« L’Agence internationale de l’énergie marche sur une ligne de crête »

L’organisation s’inquiète de la baisse de 20 % des investissements dans l’énergie attendue cette année en raison de la crise liée au coronavirus. Fondée par les Etats-Unis en 1974, en plein choc pétrolier, l’Agence doit ménager l’industrie du pétrole et encourager à la fois les énergies renouvelables. Un exercie d’équilibriste, nous explique Jean-Michel Bezat.

Publié le 29 mai 2020 à 11h11 Temps de Lecture 1 min.

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Pertes & profits. L’épidémie de Covid-19 crée partout des situations historiques. Et la chute de 20 % des investissements dans l’énergie attendue en 2020 par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) – au lieu des + 2 % prévus sur la base des annonces des entreprises et des Etats – est bel et bien « historique », souligne son directeur exécutif, Fatih Birol. Quelque 360 milliards d’euros de moins qu’en 2019 !

Tous les secteurs seront touchés, le pétrole et le gaz comme l’éolien, le solaire et les réseaux électriques, avec « le plus gros impact » sur les huiles de schiste américaines (– 50 %).

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Dans un rapport publié mercredi 27 mai, l’AIE s’inquiète de cette baisse, y compris dans les énergies fossiles. Rien que de très normal pour une institution dont la première mission, depuis sa création en 1974 à l’initiative des Etats-Unis frappés par l’embargo pétrolier des pays arabes, reste de veiller à la sécurité d’approvisionnement des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

« Transition ordonnée »

On comprend qu’elle plaide pour une « transition ordonnée » vers un mix énergétique plus « vert » afin de ne pas déstabiliser les pays producteurs d’hydrocarbures, ni créer des pénuries chez les consommateurs occidentaux. Et tout en respectant l’accord de Paris sur le climat, qui implique une réduction accélérée des énergies fossiles.

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L’agence s’inquiète donc aussi du recul de 11 % (à 504 milliards d’euros) des capitaux investis dans les technologies « propres » : renouvelables, nucléaire, capture-stockage du CO2, batteries, efficacité énergétique… Cela pousse les pays pauvres ou émergents, surendettés pour cause de pandémie, à brûler plus de charbon et à recourir à des technologies obsolètes. Même avant la crise sanitaire, les 1 800 milliards d’investissements prévus dans l’énergie n’étaient pas suffisants pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris. Pas plus que pour sortir 1 milliard d’êtres humains de la précarité énergétique, rappelle l’AIE, jeudi, dans un rapport réalisé avec l’Agence des énergies renouvelables, la Banque mondiale et l’Organisation mondiale de la santé.

Sous le regard de Washington, l’Agence internationale de l’énergie marche sur une ligne de crête pour ménager des intérêts contradictoires : promouvoir les renouvelables et l’efficacité énergétique au nom du développement durable et, en même temps, défendre les investissements pétroliers pour éviter une pénurie d’or noir. Avec succès ?

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