A Mountain View, Google opère à siège ouvert

Temples high-tech (6/6). Au fur et à mesure de sa croissance, le géant des nouvelles technologies agrandit, améliore et « augmente » son QG, le « Googleplex ». Un patchwork qui trahit sa vision du monde, hybride et évolutive.

Par Publié le 26 août 2017 à 06h40 - Mis à jour le 27 août 2017 à 08h56

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Vue aérienne du projet d’extension du siège social de Google, à Mountain View, dessiné par les architectes Thomas Heatherwick et Bjarke Ingels.

« ATTENTION !, alerte un panneau en lettres capitales. Des serpents ont été vus dans le secteur. » Sous cet intitulé rouge sang, un abrégé de biologie distingue les reptiles venimeux des espèces inoffensives : « Contrairement aux serpents non venimeux, le corps du serpent à sonnette est relativement gras, sa tête triangulaire, ses pupilles semblent celles d’un chat… »

Le siège social de Google, à Mountain View, est infesté de mises en garde. Clouée aux grilles d’un complexe sportif, une plaque prévient les fripons tentés de défier le géant du Web sur son terrain : « Salut les “Googlers” ! Vous avez remarqué quelque chose qui cloche ? Signalez-le nous. » Devenu omniscient et omnipotent grâce à son moteur de recherche, dont le succès lui a permis de prospérer dans des domaines aussi divers que la publicité, la cartographie, la vidéo, la santé, l’automobile, la domotique ou l’agroalimentaire, le titan du high-tech s’est installé en 2003 dans cette petite municipalité de la Silicon Valley, à 65 km du centre-ville de San Francisco.

Anciens étudiants en informatique à l’université de Stanford, Larry Page et Sergey Brin créent la compagnie en 1998, dans un garage de Menlo Park, à vingt minutes en voiture de Mountain View. Deux décennies plus tard, leur empire, valorisé à plus 550 milliards de dollars, caracole en tête des capitalisations boursières planétaires. Avec pour ambition première « d’organiser l’information à l’échelle mondiale et de la rendre universellement accessible et utile », comme l’indique le site Internet sur sa page d’accueil.

Devant un complexe sportif, sur le Googleplex, à Mountain View.

Pour le coup, l’organisation de ces espaces de travail répond à une logique quelque peu décousue. Plus de 35 000 « Googlers » se rendent quotidiennement sur le campus de Mountain View, qui s’est agrandi par saccades, au fur et à mesure de la croissance de la firme. Son cœur « historique » est constitué des anciens bâtiments de Silicon Graphics, une société d’informatique qui a fait faillite en 2006, auxquels s’adjoignent, chaque mois ou presque, de nouveaux édifices, loués ou rachetés à leurs ex-occupants. A ce jour, 290 000 m2 de bureaux sont utilisés – un chiffre en hausse perpétuelle.

C’est d’ailleurs l’un des traits saillants de ce patchwork assez disgracieux de formes, de couleurs et de matières : de même qu’elle ne cesse d’actualiser ses technologies, Google prend soin de corriger, améliorer, « augmenter » son campus. L’appellation du lieu, Googleplex, traduit bien cette quête vers l’infini, et au-delà. Il s’agit d’un mot-valise qui accole le nom de la firme au nombre gogolplex – soit une suite de chiffres « plus importante qu’il n’y a d’atomes dans l’univers visible », selon l’encyclopédie de mathématiques en ligne PlanetMath.org.

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