« L’or brille à nouveau de mille feux aux yeux des spéculateurs »

A l’heure du nouveau coronavirus, le métal précieux retrouve tout son lustre, tutoyant des seuils historiques. D’aucuns l’imaginent déjà passer le cap des 1 800 dollars l’once, observe Laurence Girard, journaliste au « Monde ».

Publié le 27 juin 2020 à 09h36 Temps de Lecture 2 min.

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Des lingots d’or à Singapour, en juin 2017.

Matières premières. Dans les champs, les épis de blé prennent une belle teinte dorée. L’heure de la moisson approche. La récolte, précoce, sera-t-elle fructueuse ? Il est encore trop tôt pour le dire, même si 2020 ne devrait pas, a priori, s’inscrire dans les annales céréalières en cochant les colonnes « catastrophe » ou « record historique ». Surfaces en baisse, rendement moyen, voire médiocre, mais prix corrects sous-tendent le scénario du film agricole en cours de tournage. Dans une première bande-annonce, diffusée jeudi 25 juin, Bruxelles a estimé la production française de blé tendre à 30,3 millions de tonnes, en recul de 20 % par rapport à celle, pléthorique, de 2019.

En attendant, il est une autre façon de se faire du blé, sonnant et trébuchant. En accumulant lingots, souverains ou autres napoléons. L’or brille à nouveau de mille feux aux yeux des spéculateurs. Au point de s’enflammer en Bourse et de tutoyer des seuils historiques. Certains l’imaginent déjà passer le cap des 1 800 dollars (1 600 euros) l’once après avoir frôlé cette barre en cours de séance, mercredi 24 juin, avant de se replier. Un niveau qu’il n’avait pas atteint depuis sept ans.

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Imaginez. Début 2019, les thésauriseurs du métal précieux s’impatientaient. Le cours de leur valeur fétiche ressemblait à un encéphalogramme plat. Elle se négociait autour de 1 250 dollars l’once. Soudain, il y a un an, alors que le soleil dardait ses premiers rayons estivaux, l’or est sorti de sa torpeur. Depuis, le souffle de la spéculation échauffe son cours boursier.

Marchés volatils

Les rodomontades du président des Etats-Unis, Donald Trump, et les multiples tensions géopolitiques agitant la planète n’expliquent pas seules le retour en grâce de cette matière première, immanquablement qualifiée de « valeur refuge ». La baisse des taux d’intérêt et les emplettes de métal précieux des banques centrales soucieuses d’accroître leur réserve contribuent également à lui redonner tout son lustre.

Surtout, la pandémie a soufflé sur les braises et fait bouillonner le métal précieux. D’ailleurs, l’apparition de nouveaux foyers de contamination ces derniers jours – qui laisse poindre le risque d’un regain de Covid-19 dans les pays déconfinés – a alimenté sa récente progression. L’injection massive d’argent par les banques centrales et les gouvernements du monde entier pour soutenir le système économique mis à mal par la crise sanitaire regonfle les valeurs boursières et profite à l’or. Les investisseurs répartissent ainsi les risques et comptent bien que cet argent qui coule à flots ruisselle dans leurs poches.

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