L’amour sur place : « Je l’ai trouvé beau gosse au cours de salsa »

L’amour sur place (ou à emporter) 1|6. Ils nous ont raconté leur histoire d’amour depuis le lieu de leur rencontre. Agnieszka est catholique d’origine polonaise, Jamal, musulman né au Maroc.

Par Publié le 18 août 2018 à 09h30 - Mis à jour le 20 août 2018 à 09h10

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Salsa, bachata, chachacha. L’histoire s’annonce piquante et mouvementée, puisqu’elle commence dans une école de danse latine, en plein cœur de Paris. Le vendredi soir, à trois encablures du Centre Pompidou, les groupes de débutants côtoient les niveaux experts et intermédiaires.

« Les mecs, ils sont bien trop stressés à regarder leurs pieds »

Agnieszka fait partie des premiers. Elle repère « un beau gosse » qu’elle invite pour quelques pas, clopin-clopant, de salsa. « Moi, je n’étais pas venu pour draguer, comme certains, précise Jamal, le “beau gosse”. Les mecs, ils sont bien trop stressés à regarder leurs pieds. Ils transpirent et tout ! » Lui s’est inscrit à une initiation de cinq semaines après une soirée « catastrophe » où il s’est rendu compte qu’il ne savait pas danser. Elle est venue pour se faire des amis. De cette danse bredouillante, esquissée en mars 2013, naît un couple qui brinquebale entre les cultures.

On retrouve les deux partenaires cinq ans plus tard, un dimanche après-midi, dans le salon de leur appartement du 18e arrondissement de Paris. A leur image, le quartier de la Chapelle se veut cosmopolite : Agnieszka, 35 ans, arrivée en France en 2012, est polonaise ; Jamal, 34 ans, en France depuis 2010, est marocain. Il est musulman plus ou moins pratiquant, elle est fervente catholique. Pendant plusieurs heures, ils vont nous raconter leur histoire, d’amour avant tout. « On est trop bavards. Un journal nous interroge, alors on se prend pour des célébrités ! ironise Agnieszka. Finalement, on ressemble à n’importe quel couple : on se demande qui va sortir la poubelle et ce qu’on va faire ce week-end. »

Elle tape « je sors avec un Arabe » sur Google

Et pourtant, avant d’éprouver la vie quotidienne, le tandem traverse une mine d’obstacles. « Moi, j’étais une islamophobe cachée dans mon cœur, au début je n’arrivais pas à surmonter mes peurs, ose la jeune femme. Mes amis me disaient de faire attention, ils imaginaient que Jamal allait me kidnapper. C’était du grand n’importe quoi ! »

« On s’est installés en cercle, on aurait dit les alcooliques anonymes ! »

Pour se rassurer et se sentir moins isolée, elle tape « je sors avec un Arabe » sur Google. Elle découvre ainsi le Groupe des foyers islamo chrétiens (GFIC) et traîne Jamal à l’un des « cafés couples » organisés par l’association. Lui s’en souvient bien : « On s’est installés en cercle, on aurait dit les alcooliques anonymes ! Mais on a trouvé une liberté de parole, sans jugement ni recettes toutes faites. »

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