La Commission européenne tente de clarifier sa stratégie industrielle

L’exécutif européen a présenté, mardi 10 mars, le calendrier de travail sur l’évolution de sa politique en matière de concurrence et confirmé sa volonté de soutenir de grandes alliances sectorielles. Le débat se poursuit sur l’émergence de champions continentaux

Par Publié le 10 mars 2020 à 15h17

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La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à Bruxelles, le 9 mars.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à Bruxelles, le 9 mars. JOHN THYS / AFP

On ne pourra pas dire que la Commission n’est pas persévérante. Ce n’est pas parce que cela ne relève pas de ses compétences, ni parce que ses tentatives précédentes – au moins cinq en quinze ans – n’ont pas été couronnées de succès qu’elle a renoncé à se mêler de politique industrielle. Mardi 10 mars, l’exécutif européen a présenté la dernière mouture de ses ambitions en la matière.

A peine nommée à la tête de la Commission en juillet 2019, l’Allemande Ursula von der Leyen en a fait un élément central de sa législature, qui doit lui permettre d’articuler trois de ses priorités : le pacte vert, la numérisation de l’économie et la recherche d’une plus grande souveraineté économique dans un monde où l’industrie chinoise est de plus en plus menaçante, où les géants américains du numérique se sont imposés et où le multilatéralisme est en déshérence.

La France, traditionnellement favorable à une Europe plus interventionniste, est moins isolée qu’elle a pu l’être. L’Allemagne est également demandeuse

Si de nombreux Etats membres de l’Union européenne ne sont pas adeptes d’une immixtion de Bruxelles au niveau de la politique industrielle, le moment est sans doute plus propice qu’il ne l’a jamais été. La France, traditionnellement favorable à une Europe plus interventionniste, est moins isolée qu’elle a pu l’être. L’Allemagne, qui doit affronter une remise en cause profonde du modèle de son industrie automobile, après le « dieselgate » (le scandale des moteurs diesel truqués), est également demandeuse.

Le refus, par la direction de la concurrence européenne, de la fusion entre Alstom et Siemens, en février 2019, a fédéré les intérêts de Berlin et Paris, qui, avec Rome et Varsovie, militent pour que Bruxelles favorise l’émergence de champions continentaux. Même les Pays-Bas, d’ordinaire hostiles à toute forme de dirigisme, plaident désormais pour une Europe plus protectrice face aux mastodontes chinois, dopés aux subventions publiques.

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Pour autant, les résistances demeurent nombreuses parmi les Vingt-Sept, notamment chez les « petits » pays – et pas seulement ceux qui ont une vieille tradition de libéralisme – qui redoutent qu’une politique industrielle soit d’abord au service des grandes économies. Et au sein de la Commission où, entre Margrethe Vestager et Thierry Breton (respectivement commissaire à la concurrence et commissaire au marché intérieur), on n’aborde pas toujours le sujet de la même manière.

Dans ce contexte, donc, la Commission avance avec prudence. L’essentiel de ses propositions, mardi, consiste en réalité à lancer de nouveaux chantiers, ou à évoquer les projets déjà lancés, en énonçant leur cohérence, mais sans trancher sur les dossiers les plus polémiques.

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