Coronavirus : « les pêcheurs rentrent dans leur coquille »

Depuis l’annonce des mesures de confinement, le 17 mars, le marché des produits de la mer a coulé à pic, explique Laurence Girard, journaliste au « Monde »

Publié le 28 mars 2020 à 10h00 Temps de Lecture 2 min.

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Des coquilles Saint-Jacques, au port de Grandcamp-Maisy (Calvados), en octobre 2018.
Des coquilles Saint-Jacques, au port de Grandcamp-Maisy (Calvados), en octobre 2018. JOEL SAGET / AFP

Matières premières. La saison de la coquille Saint-Jacques s’est terminée en queue de poisson. Depuis l’annonce des mesures de confinement liées à la pandémie due au coronavirus, le 17 mars, le marché des produits de la mer a coulé à pic. Fini les bancs d’écailler des brasseries et les pêches du jour de turbot, lotte ou sole au menu des restaurants. Tous les établissements ont baissé le rideau. Fermer le ban. Nouvelle déconvenue avec l’interdiction, édictée mardi 24 mars, sur tout le territoire national, des marchés forains avec leurs étals de poissonnerie.

Restent les supermarchés. Mais dans leurs achats paniques, les Français ont choisi de remplir leurs paniers de pâtes et de papier toilette. Pas de place pour le poisson. Sauf sous sa forme confinée, en conserve ou surgelée. Une véritable douche froide pour les pêcheurs. En Normandie, les bateaux ramenant les coquilles Saint-Jacques ont donc cessé leur activité avec un temps d’avance. De la baie de Granville dans la Manche à d’autres ports côtiers normands, le mot d’ordre est lancé : pliez les gaules. Même si, officiellement, les filons au large auraient pu encore être exploités jusqu’à la mi-mai, les pêcheurs rentrent dans leur coquille.

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Toutefois, comme le souligne Arnauld Manner, directeur de Normandie Fraîcheur Mer, « cela a été une très bonne année pour la saint-jacques, sans atteindre les volumes historiques de 2019, à 30 000 ou 40 000 tonnes, on devrait se situer plutôt autour des 20 000 à 25 000 tonnes ». Des chiffres qu’il faudra affiner à l’heure du bilan. Autre motif de satisfaction, « les prix ont été soutenus à plus de 3 euros le kilo jusqu’aux fêtes de fin d’année », ajoute M. Manner, même si, depuis le début de 2020, ils avaient tendance à glisser, en perdant 50 centimes du kilo.

Des discussions engagées avec les enseignes de distribution

Cette semaine, où l’essentiel de la flottille normande est à quai, quelques bulotiers sont partis au turbin. Et pour cause. La saison du bulot commence. Surtout, le coquillage est livré à la grande distribution, cuit aux petits oignons. De quoi le garder de nombreux jours en rayon ou dans le réfrigérateur du client. Le bulot est un dur à cuire. Seule inquiétude, le prix. Il a baissé de plus d’un tiers en une semaine. Au risque de descendre au-dessous de la ligne de flottaison de la rentabilité, et donc de décourager les pêcheurs.

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Depuis quelques jours, alors que les associations professionnelles des pêches françaises tirent la sonnette d’alarme, les discussions sont engagées avec les enseignes de distribution. L’enjeu : remettre coquillages et poissons frais – sardines, merlans, juliennes ou maquereaux – en rayon. Et inciter les Français à varier leurs menus de confinement.

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