En sursis, la Métropole du Grand Paris jouera sa survie après les municipales

La région et les départements plaident pour la suppression du conseil métropolitain, au moment où le gouvernement relance la simplification des institutions.

Par Publié le 18 février 2020 à 11h13 - Mis à jour le 18 février 2020 à 12h54

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Le premier ministre, Edouard Philippe, sert la main du président du conseil général du Val-de-Marne, Christian Favier, sur le chantier du Grand Paris Express, le 23 janvier 2018. Au centre, Patrick Ollier, président de la Métropole du grand Paris.
Le premier ministre, Edouard Philippe, sert la main du président du conseil général du Val-de-Marne, Christian Favier, sur le chantier du Grand Paris Express, le 23 janvier 2018. Au centre, Patrick Ollier, président de la Métropole du grand Paris. THOMAS SAMSON / AFP

La Métropole du Grand Paris (MGP) passera-t-elle l’été ? Pour Patrick Ollier, le président (LR) de la collectivité qui réunit Paris et 130 communes de la « zone dense », les élections municipales des 15 et 22 mars devraient ouvrir un « acte II » de la MGP, créée le 1er janvier 2016. « En quatre ans, nous avons rendu la métropole lisible et crédible », estime l’élu, candidat à sa reconduction au fauteuil de maire de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine).

Pour M. Ollier, il est temps « de clarifier et de sécuriser l’avenir de la MGP ». En la dotant au passage de « compétences renforcées », en matière de transports, de politique de la ville et de culture. Et d’un territoire « élargi peu ou prou » en y faisant entrer l’aéroport de Roissy, la ville nouvelle de Cergy-Pontoise et le plateau de Saclay.

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Mais le scrutin qui verra le renouvellement où la réélection des édiles composant cette « métropole des maires », comme aime à l’appeler M. Ollier, pourrait tout aussi bien marquer le début de la fin pour cet objet politique mal identifié. A peine élu président de la République, Emmanuel Macron avait souhaité « simplifier drastiquement » le mille-feuille administratif du Grand Paris.

Après plus de deux ans et demi de faux départs et d’atermoiements, le chef de l’Etat a demandé au ministre des collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, de piloter une concertation sur le sujet entre le lendemain des municipales et l’été.

Le casse-tête est total

Une réforme du Grand Paris pourrait ainsi intégrer la future loi 3D (« différenciation, décentralisation et déconcentration ») attendue au second semestre 2020. Faut-il sanctuariser le système actuel (une assemblée des maires comme instrument de gestion de la zone dense) ? Dissoudre les conseils départementaux de la petite couronne dans la MGP, (hypothèse qui fait hurler leurs élus) ? Fondre au contraire la métropole dans le conseil régional pour faire de l’Ile-de-France la véritable échelle métropolitaine (comme le souhaitent la présidente (ex-LR) de la région, Valérie Pécresse, et les présidents des départements franciliens) ? Renforcer les compétences des établissements publics territoriaux, ces intercommunalités intermédiaires absolument inconnues du grand public, qui rêvent d’autonomie fiscale ? Le casse-tête est total.

« La métropole présente un dysfonctionnement institutionnel car elle n’a pas la légitimité démocratique du suffrage universel, pas de vision ni de projet et parce qu’elle n’est pas à la bonne échelle », pilonne Mme Pécresse. Pour elle, « seule la région offre le bon périmètre et une garantie d’efficacité pour penser l’urbanisme après les “gilets jaunes, donner la priorité au rééquilibrage territorial et à la réduction des inégalités, au lieu de recréer une fracture entre la petite et la grande couronne en privilégiant une métropole des riches. »

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