Coronavirus : le système financier a su tirer les leçons de la crise de 2008

Les règles mises en place il y a douze ans aident les banques européennes à encaisser le choc économique provoqué par le coronavirus.

Par Publié le 26 mars 2020 à 09h24 - Mis à jour le 27 mars 2020 à 09h51

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Le siège de la Banque centrale européenne (BCE), à Francfort-sur-le-Main (Allemagne), le 24 mars.

L’annonce est passée inaperçue aux yeux du grand public. Le 12 mars, la Banque centrale européenne (BCE), chargée de surveiller les près de 120 principaux établissements bancaires de la zone euro, a pourtant pris une mesure capitale, à même de prévenir une nouvelle crise financière. Face au choc économique provoqué par la pandémie due au coronavirus, l’institution a modifié en urgence la règle d’or sur laquelle repose la sécurité du système bancaire, en assouplissant les exigences de fonds propres (une couche importante de capitaux et des coussins de sécurité) imposées aux banques.

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L’union bancaire, construite par les pays européens en réponse à la crise de 2008, a permis cette prise de décision collective et rapide. « S’il n’y avait pas eu l’union bancaire, aucun pays n’aurait voulu prendre le premier une telle mesure pour ses banques, de peur d’apparaître comme le maillon faible, analyse Nicolas Véron, économiste au centre de réflexion européen Bruegel et au Peterson Institute. Nous aurions rencontré beaucoup de difficultés à mettre en place une action collective, ce qui aurait généré de l’instabilité financière. Il s’agit d’une leçon extraordinaire, qui plaide en faveur des institutions et des règles prudentielles mises en place après la crise. »

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C’est en effet l’ensemble de la réglementation bancaire, patiemment échafaudée depuis 2009 par les autorités de surveillance de 27 pays, au sein du Comité de Bâle, qui permet aujourd’hui aux banques de résister aux conséquences de la crise sanitaire. Depuis dix ans, à la demande des superviseurs, les BPCE, Crédit mutuel, Crédit agricole, Société générale ou BNP Paribas mettent de côté, chaque année, une part importante de leurs bénéfices en réserve, pour accumuler des fonds propres et ainsi se préparer à la prochaine tempête. Le temps est venu de les utiliser.

Report des échéances de prêt

Avec la mise à l’arrêt de toute une partie de l’économie européenne, de très nombreuses entreprises ne pourront pas rembourser leurs crédits. Les banques françaises, pour leur part, ont déjà proposé de reporter jusqu’à six mois, sans pénalités, les échéances de ces prêts. Les établissements bancaires vont devoir constituer de lourdes provisions pour faire face aux pertes en cas de défaut, ce qui va consommer une partie de leur capital.

Pour avoir une première idée du choc, Allianz GI, la filiale de gestion d’actifs de l’assureur allemand, a simulé un test de résistance en appliquant aux banques européennes un choc équivalent à celui de la crise de 2008. « Il se traduirait par une baisse de l’ordre de 2 à 3 points du ratio de solvabilité des établissements, qui s’établirait, en moyenne, en Europe, autour de 11 % », indique Simon Outin, analyste crédit chez Allianz GI.

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