Des affrontements en marge du Clasico entre Barcelone et le Real Madrid ont fait une soixantaine de blessés

La rencontre, qui s’est terminée par un match nul 0-0, avait dû être repoussée en raison d’incessantes mobilisations et de violents heurts en Catalogne.

Par Publié le 18 décembre 2019 à 22h51 - Mis à jour le 19 décembre 2019 à 12h45

Temps de Lecture 2 min.

Des milliers de banderoles bleues et une grande jaune affichant « #SpainSitAndTalk » (Espagne, assieds-toi et dialogue, en anglais) ont été déployées par les supporteurs de Barcelone.

L’occasion était trop belle. Avec une audience potentielle de plus de 600 millions de téléspectateurs répartis dans près de 180 pays, les « Clasicos », ces matchs de football qui opposent le Real Madrid et le FC Barcelone et font le sel du championnat espagnol, offrent une fenêtre médiatique inégalable. Et les indépendantistes radicaux catalans de la plateforme « Tsunami démocratique » ont voulu la saisir en convoquant plusieurs actions, mercredi 18 décembre au soir, lors du match organisé à Barcelone.

A l’extérieur du Camp Nou, protégé par un important dispositif policier visant à éviter tout incident dans les alentours du stade, la situation a rapidement dégénéré. La manifestation convoquée depuis des semaines sur les réseaux sociaux a débouché sur de nombreuses scènes de violence, bien qu’à peine cinq mille personnes aient répondu à son appel à la mobilisation. Barricades, bennes à ordure incendiées et jets de pavés d’un côté, charges policières de l’autre, se sont soldés par cinq gardes à vue et soixante-quatre blessés, dont trente-neuf Mossos d’Esquadra (la police catalane). Seize personnes ont dû être hospitalisées. Les pompiers ont dû intervenir pour étouffer les feux qui se propageaient sur de grands palmiers.

La police catalane a chargé les manifestants qui avaient mis le feu à une barricade improvisée.

A l’intérieur du stade, en revanche, le match s’est déroulé dans une relative normalité devant 93 000 spectateurs. Malgré les contrôles des vigiles, censés réquisitionner toute propagande politique, les aficionados indépendantistes ont déployé deux grandes banderoles, rédigées en anglais et interpellant le gouvernement espagnol : « Espagne, assieds-toi et parle » et « Liberté », pouvait-on y lire.

Avant le début de la rencontre, des milliers de personnes ont scandé en cœur « Liberté, prisonniers politiques », en référence aux neufs leaders indépendantistes condamnés en octobre à des peines allant de neuf à treize ans de prison pour « sédition ». Au cours de la partie, des ballons jaunes – couleur devenue le symbole de la « répression » dont se disent victimes les indépendantistes – ont été lancés sur la pelouse, obligeant l’arbitre à suspendre le jeu durant deux minutes. Cependant, cette action, menée durant le remplacement d’un joueur du Barça, est passée inaperçue. Pour le reste, le « Clasico », qui s’est terminé par un match nul 0-0, s’est déroulé sans incident.

La crainte d’un débordement violent ou d’une action de boycott empêchant de jouer jusqu’au bout avait contraint la fédération espagnole de football à repousser le match, initialement prévu le 26 octobre. A cette époque, les rues de Barcelone étaient le théâtre d’émeutes presque quotidiennes, en réponse à la condamnation par la Cour suprême espagnole des dirigeants indépendantistes à l’origine du référendum illégal d’octobre 2017.

Depuis plus d’un mois, le calme était revenu dans les grandes villes catalanes, sur fond de négociations entre le Parti socialiste ouvrier espagnol et les indépendantistes de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC). Le soutien ou l’abstention de ERC est indispensable pour que le socialiste Pedro Sanchez puisse espérer être investi chef du prochain gouvernement par une majorité de députés au Parlement.

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