Coronavirus : la Commission européenne pousse les Etats à intervenir sans limite

Selon Bruxelles, la pandémie coûtera à l’Europe au moins 2,5 points de PIB, la faisant plonger en récession.

Par Publié le 14 mars 2020 à 10h09 - Mis à jour le 15 mars 2020 à 17h42

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La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, entourée des commissaires européens à la concurrence, Margrethe Vestager, et à l’économie, Valdis Dombrovskis, à Bruxelles, vendredi 13 mars.
La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, entourée des commissaires européens à la concurrence, Margrethe Vestager, et à l’économie, Valdis Dombrovskis, à Bruxelles, vendredi 13 mars. JOHANNA GERON / REUTERS

« Il est très probable que la croissance dans l’Union européenne [UE] comme dans la zone euro soit inférieure à zéro en 2020, et même très inférieure » : sur un ton monocorde, Maarten Verwey, le directeur général des affaires économiques et financières à la Commission européenne, vient d’annoncer, vendredi 13 mars, que l’Europe entrera en récession cette année, sous l’effet de la crise du coronavirus.

Le haut fonctionnaire explique l’engrenage : contagion à partir de la Chine, rupture des chaînes industrielles, absentéisme croissant des salariés, baisse de la consommation, hausse de l’épargne de précaution, contraintes de liquidités, montée des incertitudes. La démonstration est implacable, même s’il faudra attendre le mois de mai pour avoir les prochaines prévisions chiffrées de l’exécutif européen.

Selon le document présenté par Bruxelles, « l’impact de la crise du Covid-19 est estimé à une réduction du produit intérieur brut (PIB) de 2,5 points en 2020 ». Alors que les prévisionnistes de l’institution anticipaient 1,4 % de croissance avant la pandémie, celle-ci « pourrait être inférieure à − 1 % en 2020 ».

Règles sur les aides d’Etat assouplies

« C’est un choc majeur. Mais il est temporaire. Nous devons travailler ensemble pour qu’il soit le plus court et le plus limité possible », a insisté Ursula von der Leyen, vendredi, alors que, partout en Europe, les gouvernements annoncent des fermetures d’écoles, de crèches ou de commerces pour limiter la pandémie. La présidente de la Commission a répété que l’UE « ferait tout ce qui est nécessaire » pour aider les Vingt-Sept à amortir les effets de cette crise.

Les contraintes budgétaires seront allégées et 37 milliards d’euros iront à la lutte contre la pandémie

Bruxelles est prêt à alléger les contraintes budgétaires que doivent respecter les Etats membres et à assouplir les règles en matière d’aides d’Etat, qui les empêchent de subventionner des secteurs de l’économie ou des entreprises. Enfin, la Commission prévoit une enveloppe de 37 milliards d’euros pour la lutte contre les conséquences de l’épidémie. Les ministres des finances des Vingt-Sept se retrouveront, lundi 16 mars, à Bruxelles – à moins que, d’ici là, ils décident de se parler par vidéoconférence – pour en discuter.

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« Nous ne suspendons pas le pacte de stabilité et de croissance, mais nous utilisons toute sa flexibilité », a expliqué Valdis Dombrovskis, le commissaire à l’économie, avant d’ajouter : « Nous sommes prêts à activer la clause de crise générale. » Celle-ci, imaginée en 2011, et qui n’a jamais été utilisée, permet de suspendre l’application du pacte de stabilité, si la récession est profonde et concerne tout le continent. En 2008, elle n’existait pas, mais « la Commission avait demandé aux Etats membres de préparer des plans de relance représentant 1,5 % de leur produit intérieur brut, ce qui était en soi une suspension du pacte de stabilité », analyse un fonctionnaire, sous couvert d’anonymat.

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