Le quotidien « France-Antilles » disparaît des kiosques

le tribunal de commerce de Fort-de-France a prononcé la liquidation du groupe de presse présent en Guyane, Guadeloupe et Martinique. Aux Antilles, la dernière édition est parue samedi 1er février.

Par Publié le 01 février 2020 à 11h18

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La « une » de « France-Antilles » du jeudi 30 janvier annonçant l’arrêt du journal.
La « une » de « France-Antilles » du jeudi 30 janvier annonçant l’arrêt du journal. CEDRIK-ISHAM CALVADOS / AFP

Ce samedi 1er février est parue en Guadeloupe et en Martinique la dernière édition de France-Antilles. Pas en Guyane, l’imprimerie étant à l’arrêt depuis une semaine. Jeudi, le tribunal mixte de commerce de Fort-de-France a prononcé la liquidation du groupe de presse France-Antilles, qui éditait les quotidiens France-Antilles Guadeloupe, France-Antilles Martinique et France-Antilles Guyane. La décision a mis fin aux derniers maigres espoirs des 235 salariés du groupe. Les Antilles et la Guyane sont les seules régions de France à être désormais privées d’un journal quotidien.

C’est la fin d’une histoire qui avait commencé le 24 mars 1964, à l’occasion de la visite du général de Gaulle en Martinique. D’abord mensuel avant de passer quotidien, le journal est alors financé par l’Etat et des fonds publics. En 1973, le titre est racheté par Robert Hersant. Confronté depuis des années à des difficultés structurelles à cause d’un lectorat limité par sa géographie, d’un marché publicitaire contraint et de coûts de production exorbitants, le groupe, détenu majoritairement par AJR Participations, société d’Aude Jacques-Ruettard, petite-fille de l’ancien patron de presse, avait été mis en redressement judiciaire le 25 juin 2019 à la suite d’une cessation de paiements. Toutes les tentatives de trouver un nouveau plan de financement ont échoué.

Echec du tour de table

Dans un communiqué commun, le ministre de la culture, Franck Riester, et celle des outre-mer, Annick Girardin, « regrettent que la mobilisation d’investisseurs privés, aux côtés d’un soutien exceptionnel de l’Etat, n’ait pas été suffisante pour permettre un projet de reprise ». « Le gouvernement a tout fait pour convaincre des investisseurs privés de reprendre France-Antilles. Nous avons mis 3 millions d’euros sur la table. Cela n’a pas suffi, assure Mme Girardin. L’Etat reste mobilisé pour qu’une presse de qualité, libre et indépendante, puisse continuer à vivre. »

Depuis l’été 2019 et la mise en redressement, le suivi du dossier était assuré par le comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI) piloté par Bercy, en collaboration avec les ministères de la culture et des outre-mer. AJR Participations avait déposé un plan prévoyant de conserver 125 postes sur 235. De quotidien, le journal serait passé à une parution trihebdomadaire en Guadeloupe et en Martinique et en version numérique en Guyane.

L’objectif était de réunir un tour de table, autour de l’investisseur historique, AJR Participations, et de nouveaux investisseurs privés, que le gouvernement proposait de solvabiliser en apportant 3 millions d’euros, sous la forme d’un prêt du Fonds de développement économique et social (FDES), d’une subvention du Fonds stratégique pour le développement de la presse (FSDP) ainsi que d’un accroissement de la baisse des cotisations sociales pour la presse quotidienne d’outre-mer qui avait été inscrit dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2020. « Le CIRI a fait tout ce qu’il a pu pour essayer de trouver des investisseurs privés et l’argent qui manquait [1,3 million d’euros] pour boucler le tour de table. On a espéré jusqu’à la dernière minute mais ça a échoué », déplore une source gouvernementale.

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