Après l’épidémie et le confinement, la crainte d’une dépression comparable à la crise de 1929

Gouvernements et banques centrales cherchent à éloigner le risque d’un effondrement en chaîne, alors que l’économie est mise à l’arrêt.

Par et Publié le 25 mars 2020 à 10h14 - Mis à jour le 25 mars 2020 à 20h20

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Des avions de ligne des compagnies Delta Air Lines et Southwest Airlines immobilisés dans un aéroport  à Victorville (Californie), le 24 mars.
Des avions de ligne des compagnies Delta Air Lines et Southwest Airlines immobilisés dans un aéroport  à Victorville (Californie), le 24 mars. DAVID MCNEW / AFP

« Et dans les yeux des affamés, la colère grandit, et poussent dans l’âme du peuple les raisins de la colère… » Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a choisi, mardi 24 mars, de réveiller le fantôme de Tom Joad, héros des Raisins de la colère, le roman emblématique de John Steinbeck publié en 1939, qui traverse la dépression américaine des années 1930. « Ce que nous vivons n’a pas d’autres comparaison que la Grande Dépression de 1929 », a déclaré le ministre, lors d’une conférence de presse. Comparaison effrayante. La crise économique née à la suite du krach boursier du 24 octobre 1929 a provoqué un cataclysme financier sans égal dans le XXe siècle, qui se transmettra à la planète entière et attendra la deuxième guerre mondiale pour disparaître complètement. Avec son cortège de misère, de morts et de troubles sociaux et politiques, dont l’avènement du nazisme.

Bruno Le Maire n’est pas le seul à brandir cette menace. Progressivement, les milieux d’affaires prennent la mesure d’une économie qui s’est mise à l’arrêt d’un coup, comme on souffle une bougie. « Ils ont la trouille de l’embolie générale », confie un conseiller de grands patrons, sous le couvert de l’anonymat. Ces derniers soulignent tous le risque « d’un collapse [« effondrement »] en chaîne », contaminant l’ensemble du tissu économique jusqu’aux plus petites sociétés. « Nous avons tous le sentiment qu’un arrêt brutal et prolongé peut rendre la reprise très complexe et difficile, confirme Jean-Pierre Clamadieu, président du groupe Engie. L’enjeu est de garder la machine en route. » Aussi, beaucoup poussent pour le maintien d’une activité économique en dépit du confinement. Quitte à risquer l’injonction contradictoire. Airbus redémarre sa chaîne de production, et l’Association française des entreprises privées a demandé à ses adhérents de reprendre leur activité, « lorsque les conditions sanitaires sont réunies ».

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Il ne s’agit pas de remettre en cause le confinement, mais de ne pas paralyser totalement l’économie. D’une part, comme le souligne le ministre de l’économie, parce que les activités sont interdépendantes. « Il est impossible de définir une activité autorisée, dit-il. Sitôt publiée, la liste doit être revue. Pour vendre 1 litre de lait, il faut des camions, des routes, du BTP, des garages, de l’électricité, tout est imbriqué ! » Et, d’autre part, parce qu’on risque de se retrouver avec un tissu économique trop délabré au moment du redémarrage. C’est là qu’intervient la grande peur de l’effondrement, comme en 1929.

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