Coronavirus : les trois semaines qui ont chamboulé l’orthodoxie économique européenne

Un sommet a lieu jeudi 26 mars pour faire avancer la réforme de la zone euro, dont la solidité est mise à mal par la pandémie.

Par , , et Publié le 26 mars 2020 à 02h10 - Mis à jour le 27 mars 2020 à 16h16

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De gauche à droite : la présidente de la BCE, Christine Lagarde , le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande, Angela Merkel, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors d’un sommet de l’Union européenne à Bruxelles, le 13 décembre 2019.
De gauche à droite : la présidente de la BCE, Christine Lagarde , le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande, Angela Merkel, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors d’un sommet de l’Union européenne à Bruxelles, le 13 décembre 2019. POOL New / REUTERS

Jeudi 26 mars, les Vingt-Sept doivent se réunir en visioconférence pour la troisième fois en moins de trois semaines. Au programme des discussions, la crise due au coronavirus, alors que l’Europe entière – à l’exception de la Suède – est confinée, que des centaines de malades meurent tous les jours et que l’économie continentale est en voie de paralysie.

Si l’urgence est bien sûr sanitaire, ils se retrouvent alors que les tabous économiques européens tombent les uns après les autres. En quelques semaines, le pacte de stabilité et de croissance, qui régit la sacro-sainte discipline budgétaire des pays de la zone euro, a été suspendu ; l’Allemagne a présenté le plus gros budget de relance de son histoire et renoncé à l’équilibre budgétaire pourtant inscrit dans le marbre ; la Commission européenne a mis des dizaines de milliards sur la table ; la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé l’injection de 1 000 milliards d’euros. Et les grandes réformes de la zone euro, qui n’ont jamais été achevées après la crise de 2012, sont de nouveau sur la table.

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La dernière fois que les chefs d’Etat et de gouvernement européens se sont vus en chair et en os, c’était les 20 et 21 février, à Bruxelles. Du coronavirus, dont les tout premiers cas avaient été repérés en Europe fin janvier, il n’avait alors pas été question. Les Vingt-Sept étaient réunis pour parler du budget européen affecté à la période 2021-2027, lequel représente peu ou prou 1 % de leur richesse nationale. Ils s’étaient consciencieusement écharpés sur les décimales qui suivent la virgule. Le président du Conseil européen, Charles Michel, que le premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel, avait présenté au début du sommet comme « le frère jumeau de David Copperfield », n’avait pas fait de miracle.

« Zones rouges »

Deux jours plus tard, le 23 février, les premières « zones rouges » étaient instituées en Italie, où l’on croyait encore l’épidémie confinée à deux foyers, en Lombardie et en Vénétie. « Milano non si ferma » (« Milan ne doit pas s’arrêter »), décrétait début mars Beppe Sala, le maire de la métropole lombarde, qui regrettera amèrement ses propos par la suite.

A vrai dire, personne, en cette fin février, ni à Bruxelles, ni à Milan, ni même à Rome, n’imaginait l’ampleur de la crise qui allait déferler sur l’Europe et encore moins qu’elle emporterait avec elle le pacte de stabilité et de croissance. Lundi 23 mars, les ministres des finances des Vingt-Sept ont entériné sa suspension sine die, sans même en discuter.

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