Face au coronavirus, l’Union européenne cherche solidarité désespérément

« Coronabonds » ou recours au Mécanisme européen de stabilité ? Les Vingt-Sept ne savent toujours pas quelle réponse apporter ensemble à la crise liée au coronavirus.

Par Publié le 03 avril 2020 à 09h41 - Mis à jour le 03 avril 2020 à 18h29

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La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen en conférence de presse à Bruxelles, le 2 avril.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen en conférence de presse à Bruxelles, le 2 avril. FRANCOIS LENOIR / REUTERS

Tous solidaires ! Après le conseil des chefs d’Etat et de gouvernement européens, jeudi 26 mars, et les divisions entre les pays du Nord et du Sud qui s’y sont exprimées, comme aux pires jours de la crise de la zone euro, les Vingt-Sept tentent désormais de se montrer plus constructifs. Et de mettre en sourdine leurs divisions, alors que la crise liée au coronavirus a mis l’économie du continent à l’arrêt et fait plusieurs milliers de morts.

« Ils ne se rendaient pas compte que nous ne pouvions vaincre cette pandémie qu’ensemble, en tant qu’Union. Cela a été préjudiciable et aurait pu être évité » : dans une tribune publiée jeudi 2 avril par le quotidien italien La Repubblica, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a regretté les égoïsmes des débuts. « Aujourd’hui, l’Europe est aux côtés de l’Italie », a-t-elle ajouté. La réunion des ministres des finances de la zone euro, qui doit être consacrée, mardi 7 avril, aux mesures à prendre pour aider les Etats membres à faire face aux ravages économiques de l’épidémie, sera, à cet égard, un premier test.

Un don néerlandais

Pour l’heure, les directions du Trésor s’agitent, à Paris et à Berlin, à Rome et à La Haye, pour tenter de trouver une solution susceptible de satisfaire tout le monde. Et d’incarner cette solidarité financière que réclament l’Italie, l’Espagne, ou le Portugal, sans provoquer une fin de non-recevoir de la part de l’Allemagne, des Pays-Bas, de l’Autriche et de la Finlande.

La Commission est également à la manœuvre : elle a présenté, jeudi, un dispositif destiné à aider les Etats membres à financer la mise au chômage partiel de milliers de salariés, que les entreprises pourront ainsi réintégrer quand elles reprendront du service. Pour ce faire, elle pourrait emprunter 100 milliards d’euros, qu’elle prêterait ensuite à de bonnes conditions aux Etats membres, et plus particulièrement à ceux qui doivent payer plus cher qu’elle pour se financer sur les marchés.

Lire la tribune : « Coronabonds » : « Il serait temps, à Paris, de faire un peu de droit et un peu moins de politique »

« C’est la solidarité européenne en action », a commenté Mme von der Leyen. Sous entendu : il n’y a pas que les « coronabonds », que Giuseppe Conte, le premier ministre italien, appelle de ses vœux pour mutualiser l’effort financier que cette crise nécessite. Berlin et La Haye ne veulent, en effet, pas entendre parler de l’émission d’obligations par les pays européens ou de la zone euro, qui seraient ensuite destinées à financer les dépenses causées par la pandémie. Et prendre le risque, in fine, de payer pour les pays du Sud.

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