L’Europe s’installe durablement dans une croissance faible

Le PIB de l’Union européenne, qui a subi de plein fouet la décélération du commerce mondial, devrait progresser de 1,4 % en 2020 et en 2021.

Par Publié le 13 février 2020 à 11h00 - Mis à jour le 13 février 2020 à 11h14

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INFOGRAPHIE « LE MONDE »

Dans ses « Prévisions économiques d’hiver », publiées jeudi 13 février, la Commission consacre encore une fiche pays au Royaume-Uni, comme aux 27 Etats membres de l’Union européenne (UE). Comme si Londres n’avait pas quitté les institutions communautaires au 1er février. En réalité, les services du commissaire italien à l’économie, Paolo Gentiloni, n’avaient pas le choix, puisque, jusqu’à la fin de l’année, leur ancien partenaire reste soumis aux règles européennes.

A lire le rapport de la Commission, il ne fait pourtant aucun doute que la rupture est consommée. Pour preuve, la croissance britannique a été comptabilisée avec celle du « reste du monde, hors UE », qui devrait atteindre 3,3 % en 2020 et 3,4 % en 2021 (contre 3,1 % en 2019). Et la prévision de progression du produit intérieur brut (PIB) de l’UE (1,4 % en 2020, comme en 2021) a été calculée sur la base d’une Europe à 27 et non plus à 28.

Il s’agit là, pour l’Europe, « de la plus longue période de croissance depuis le lancement de l’euro en 1999 », se réjouit M. Gentiloni. Certes, mais l’Europe s’est aussi installée durablement dans une croissance faible, sans ressort, et qui se double d’une inflation anémique.

La consommation devrait, encore une fois, soutenir le PIB

Le Vieux Continent a subi de plein fouet la décélération du commerce mondial, liée notamment aux tensions entre la Chine et les Etats-Unis, mais aussi au ralentissement de l’empire du Milieu et aux difficultés que rencontrent les pays émergents. Dans ce contexte, les investissements ont été délaissés et l’industrie a souffert. Ce paysage ne devrait pas radicalement changer en 2020 et en 2021. Et, même s’il y a un mieux entre Pékin et Washington, les incertitudes qui pèsent sur l’avenir du multilatéralisme, attaqué de plein fouet par Donald Trump, restent tout aussi importantes.

C’est donc, prévoit la Commission, la consommation intérieure qui devrait, encore une fois, soutenir le PIB européen. Le secteur de la construction, aidé par le bas niveau des taux d’intérêt, est un autre moteur de la croissance. Tout comme les mesures en faveur du pouvoir d’achat, adoptées ici ou là.

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En France, le plan de sortie de la crise des « gilets jaunes » de l’exécutif a sans conteste permis à l’économie hexagonale de s’en sortir relativement bien. Jusqu’à ce que les grèves de la fin de 2019 ne se traduisent par un recul du PIB au dernier trimestre (– 0,1 %, selon l’Insee). La Commission prévoit que la situation s’améliore (avec une croissance de 1,1 % en 2020 et de 1,2 % en 2021), sans pour autant franchement décoller.

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