L’intérim teste un nouveau CDI

Le contrat de travail à temps partagé aux fins d’employabilité est depuis 2018 accessible à un large public éloigné de l’emploi sur cinq critères : une faible qualification, un âge supérieur à cinquante ans, être handicapé, être inscrits à Pôle emploi depuis six mois au moins, et enfin bénéficier des minima sociaux, rappelle la journaliste Anne Rodier dans sa chronique.

Publié le 03 juin 2020 à 06h30 Temps de Lecture 2 min.

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« Comme le CDI intérimaire (CDII), le CDI aux fins d’employabilité exige de l’employeur des actions de formation qualifiantes et garantit le revenu de l’intérimaire même s’il ne travaille plus, sur la base horaire du dernier revenu »

Carnet de bureau L’intérim se veut toujours plus flexible. La fédération patronale du secteur Prism’emploi devait annoncer, jeudi 4 juin, une baisse de l’emploi intérimaire de 61% en avril, soit un recul amoindri depuis le choc du confinement. En quinze jours, les trois quarts des emplois intérimaires avaient disparu fin mars.

Fin avril, Prism’emploi avait même renoncé à publier les statistiques mensuelles, estimant qu’entre l’arrêt brutal des missions et le recours au chômage partiel, le bilan n’aurait pas été pertinent. Ce n’est pas la rigidité du marché du travail qui était en cause, mais bien les conséquences de la pandémie du Covid-19, « qui touchent davantage les ouvriers que les cadres et les professions intermédiaires », précise la fédération patronale.

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Le quatrième acteur européen du marché, Proman, vient pourtant de faire le pari de la reprise en misant sur un nouvel instrument de flexibilité pour l’intérim : le CDI aux fins d’employabilité. Etendu par la « loi avenir » de 2018 à titre expérimental jusqu’au 31 décembre 2021, ce contrat de travail à temps partagé est devenu accessible à un large public « éloigné de l’emploi » sur cinq critères : une faible qualification (bac ou moins), un âge supérieur à cinquante ans, être handicapé, être inscrit à Pôle emploi depuis six mois au moins, et enfin bénéficier des minima sociaux.

« On cherche à offrir à nos clients, entreprises et salariés, le panel le plus large possible de formes d’emploi et d’accompagnement en formation. La cible, ce sont ceux qui subissent l’intérim et dont les missions ne se transforment pas en CDI avec l’entreprise cliente. La loi avenir nous permet de leur offrir un vrai CDI et de les fidéliser », explique Roland Gomez, le directeur général de Proman, qui a créé une filiale, Flexeo, destinée à expérimenter cette nouvelle forme d’emploi.

Souplesse aux entreprises

Depuis le premier contrat testé fin 2019, une centaine ont été signés dans la logistique, l’agroalimentaire et dans la construction, avec des intérimaires peu ou pas qualifiés, plutôt des jeunes et des seniors. « Ils voulaient leur CDI, ils l’ont eu », se félicite M. Gomez, qui s’est fixé l’objectif de six cents contrats en 2020.

Comme le CDI intérimaire (CDII), le CDI aux fins d’employabilité exige de l’employeur des actions de formation qualifiantes et garantit le revenu de l’intérimaire même s’il ne travaille plus, sur la base horaire du dernier revenu. Mais ce contrat apporte surtout beaucoup de souplesse aux entreprises. « C’est une véritable offre différenciante, estime M. Gomez. Contrairement au CDII qui cantonne les missions à trente-six mois dans une même entreprise, avec ce nouveau CDI la durée est illimitée. Les salariés sont amenés à partir sur de longues missions. Et l’entreprise n’a plus à justifier ses besoins par un accroissement d’activité ou un remplacement, par exemple. Dans les prochains mois, ça nous aidera un peu, mais [cela aidera] surtout les collaborateurs qui se sont retrouvés sur le carreau ».

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