« On est les oubliés » : les « permittents » de la restauration dans l’événementiel réclament des aides

Sans contrat depuis plus de deux mois, maîtres d’hôtel et cuisiniers alertent sur la situation des travailleurs de leur secteur, durement touchés par les mesures prises contre l’épidémie de Covid-19.

Par Publié le 19 mai 2020 à 16h10 - Mis à jour le 20 mai 2020 à 09h48

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Maîtres d’hôtel et cuisiniers de la restauration dans l’événementiel ont étalé vestes et chemises blanches pour alerter sur la situation de leur secteur, touché de plein fouet par les mesures contre l’épidémie de Covid-19, mardi 19 mai, à Paris.

Drôle de ballet aux aurores, mardi 19 mai, place du Trocadéro, à Paris. En costumes noirs et nœuds papillon, maîtres d’hôtel et cuisiniers de la restauration événementielle ont étalé 400 chemises et vestes blanches au sol pour alerter sur leur situation. Un « happening » inspiré d’une action de cuisiniers sur la Grand-Place de Bruxelles, le 7 mai.

D’habitude, en cette période, ils cuisinent, servent, orchestrent cocktails, réceptions, cérémonies, salons… autant d’événements qui ont été annulés en série depuis la mi-février, date des premières mesures interdisant les rassemblements pour lutter contre l’épidémie de Covid-19. « Notre business, c’est la réunion d’êtres humains, souligne François Choux, responsable maître d’hôtel. Notre secteur sera le dernier à repartir. »

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En attendant, ces hommes et ces femmes exclusivement employés en CDD d’usage – ce qu’on appelle des « extras » ou « permittents » qui alternent contrats courts et période d’inactivité – n’ont plus de travail. Or, les périodes fastes comme le printemps leur permettent d’habitude de recharger leurs droits au chômage, dont ils touchent les allocations pendant les périodes creuses. Un genre d’intermittence qui ne dit plus son nom, depuis 2014 et la perte de leur régime spécifique d’assurance-chômage plus favorable que le régime général auquel ils sont soumis depuis.

« On n’a plus l’assurance de travailler à court terme »

Ces deux derniers mois, non seulement ces travailleurs n’ont pas fait les contrats habituels, mais ils ont utilisé leurs droits d’indemnisation chômage. Flore, 46 ans, maître d’hôtel, élève seule deux enfants. « Je suis habituée à budgéter, lors des grosses rentrées, mes mois de disette. D’ordinaire, ça ne m’inquiète pas. Mais là, c’est différent. On n’a plus l’assurance de travailler à court terme. Donc je prospecte, j’envoie des CV pour trouver du travail dans d’autres secteurs. J’ai mes enfants, mon loyer. Je ne peux pas me permettre d’attendre de voir ce qu’il va se passer. » A ses côtés Virginie, 46 ans. Alors qu’en cette période, elle gagne d’ordinaire 3 000 euros par mois minimum (en travaillant plus de 60 heures par semaine), elle ne touche que 800 euros d’allocation-chômage.

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« Jusqu’ici, aucune aide exceptionnelle n’a été prévue pour nous. On est les oubliés ! On ne va pas pouvoir s’en sortir dans les prochains mois comme ça », s’inquiète M. Choux. Ils demandent le gel « du décompte de leurs jours de Pôle emploi » jusqu’en 2021, comme ce qu’ont obtenu récemment les intermittents du spectacle.

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