Vincent Solignac - gérant de Les Sardignac - bar à vins, dans le 9ème arrondissement de Paris, le 15 avril 2020. Vincent revint souvent au bar pour aérer et pour s'occuper des stock, suite à la fermeture des bars et restaurants par le gouvernement.
RAFAEL YAGHOBZADEH POUR "LE MONDE"

« Ce qui me fait le plus peur, c’est l’après-confinement » : les commerçants français face à la crise

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Publié le 18 avril 2020 à 08h00 - Mis à jour le 21 avril 2020 à 13h13

Cela fait plus d’un mois maintenant que 250 000 hôtels, cafés, restaurants, et 136 000 commerces de détail non alimentaires ont baissé le rideau en France, à la suite du confinement de la population. Entre les démarches administratives pour obtenir des aides ou placer leurs salariés au chômage partiel, la gestion des fournisseurs, les relations avec les banques ou les propriétaires des murs de leurs boutiques, les commerçants racontent un quotidien empreint d’inquiétude pour l’avenir.

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  • « Je ne sais pas comment je vais redémarrer »

Gilberto d’Annunzio, restaurateur à Lille

La Bottega, In Bocca al Lupo, L’Ultimo, Via Ristorante, Il Bastione ou encore Prima Fila, le petit dernier ouvert à l’été 2019. Gilberto d’Annunzio est à la tête de plusieurs restaurants à Lille et Valenciennes. Aujourd’hui tous fermés depuis le confinement. Ce fils de paysan italien parti de rien est avec sa sœur à la tête d’une belle affaire, un « sympathique monstre », qu’il ne souhaite pas que ces trois enfants reprennent. Surtout avec la crise actuelle.

Gilberto d’Annunzio pose devant son restaurant-épicerie La Bottega, à Lille, mercredi 15 avril.

Alors que les rayons de pâtes sont pris d’assaut dans les grandes surfaces, M. d’Annunzio tente de rassurer au téléphone ses fournisseurs italiens, des petits artisans, qui travaillent habituellement avec les restaurateurs. « L’artisanat est particulièrement touché tandis que Barilla n’a jamais autant produit ! »

Il poursuit l’activité de son épicerie fine italienne en livrant ses clients avec toutes les précautions d’usage. Ses 140 salariés sont, eux, au chômage partiel. Les salaires de mars ont été payés par la trésorerie qui devrait permettre de tenir trois ou quatre mois. Les loyers d’avril ont été suspendus. Et le restaurateur a sollicité un prêt de 25 000 euros à 0,25 % garanti par l’Etat. « Tout ça peut tenir quelques mois si l’Etat tient ses promesses, mais je ne sais pas comment je vais redémarrer. »

Le restaurateur lillois a toujours mené le combat des petits producteurs face aux grands groupes. Il aimerait que le confinement soit l’occasion de réfléchir : « On produit nos pâtes fraîches avec des produits bio, raisonnés, qui coûtent plus cher à faire soi-même qu’en passant par l’agroalimentaire. Pendant ce temps-là, les écoles de commerce apprennent aux jeunes comment acheter des tomates moins chères en Chine. » Usé par la gestion d’un quotidien parfois absurde autour des normes de production européennes alimentaires, de la gestion des terrasses, ou des poubelles, Gilberto d’Annunzio espère que ce virus permettra de « simplifier le bordel » et de revenir à des fonctionnements plus simples. Plus justes. Plus humains.

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