Coronavirus : comment les assureurs ont manqué de solidarité

Même s’il contribue à plusieurs fonds de soutien, le secteur de l’assurance fait l’objet de critiques répétées soulignant sa mauvaise volonté à soutenir les entreprises frappées par les conséquences de la pandémie.

Par Publié le 14 mai 2020 à 10h07 - Mis à jour le 14 mai 2020 à 15h08

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Un restaurant fermé au Havre (Seine Maritime), le 11 mai.

Comme tous les patrons de bars, cafés et restaurants, Stéphane Manigold, président d’un groupe de quatre établissements gastronomiques, dont La Maison Rostang, à Paris, a dû précipitamment baisser le rideau à partir du samedi 14 mars à minuit, sur décision du premier ministre, Edouard Philippe. Il s’est alors tourné vers son assureur, Axa, pour que la compagnie l’indemnise, arguant que son contrat prévoyait « une extension pour les pertes d’exploitation en cas de fermeture administrative imposée par les services de police ou d’hygiène ou de sécurité ». Refus de l’assureur. L’affaire attend désormais d’être tranchée par le tribunal.

Son cas n’a rien d’exceptionnel. « Dans les jours qui ont suivi le confinement, nos adhérents sont allés voir leur assureur et se sont heurtés à une fin de non-recevoir, sans que les compagnies prennent le temps de regarder les dossiers et d’appeler un expert », raconte Alain Grégoire, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) pour la région Auvergne-Rhônes-Alpes.

Mutualisation impossible

Alors que la grogne monte, les assureurs s’emploient à expliquer que le risque « pandémie » n’est pas assurable, car il touche tout le monde en même temps, rendant la mutualisation impossible. Le 23 mars, la Fédération française de l’assurance (FFA) annonce vouloir travailler à un nouveau régime qui pourra intervenir « en cas d’une future catastrophe sanitaire majeure ».

« Pour nous, ça a été le déclic. Créer un régime pandémie pour l’avenir, ça voulait dire pour aujourd’hui, circulez, il n’y a rien à voir ! », réagit Alain Grégoire. Le puissant lobby s’active, se tourne vers les députés et sénateurs. Les courriers qui leur sont adressés demandent que la garantie « perte d’exploitation » soit respectée par les assureurs, « seule clause de sauvegarde permettant d’atténuer la perte drastique de trésorerie » et « d’éviter de voir (…) des dizaines de milliers de salariés sans emploi ». Selon l’UMIH, 85 % des parlementaires répondent « on est avec vous ».

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Dans la foulée, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, appelle les assureurs à participer à l’effort de solidarité nationale. Le 13 avril, c’est au tour d’Emmanuel Macron d’avoir quelques mots, peu amènes, à leur attention. « Les assurances doivent être au rendez-vous de cette mobilisation économique. J’y serai attentif », tance le chef de l’Etat. « C’est le signe que notre lobby, très actif depuis la fin mars auprès du secrétariat d’Etat au tourisme et du ministère de l’économie, est arrivé à l’Elysée », se félicite Alain Grégoire.

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