Déconfinement : « Les fleurs, n’en jetez plus ! »

Après le coup de massue du nouveau coronavirus, les horticulteurs français comptent sur la Fête des mères, dimanche 7 juin, pour se refaire une santé.

Publié le 06 juin 2020 à 09h32 Temps de Lecture 2 min.

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Chez une fleuriste, à Paris, le 17 avril, au 32e jour du confinement décrété par les autorités pour enrayer la propagation du nouveau coronavirus.

Matières premières. Blanc, jaune pâle, rose clair, rouge ou pourpre, le nuancier de la pivoine libère ses touches de couleurs dans les jardins printaniers. Mais aussi sur l’étal des fleuristes. La pivoine n’a pas à rougir de la concurrence. D’autant que, cette année, même si la rose garde tout son piquant, la fleur boule a un autre atout caché sous sa double rangée de pétales, le label Fleurs de France.

Les horticulteurs français retiennent leur souffle. Dimanche 7 juin, la Fête des mères va-t-elle leur apporter le ballon d’oxygène dont ils ont tant besoin ? Après le coup de massue du nouveau coronavirus écrasant leurs espoirs en germe du printemps, ils comptent sur ce rendez-vous pour se refaire une santé. Habituellement, les Français déboursent près de 60 millions d’euros pour ce jour de juin. A comparer aux 20 millions à 25 millions d’euros dépensés pour s’offrir muguet ou rose de la Saint-Valentin.

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Or, cette année, le 1er mai s’est transformé en fête du télétravail, confinement oblige. Et les producteurs de plantes à clochettes ont sonné le tocsin. « Nous avons laissé 2 millions de brins de muguet dans les champs, soit la moitié de notre production », se désole Nicolas Bigot, qui se remémore la triste succession des événements. « Quand le confinement a été décrété, mi-mars, la grande distribution, dont les magasins étaient maintenus ouverts, a brusquement annulé ses commandes. Nous sommes restés avec les fleurs sur les bras. Nous avons jeté immédiatement 100 000 tulipes à la poubelle. D’abord, on n’y croit pas. On est sidéré. Finalement, on a jeté 3 millions de tulipes et 10 millions de roses », raconte M. Bigot, dont l’entreprise est installée à Allonnes, dans la Sarthe, mais aussi au Kenya, pour les roses.

Perte de chiffre d’affaires estimée à 200 millions d’euros

Une situation partagée par l’ensemble de la profession, coupée nette dans son élan comme une tige par un sécateur. Patrick Mercier, pépiniériste en Bretagne et président de Val’hor, interprofession de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage, a, lui aussi, jeté aux orties rosiers et rhododendrons. Il évalue, en première estimation, la perte de chiffre d’affaires à 200 millions d’euros pour la filière, pendant la période de confinement.

Avec la réouverture des jardineries, courant avril, et celle des fleuristes, le 11 mai, le mot d’ordre a été lancé : Les fleurs, n’en jetez plus ! « Pendant le confinement, les gens ont ressenti un besoin de nature, ils ont perçu comme un souffle de liberté d’aller dans les jardineries, de s’occuper de leur jardin. Cet élan, on le ressent dans les ventes », explique M. Mercier.

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