La transition énergétique mise à mal par le coronavirus

Pour la première fois depuis les années 1980, le développement du solaire et de l’éolien terrestre pourrait reculer en 2020.

Par Publié le 25 mars 2020 à 10h50 - Mis à jour le 30 mars 2020 à 17h51

Temps de Lecture 3 min.

Article réservé aux abonnés

La centrale solaire flottante O’Mega1, à Piolenc (Vaucluse), en septembre 2019.
La centrale solaire flottante O’Mega1, à Piolenc (Vaucluse), en septembre 2019. GERARD JULIEN / AFP

Le développement des énergies renouvelables dans le monde était déjà insuffisant pour faire face aux enjeux du changement climatique. La pandémie due au coronavirus vient compliquer plus encore la situation. Le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, a sonné l’alerte dès le début de la crise sanitaire. « Alors que les gouvernements répondent aux différentes crises en cours, ils ne doivent pas perdre de vue l’un des défis majeurs de notre temps : la transition vers des énergies propres », a-t-il expliqué dans une tribune publiée sur LinkedIn mi-mars.

« Le coronavirus est une crise internationale sans précédent (…), mais, même si ses effets seront sévères, ils seront probablement temporaires. La menace posée par le changement climatique, qui nous impose de réduire de manière significative nos émissions de gaz à effet de serre dès cette décennie, va, elle, rester intacte », ajoute M. Birol.

Or une grande partie de la lutte contre le changement climatique repose sur deux leviers : la baisse de la consommation et le développement d’énergies qui n’émettent pas de CO2 dans l’atmosphère. Au premier rang de ces dernières : l’éolien, le solaire et les batteries, dont les coûts ont diminué très fortement ces dernières années.

Forte baisse de la consommation d’énergie

Le ralentissement de l’économie mondiale entraîne déjà une forte baisse de la consommation d’énergie, qui va temporairement réduire les émissions de CO2. Mais elle devrait s’accompagner également de la baisse du développement des énergies renouvelables.

Selon une première comptabilité réalisée dès la mi-mars par Bloomberg New Energy and Finance (BNEF), les nouvelles installations de panneaux solaires devraient reculer en 2020, pour la première fois depuis les années 1980. Les analystes de BNEF prévoyaient pour cette année des nouvelles capacités situées entre 121 et 152 gigawatts, elles devraient être autour de 108 à 143 gigawatts.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Coronavirus : le secteur parapétrolier face à une crise existentielle

Une grande majorité des panneaux photovoltaïques sont fabriqués en Chine et en Asie du Sud-Est, où l’activité a été ralentie fortement ces derniers mois à cause de la pandémie et des mesures de confinement. Désormais, la situation s’améliore en Chine, mais la crise économique touche désormais l’Europe et les Etats-Unis. Or ces derniers sont parmi les marchés les plus dynamiques en termes d’installations de parcs solaires. « Les usines chinoises redémarrent, la pression sur l’offre de composants et équipements-clés devrait donc s’alléger, estiment Jenny Chase et Tom Harries, de BNEF. [Mais] nous sommes plus préoccupés par la demande. » Selon le cabinet spécialisé Rystad, les pays les plus touchés par ce ralentissement pourraient être l’Australie, le Brésil, le Mexique et l’Afrique du Sud, qui avaient tous d’ambitieux objectifs d’installation de panneaux solaires.

Lecture du Monde en cours sur un autre appareil.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.