fait qu’il soit disponible dans différents coloris (bleu, gris, vert, violet et rouge). Les limites du Dime sont dues à sa taille : on ne peut pas tout faire avec une lame qui mesure à peine plus de 3 cm et une pince qui a une ouverture de seulement 2,2 cm.

Le tout petit Dime est facile à transporter.

Pour sa taille, le Dime en fait beaucoup. En plus du combiné pince/coupe-fil, il comprend un couteau, un ouvre-colis, un tournevis cruciforme et un tournevis plat, des ciseaux, une pince à épiler, une lime et un décapsuleur. Comme le Skeletool, le décapsuleur est intégré dans l’extrémité d’une des deux poignées de la pince, pour pouvoir être utilisé sans avoir à ouvrir l’outil ni à se débattre avec une mini-encoche. Ce dispositif présente d’autres avantages ; il prolonge en effet l’une des poignées de la pince et permet de l’ouvrir plus facilement.

J’ai été impressionné par la précision de la pince. La pince à épiler est vraiment de mauvaise qualité et a peu de détente, mais la pince est tellement efficace que cela n’a finalement pas d’importance : je m’en suis servi à sa place à chaque fois avec un résultat heureux.

Les capacités du Dime m’ont surpris, étant donnée sa taille réduite.

La lame du Dime est minuscule mais fonctionnelle. Elle n’a eu aucun mal à couper régulièrement des cordes en sisal. Malheureusement, elle ne se verrouille pas ; c’est rare sur les outils multifonctions de cette taille. L’ouvre-colis est également satisfaisant. Il ouvre efficacement les emballages, avec moins de risques de se blesser qu’avec une lame de couteau, tâche que j’ai trouvée plus hasardeuse qu’on ne pourrait le penser.

Au fil des tests, j’ai appris à apprécier le Dime. C’est un petit outil sympa à avoir sous la main, qui peut faire beaucoup de choses. Il n’est pas aussi complet que le Skeletool, mais pour moins de 30 euros, c’est une bonne affaire. Tony Sculimbrene l’aime aussi : il a écrit dans un article que le Dime est « certainement le meilleur outil multifonctions miniature du marché ».

Et les couteaux suisses ?

Comme nous avons privilégié les pinces multifonctions dans ce guide, nous avons exclu les couteaux suisses Victorinox (les pinces multifonctions Victorinox sont mentionnées dans la section La concurrence). Ces couteaux basiques multi-usages font partie des outils de poche classiques. Ce sont des produits très utiles, et je suis ravi d’avoir utilisé une grande variété de modèles au fil des ans mais pour différentes raisons, développées dans Comment les avons-nous sélectionnés ?, nous avons décidé de nous concentrer sur les pinces multifonctions.

Malgré tout, si vous préférez un couteau suisse, il existe une multitude de modèles ; suffisamment pour que vous puissiez choisir celui qui comprend les outils que vous recherchez. Un classique, qui se trouve être le favori de Tony Sculimbrene, est le Cadet. C’est un modèle basique mince doté d’un couteau, d’un tournevis, d’un décapsuleur, d’un ouvre-boîte et d’une lime. A l’opposé, tout en haut de la gamme, vous trouverez l’Evolution S54, qui comprend 31 outils.

La concurrence

Le Leatherman Wave + est depuis longtemps la référence des outils multifonctions grand format, et ce n’est pas pour rien. Il comprend un jeu complet d’accessoire ; ajouté à son excellente facture et à ses 25 ans de garantie, cela en fait un outil difficile à battre. J’admirais cet outil depuis longtemps mais après mes tests avec le Free P2, plus agréable à utiliser, le Wave + m’a paru lourd et compliqué. Du point de vue des outils, le Wave + comprend en plus une scie et une deuxième lame, mais aucun des deux n’est indispensable (en plus de 15 ans d’utilisation d’un outil multifonctions, je crois que je n’ai même jamais eu recours à la scie). Entre les deux, le Free P2 est clairement mon favori.

Leatherman propose aussi le Free P4, qui comprend une deuxième lame et une scie, alliant ainsi les fonctionnalités complètes du Wave + à la simplicité d’emploi du Free P2. Encore une fois, je trouve que ces outils ne valent pas le poids et l’encombrement supplémentaire.

Le Leatherman Wingman et le Leatherman Rev se situent dans la fourchette de prix moyenne à basse de la marque Leatherman, vendus respectivement autour de 50 et 30 euros. Leur design est similaire et leur sélection d’outils assez simple, mais selon moi, le Skeletool CX (ou le Skeletool standard) est de loin bien plus facile à utiliser. Je n’ai rien de négatif à dire sur ces outils, mais il n’y a rien non plus qui les fasse sortir du lot.

