Comment l’Europe veut gagner la bataille de l’intelligence artificielle

L’UE veut relever les défis posés par cette technologie en créant « un marché unique » sur lequel l’accès aux données sera encadré et en incitant les Etats membres et les industriels à investir dans le développement des infrastructures nécessaires.

Par Publié le 18 février 2020 à 05h56 - Mis à jour le 10 juin 2020 à 18h03

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Ursula von der Leyen voulait proposer une loi sur l’intelligence artificielle (IA) dans les cent jours suivant son entrée en fonctions, le 1er décembre 2019. Compte tenu de la complexité de la matière, la présidente de l’exécutif européen a finalement revu ses ambitions à la baisse, en termes de calendrier du moins.

Mercredi 19 février, c’est donc un Livre blanc sur l’intelligence artificielle et une stratégie sur les données que doit présenter la Commission européenne. Ces deux initiatives proposent un cadre dans lequel devra s’inscrire la législation à venir, laquelle est prévue au plus tôt pour la fin de l’année, après une période de consultations de tous les acteurs concernés – entreprises, syndicats, organisations non gouvernementales (ONG)…

Pour mieux comprendre de quoi il s’agit, il faut rappeler, comme le fait souvent Thierry Breton, le commissaire au marché intérieur, que ce sont les données, travaillées par des algorithmes pendant des mois, qui permettent l’intelligence artificielle. Il faut aussi comprendre que la prochaine vague de données – la matière première, donc, de cette révolution industrielle – sera faite d’informations générées par les entreprises, lesquelles sont appelées à doubler tous les dix-huit mois ; ce sont celles que fournira, grâce à la 5G, une voiture connectée, ou une usine de traitement d’eau, ou encore une ville intelligente.

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L’Europe, qui a raté le train des données personnelles sur lesquelles Facebook et autre Google ont construit leur empire, « doit être le premier continent à tirer le plein bénéfice de cette vague », explique Thierry Breton. Dans cette bataille, elle part avec une avance sur les Etats-Unis ou la Chine, dans la mesure où elle est la première puissance industrielle au monde et possède donc plus de data à exploiter que ses concurrents. De même, en matière de données publiques, elle est plus riche, compte tenu de la place des Etats (santé, énergie, transports publics…) dans les sociétés européennes.

Harmoniser et encadrer l’accès aux données

Mais, pour tirer profit de cet avantage, l’Europe doit répondre à plusieurs défis. Le premier : créer un « marché unique de ces données », ce qu’elle n’a pas fait en matière de données personnelles, alors que la Chine ou les Etats-Unis bénéficiaient naturellement d’un marché bien plus important.

Pour cela, Bruxelles devra harmoniser et encadrer l’accès aux informations. « Nous établirons des règles claires et strictes que chacun, s’il souhaite venir en Europe, devra respecter », précise ainsi Thierry Breton, qui insiste aussi sur la nécessité d’inciter au partage des données, quand cela est possible bien entendu. Par exemple, dans le secteur automobile, les constructeurs peuvent mettre en commun des informations sur l’usure de certaines pièces.

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