Le trompettiste et compositeur Jacques Coursil est mort

Le musicien et poète est décédé le 26 juin, à l’âge de 82 ans. Spécialiste de la linguistique, professeur des universités, il avait enseigné en Martinique et aux Etats-Unis.

Par Publié le 29 juin 2020 à 16h04 - Mis à jour le 29 juin 2020 à 17h10

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Jacques Coursil en 2009, au Cabaret sauvage, à Paris.

Né en 1938, à Paris, dans le quartier de Montmartre, de parents martiniquais, Jacques Coursil est mort le 26 juin, à Aix-la-Chapelle (Allemagne), où il résidait. Trompettiste, compositeur singulier, acteur pluriel, linguiste éclatant, il aura autant enchanté les mondes parallèles qu’il échappe aux radars.

Rire philosophe, voix en danse, allure folle – plus tard, dreadlocks et binocles de souris de bibliothèque –, Coursil écrit ce texte en novembre 1968, dans le n° 2 de la revue Actuel en noir et blanc, première mouture : « Tout le monde a sa chance : il ne s’agit que d’être prêt quand elle se présente» Mantra que lui offrira le pianiste Paul Bley à New York.

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Avant de s’installer à Montmartre, son père milite en Martinique au Parti communiste, sa mère chante. Les parents écoutent avec ferveur Stellio, le clarinettiste phare de l’île, qui met notre poulbot antillais sur la piste du jazz. Coursil apprend la trompette à 15 ans. Le blues a renversé le siècle ? Il le sait.

En 1958, séjour sous les drapeaux en Afrique de l’Ouest. Décolonisation vécue à chaud. Lors du référendum, le soldat Coursil fait l’assesseur. Demande qu’on veuille bien aller quérir les bulletins « non ». Par quelque souci de pédagogie, les militaires français n’avaient placé que la pile des « oui ». Hop, voici notre poète au trou… Il en sort pour être accueilli dans la maison Senghor : « Tu vois ? Il faudrait envoyer tout jeune homme chez un poète. » Il parcourt l’Afrique. Au retour, il découvre Barthes, Greimas, Foucault, Lacan…

En 1965, il rallie les militants radicaux pour les droits civiques et, trompette en main, se joint aux fondateurs de la New Thing

1965 : assassinat de Malcolm X. Coursil file à New York, travaille avec le pianiste de Mingus, Jaki Byard, rallie les militants radicaux pour les droits civiques et, trompette en main, se joint aux fondateurs de la New Thing : en cinq sets, il est des leurs. Duo avec Bill Dixon, groupes divers et variés avec Marion Brown, Arthur Jones, Sam Rivers, Alan Silva, Sunny Murray qu’il quitte pour rejoindre Frank Wright, toute la mouvance free qui dessine les lendemains actifs, il en est.

Ceci, peu connu : dans la horde intergalactique du grand Sun Ra, il se retrouve « lead trumpet ». Ce n’est pas rien. Répétition : au cours d’une lecture à vue d’une partition « imbitable » (le free, ce n’est que rarement ce que l’on croit), le deuxième trompette rate un fa dièse.

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