« Air France-KLM n’a pas eu d’autre choix que d’obtempérer et de mener une transformation accélérée »

Des liaisons aériennes importantes comme les Paris-Orly en direction de Lyon, Bordeaux ou Nantes, des métropoles régionales à moins de deux heures trente de TGV de la capitale, vont être supprimées au profit des offres de la SNCF, détaille le journaliste économique Jean-Michel Bezat.

Publié le 28 mai 2020 à 10h39 - Mis à jour le 28 mai 2020 à 13h01 Temps de Lecture 2 min.

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A Orly, en août 2019

Donnant-donnant : l’Etat vous aidera financièrement à vous sortir de la crise due au Covid-19, à condition que vous vous engagiez plus hardiment dans la guerre contre les émissions de CO2. Ce marché, la filière automobile aura du mal à le respecter en échange des 8 milliards d’euros d’aides annoncés par le gouvernement − ne serait-ce qu’en raison des 350 000 véhicules à moteur thermique qui en bénéficieront aussi pour désengorger les concessionnaires.

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Air France-KLM, qui recevra 7 milliards de prêt de Paris (et de 2 à 4 milliards de La Haye) pour redécoller, n’a pas eu d’autre choix que d’obtempérer et de mener une « transformation accélérée », selon les mots de son directeur général, mercredi 27 mai, devant l’assemblée générale des actionnaires du groupe franco-néerlandais. En France, « la capacité va être réduite de 40 % sur la période d’ici à 2021, avec la fermeture de destinations lorsqu’il y a une alternative ferroviaire à moins de 2 h 30 et lorsque ce service n’alimente pas le hub de Roissy-Charles-de-Gaulle », a expliqué Benjamin Smith.

Des lignes importantes vont en souffrir, comme les Paris-Orly en direction de Lyon, Bordeaux ou Nantes, des métropoles régionales à moins de 2 h 30 de TGV de la capitale, au profit des offres de la SNCF. La compagnie avait déjà prévu de revoir ses dessertes intérieures, où elle a perdu 200 millions en 2019, y compris avec sa filiale Hop ! de liaisons interrégionales. Elle s’est aussi engagée à réduire de moitié ses émissions de carbone d’ici à 2024 grâce, selon elle, à une soixantaine d’A 220 moins gourmands en kérosène ainsi qu’aux biocarburants.

Un impact « insignifiant » ?

M. Smith présentera sa feuille de route à l’été, et tout le monde est déjà sur le pied de guerre. D’abord les syndicats, dont certains reprennent l’argument utilisé chez Renault : l’Etat ne peut pas voler au secours d’Air France et accepter des suppressions d’emplois. A l’image de Vincent Salles (CGT), qui juge « scandaleux que l’argent du contribuable serve à faire grossir les chiffres du chômage ». Certains redoutent de 6 000 à 10 000 suppressions d’emplois chez Air France. Les aides ne doivent pas être seulement conditionnées à des engagements environnementaux, assurent-ils, mais également sociaux.

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Les grands élus et les patrons aussi, surtout à Bordeaux. Ils redoutent une perte d’attractivité de l’ouest de l’agglomération, où l’aéroport de Mérignac a attiré de grands groupes comme Dassault Aviation ou Thales, et de nombreuses ETI et PME sur son Aeroparc, un pôle de développement très difficile d’accès depuis la gare SNCF de Bordeaux Saint-Jean. Les écologistes, enfin. Réseau Action Climat a calculé que la suppression des trois liaisons avec Paris-Orly aurait un impact « insignifiant » sur les émissions de CO2. Il réclame la suppression pure et simple de tous les vols court-courriers, et leur remplacement par le train, jugé « plus propre ». Même s’il roule grâce à une électricité d’origine nucléaire honnie des écologistes…

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