Les agriculteurs espagnols bloquent, manifestent et jettent leurs cagettes pour réclamer « des prix justes »

Le gouvernement de gauche promet une réforme, inspirée de la loi française, afin d’éviter les ventes à perte.

Par Publié le 24 février 2020 à 09h37 - Mis à jour le 24 février 2020 à 15h11

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Des agriculteurs manifestent à Valence (sud de l’Espagne), le 14 février.
Des agriculteurs manifestent à Valence (sud de l’Espagne), le 14 février. JOSE JORDAN / AFP

Ce sont les éleveurs d’Estrémadure qui bloquent les routes avec des centaines de tracteurs ; les producteurs d’oranges de Valence qui se plaignent de la concurrence des agrumes sud-africains ; les agriculteurs andalous qui ont promis qu’aucun camion-citerne d’huile d’olive ne sortirait des entrepôts en mars pour protester contre la pression de la grande distribution sur les prix ; les producteurs de tomates et de concombres d’Almeria qui jettent leurs cagettes aux chèvres afin de protester contre la concurrence marocaine, ou encore ceux de raisins d’Alicante qui arrachent des centaines d’hectares parce que le prix qui leur est offert (de 20 à 25 centimes d’euros le kilo) ne couvre pas les coûts de production (entre 40 et 45 centimes)…

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Partout en Espagne, les cultivateurs de fruits à noyau souffrent de l’embargo russe sur les produits agroalimentaires européens, qui dure depuis 2014. Ceux d’olives de table et de vin, quant à eux, sont frappés de plein fouet par la hausse des tarifs douaniers ordonnée par le gouvernement américain de Donald Trump. Et cela ne s’arrête pas là. Depuis près d’un mois, d’une région à l’autre, les agriculteurs se mobilisent, réclamant « des prix justes ». Leur mouvement porte même un nom et a son hashtag #AgricultoresAlLimite (agriculteurs à bout).

En vue d’apaiser leur colère, le gouvernement de gauche a entrepris une réforme de la loi de chaîne de valeur, inspirée de la loi française Egalim, afin d’éviter les ventes à perte. Le ministre de l’agriculture, Luis Planas, a promis de la présenter « avant la fin du mois », de sorte que « les éleveurs et les agriculteurs perçoivent un prix juste » et que, « dans les contrats écrits, il ne soit pas possible de vendre sous les coûts de production ». Elle pourrait être approuvée dès le mardi 25 février, jour de conseil des ministres.

Lors de la réunion de l’observatoire de la chaîne alimentaire, le 11 février, le gouvernement a avancé qu’il prévoyait de détailler la liste précise des pratiques commerciales interdites, d’obliger l’inclusion du coût de production comme facteur d’établissement des prix dans les contrats agraires, et de rendre publiques les sanctions imposées aux entreprises qui ne respectent pas la norme.

« La réforme de la chaîne de valeur nous semble positive, explique au Monde José Luis Miguel, directeur technique de la Coordination des organisations d’agriculteurs et d’éleveurs (COAG). Il existe peu d’entreprises de distribution puissantes, et beaucoup de petits agriculteurs. Il est important de corriger les effets de ce déséquilibre de façon que nos coûts de production soient au moins couverts. Nous souhaitons aussi que l’étiquetage mette en valeur l’origine du produit. »

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