« Il y a de la fumée, de la poussière, des blessés ! »

En l’espace d’une heure, Bruxelles a été frappée par deux attentats. Récit d’une journée qui a paralysé la capitale belge.

Par et Publié le 23 mars 2016 à 05h54 - Mis à jour le 23 mars 2016 à 11h39

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Des travailleurs de la rue de la Loi, près de la station de métro Maelbeek à Bruxelles, touchée par une explosion le 22 mars 2016.

Une poussière blanche, comme un brouillard épais, paraît avoir tout englouti. Les passagers et leurs valises. Les hôtesses, derrière leur comptoir d’enregistrement. Le kiosque à journaux et les files d’attente. Il est à peine 8 heures, dans le hall des départs de l’aéroport international de Zaventem à Bruxelles, et deux bombes viennent soudain de transformer cet espace, jusque-là grouillant d’une foule pressée, en un brouillard flou et inquiétant.

Sous la violence des explosions, une partie du plafond s’est effondrée. Martine F. D., salariée d’une des compagnies aériennes de cet aéroport qui draine chaque année plus de vingt millions de voyageurs, appelle, paniquée, son mari Weerman. Autour d’elle, tout est détruit. « Il y a de la fumée, de la poussière, des blessés ! » Et, bientôt, après le silence presque complet qui suit les grands chocs, des gens qui crient, qui s’affolent, qui fuient. Et puis, des corps. Des blessés qui gémissent. Des survivants immobiles, incapables du moindre mouvement dans ce chaos qui commence, comme sidérés.

La nouvelle s’est à peine répandue que déjà, les premières images saisies par des dizaines de smartphones montrent au monde entier les effets terribles de cet attentat qui vient de frapper Bruxelles, quatre jours après la capture par la police belge, dans le quartier de Molenbeek, de Salah Abdeslam, seul survivant parmi les assaillants des attentats du 13 novembre à Paris. Plus rien n’est reconnaissable, sinon ce décor d’une terreur déjà vue. Une femme, les cheveux gris de poussière, est assise dans le hall dévasté, le chemisier déchiré par le souffle des bombes, les pieds ensanglantés. Une autre s’est recroquevillée contre un comptoir d’enregistrement, serrant contre elle un petit garçon, dans la fumée blanche mêlée à l’eau des canalisations qui ont cédé sous la pression.

« Je ne savais pas dans quelle direction aller »

Johan Ledouble, un employé de Toyota qui s’apprêtait à partir en Russie, a vu le flash de la seconde explosion, « moins de dix secondes après la première ». « J’étais porte A, tout près des boutiques duty free », raconte-t-il au Monde. Il se réfugie aussitôt, avec d’autres passagers dans l’arrière-boutique du Relais H. Clas Lundstedt, un Suédois de 48 ans, qui revient d’un semi-marathon à Lisbonne et vient de passer une nuit en Belgique avant de rentrer chez lui, a tout juste franchi les contrôles de sécurité lorsqu’il est pris à son tour dans la panique générale. « J’ai couru aussi, je ne savais pas dans quelle direction aller », rapporte-t-il. Le voilà qui suit le mouvement effréné qui mène une partie des passagers dans les sous-sols de l’aérogare, vers les entrées malgré les façades soufflées et jusque sur le tarmac, dans la crainte que des terroristes ne viennent tirer sur la foule.

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