La dette publique stabilisée en 2019, avant le grand plongeon de 2020

Le déficit public a finalement atteint 3 % du PIB l’an dernier, selon l’Insee.

Par Publié le 25 mars 2020 à 17h39 - Mis à jour le 25 mars 2020 à 18h45

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L’Insee a publié, mercredi 25 mars, sa première estimation des comptes nationaux pour 2019.
L’Insee a publié, mercredi 25 mars, sa première estimation des comptes nationaux pour 2019. AURORE MESENGE/AFP

Habituellement scrutés par les spécialistes pour en tirer enseignements et projections à moyen terme, les chiffres semblent aujourd’hui bien dérisoires. Alors que l’épidémie de Covid-19 balaie la France, l’Insee a publié, mercredi 25 mars, sa première estimation des comptes nationaux pour 2019. Avec 2 380,1 milliards d’euros, la dette publique a atteint 98,1 % du produit intérieur brut (PIB) l’an dernier. Cela correspond à une hausse de 65,2 milliards, supérieure à sa progression de 56,3 milliards en 2018. Mais rapporté au PIB, le ratio est stable par rapport à 2018 et inférieur à l’objectif du gouvernement, qui tablait sur 98,8 % pour 2019.

Quant au déficit public, il s’est établi à 3 % du PIB, contre 3,1 % attendus. Les dépenses publiques ont augmenté globalement de 2,6 %, un rythme supérieur à leur progression de 1,3 % en 2018. L’accélération est encore plus notable en excluant la charge d’intérêts de la dette – qui a fortement diminué en 2019 dans un contexte de taux historiquement bas.

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Cette progression des dépenses publiques a notamment été alimentée par l’élargissement et la revalorisation de la prime d’activité annoncés en décembre 2018 dans le cadre des mesures d’urgence décidées après la crise des « gilets jaunes ». Elle a aussi été entretenue par l’entrée en vigueur des revalorisations des traitements des fonctionnaires dans le cadre du protocole sur les parcours professionnels, les carrières et les rémunérations (PPCR), voté lors du quinquennat de François Hollande et dont l’actuel gouvernement avait reporté la mise en place pour des raisons budgétaires. Les dépenses totales ont représenté 55,6 % de la richesse nationale en 2019, une proportion presque stable par rapport à 2018 (55,7 %).

« Sérieux budgétaire »

Le taux de prélèvements obligatoires a, quant à lui, baissé de 0,7 point pour s’établir à 44,1 % du PIB. « Ces résultats confirment le sérieux budgétaire du gouvernement depuis le début du quinquennat et la robustesse (…) de notre économie avant la crise », ont réagi, dans un communiqué, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, et son homologue des comptes publics, Gérald Darmanin. De quoi « disposer d’un peu plus de marge de manœuvre pour financer les mesures d’urgence sans précédent mises en place pour faire face à la crise sanitaire », ont-ils souligné.

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Jusqu’en février, l’exécutif espérait en effet revenir nettement sous les 3 % de déficit en 2020 – le dépassement de 2019 étant dû à la double comptabilisation du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en baisse de cotisations pérenne – et stabiliser la dette publique sous les 100 % du PIB (elle les avait brièvement dépassés à la fin septembre). Mais la crise sanitaire et économique actuelle est venue tout percuter.

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