En achetant Bombardier pour 6 milliards d’euros, Alstom devient numéro deux mondial du train

La Caisse de dépôt et placement du Québec sera l’actionnaire de référence du groupe formé avec le groupe canadien.

Par et Publié le 18 février 2020 à 10h45 - Mis à jour le 18 février 2020 à 17h39

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Le site Bombardier de Crespin, dans le Nord, le 17 octobre 2016.
Le site Bombardier de Crespin, dans le Nord, le 17 octobre 2016. Benoit Tessier / REUTERS

Surtout ne pas parler d’un nouveau champion mondial du ferroviaire, mais simplement d’un moyen « d’accélérer le mouvement » pour le développement du rail. C’est ainsi que défend Henri Poupart-Lafarge, le PDG d’Alstom, son rachat, pour une somme de 5,8 à 6,2 milliards d’euros, de son concurrent canadien Bombardier Transport, officialisé lundi 17 février.

Un an après l’échec cinglant de la fusion avec son concurrent allemand Siemens, le groupe tricolore, numéro deux mondial du secteur, prend sa revanche et met la main sur le numéro quatre pour grossir et mieux se déployer autour du globe, alors que le train regagne les faveurs du grand public face au transport aérien, bien plus émetteur de gaz à effet de serre.

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Certes mal en point, Bombardier Transport représente une « opportunité unique », a insisté M. Poupart-Lafarge lors d’une conférence de presse téléphonique. Cela lui permet de se renforcer sur un marché où le chinois CRRC (China Railroad Rolling Stock Corporation) fait office d’épouvantail mondial. Le nouveau groupe dirigé par le français devrait peser, à la fin du processus de rachat mi-2021, 15,5 milliards d’euros de chiffres d’affaires, deux fois moins que CRRC, mais tout de même deux fois plus que Siemens.

Une concurrence internationale de plus en plus intense 

Les premières réactions sont relativement positives des deux côtés de l’Atlantique. « Je me réjouis qu’Alstom, à travers l’acquisition de Bombardier Transport, joue un rôle de premier plan dans le renforcement nécessaire de l’industrie ferroviaire européenne », a assuré dès lundi soir Bruno Le Maire, le ministre de l’économie. « Ce rapprochement permettra à Alstom de préparer l’avenir, dans un contexte de concurrence internationale de plus en plus intense. C’est une excellente nouvelle pour la France, pour l’Europe et pour le Canada. »

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Le premier ministre québécois, François Legault (CAQ, Coalition Avenir Québec, centre droit), a vanté le potentiel d’expansion d’un tel accord. S’appuyant notamment sur l’annonce du futur siège social de la région Amériques du nouveau groupe à Montréal, il a indiqué que « l’idée était que le Québec devienne un peu comme le champion des Amériques dans la fabrication des trains ».

Les partis d’opposition entendent cependant obtenir du gouvernement québécois des garanties plus formelles sur les 1 000 emplois locaux de cette branche transport de Bombardier. Le député Martin Ouellet, du Parti québécois (indépendantiste), réclame au gouvernement qu’il « envoie un signal fort pour garnir les futurs carnets de commandes d’Alstom en lançant le plus rapidement possible des projets attendus depuis longtemps, comme le tramway de Québec ou encore le prolongement du Réseau express métropolitain de Montréal ».

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