Le Victorinox SwissTool Spirit X a un look élancé et une belle sélection d’outils, mais ces derniers se déploient à l’aide de petites encoches, ce qui devient vite agaçant. Dans l’ensemble c’est un excellent outil, mais la lame ne peut pas être déployée d’une seule main, fonctionnalité que j’ai trouvée essentielle sur le Skeletool et le Free P2.

Le Gerber Suspension NXT comprend une belle sélection d’outils, mais il est volumineux. On peut dire la même chose du Gerber Truss. Ils sont deux fois moins chers que le Skeletool CX, mais pour un achat à aussi long terme, je préfère un outil plus raffiné.

Le CenterDrive de Gerber aligne l’embout du tournevis avec la ligne centrale de l’outil, pour qu’il soit plus facile de le faire tourner dans la main. C’est une bonne idée en théorie, mais la poignée est tellement volumineuse que je n’ai trouvé aucun avantage à cette conception. Le fait que la pince se déploie d’une seule main me plaît, mais l’outil est très grand et il y a beaucoup de jeu dans les poignées quand elles sont en position fermée. C’est l’outil le plus lourd que j’aie testé.

Le Gerber Crucial offre la même sélection épurée d’outils que le Skeletool CX, dont un combiné mousqueton/décapsuleur, mais le pivot de sa pince est tellement lâche que les poignées sont baladeuses. Étant donné qu’il coûte environ 30 euros, je trouve qu’il n’est pas à la hauteur du Skeletool, mais en dehors de cette sélection réduite d’outils, il n’y a rien qui le distingue des concurrents.

Le Leatherman Squirt PS4 est un modèle porte-clés très vendu, concurrent du Gerber Dime. il possède d’excellents ciseaux mais pas d’ouvre-colis, contrairement au Dime, or c’est un accessoire appréciable. Étrangement, l’anneau du porte-clés est situé juste là où le couteau se plie dans l’outil, et il m’est souvent arrivé de fermer le couteau sur l’anneau. Il coûte généralement deux fois plus cher que le Dime, qui est tout aussi fonctionnel.

Le SOG PowerAssist est gigantesque. Il comprend la pince à engrenage du SOG et une bonne sélection d’outils (mais pas de ciseaux). La lame a une ouverture assistée, sans intérêt à mes yeux, et un verrouillage compliqué, qui n’est pas facile à utiliser d’une seule main.

Le SOG PowerPint est assez difficile à classifier. Il est plus grand qu’un outil porte-clés, mais beaucoup plus petit qu’un grand format. Il ressemble à un modèle demi-format ou à un SOG grand format. Il comprend un clip de poche et une belle sélection d’outils, mais ils sont difficiles à déployer individuellement et fastidieux à ranger.

Le Ganzo G302-b est agréable à tenir et ses lames s’ouvrent facilement d’une seule main, mais sa poignée est particulièrement volumineuse. Je pense qu’investir davantage dans un Skeletool ou un Free P2 est une meilleure idée. À défaut, avec un budget de 40 euros, j’opterais plutôt pour le Leatherman Rev.

Le DeWalt MT16 est assez grand et peu pratique et il n’y a rien qui le fasse sortir du lot.

J’ai aussi essayé le Goutoday Multitool Pliers, habituellement vendu moins de 30 euros. Après l’avoir testé, je trouve ce prix encore trop élevé. Les poignées sont difficiles à ouvrir, les outils durs à déployer et l’articulation de la pince grince légèrement.

Je n’ai pas retesté le Leatherman Charge + pour cette mise à jour, mais l’éditeur de ce guide, Harry Sawyers, a possédé et utilisé un Charge + pendant plusieurs années. C’est un très bon outil, un cran au-dessus du Wave +. Mais son prix est perché bien au delà de 100 euros et il me semble de moins bonne qualité que le Free P2, pour un prix proche.

J’ai écarté un grand nombre d’outils avant les tests, dont beaucoup avaient la lame à l’intérieur de la pince. Parmi ces modèles : Leatherman Rebar, Leatherman Supertool, Gerber MP600, Gerber Diesel, SOG Crosscut 2.0 et SOG PowerLock.

J’ai aussi écarté tous les modèles spécialisés pour une activité en particulier, comme le Leatherman Signal, conçu pour les amateurs de plein air.

Notes

1. Tous les poids indiqués dans ce guide reposent sur mes propres mesures, qui différaient souvent d’une dizaine de grammes des spécifications du fabricant. Revenir au texte.

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