Au sein du groupe Banque populaire Caisse d’Epargne, la nouvelle vie des « bleus » et des « rouges »

En cinq mois, Laurent Mignon, le nouveau patron du groupe BPCE, issu de la fusion des Banques populaires, les « bleus », et des Caisses d’épargne, les « rouges », a revu sa stratégie numérique, fermé le Crédit foncier et amadoué les banques régionales.

Par Publié le 15 novembre 2018 à 11h22 - Mis à jour le 15 novembre 2018 à 11h23

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SEVERIN MILLET

En quelques mois, la pression a baissé de plusieurs crans dans les couloirs du groupe Banque populaire Caisse d’épargne (BPCE). Depuis son arrivée à la tête de l’établissement, en juin, Laurent Mignon bénéficie d’un état de grâce qui a ramené le calme dans une maison habituée aux crises et aux intrigues de palais.

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Le numéro deux du secteur bancaire en France, avec 20 % de part de marché, a vu le jour dans la douleur voilà près de dix ans. BPCE est le fruit du mariage de deux grands réseaux mutualistes bien implantés dans les territoires, les Banques populaires et les Caisses d’épargne, mais extrêmement fragilisés par la crise financière de 2008. Et c’est dans l’urgence que François Pérol, secrétaire général adjoint de l’Elysée sous Nicolas Sarkozy, est dépêché en 2009 pour diriger ce groupe à la dérive.

Les premiers temps sont difficiles. La fusion ne se fait pas sans mal entre les « rouges » (les Caisses d’épargne) et les « bleus » (les Banques populaires). Natixis, la filiale cotée de l’institution, est au bord du gouffre. François Pérol commence à redresser la barre et à consolider l’établissement.

Fronde de plusieurs dirigeants régionaux

Mais dès 2014 l’institution plonge dans une nouvelle phase d’incertitude : François Pérol est mis en examen en février pour prise illégale d’intérêts lors de sa nomination à la tête de BPCE, car l’ancien haut fonctionnaire avait suivi de près le sauvetage et le processus de fusion du groupe dans ses précédentes fonctions à l’Elysée. De quoi cimenter la fronde de plusieurs dirigeants régionaux de Banque populaire ou de Caisse d’épargne, qui sont à la fois les actionnaires et les affiliés du groupe BPCE. Les opposants reprochant à l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy son peu d’intérêt pour le modèle mutualiste. Après deux procès, sa relaxe en appel, à la mi-2017, a clos le chapitre, mais « cette longue procédure a mis le groupe à l’arrêt, témoigne un patron régional. C’est bien que Laurent Mignon essaye désormais d’aller vite. »

Dauphin de François Pérol, à qui il a succédé au printemps, Laurent Mignon multiplie, en effet, les annonces depuis qu’il a quitté la tête de Natixis pour diriger la maison mère, BPCE, il y a un peu plus de cinq mois. Sa première décision a été de fermer le Crédit foncier, ce spécialiste du crédit immobilier et de l’accession à la propriété des ménages modestes, au passé glorieux, qui contribua à la transformation de Paris lors des travaux du baron Haussmann.

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