Florian Schneider, cofondateur du groupe Kraftwerk, est mort

Visionnaire, proche du milieu des arts visuels, le musicien allemand avait été un pionnier de la pop électronique au début des années 1970 avec son complice Ralf Hütter.

Par Publié le 07 mai 2020 à 12h39

Temps de Lecture 3 min.

Article réservé aux abonnés

Florian Schneider, à droite, lors d’un concert du groupe Kraftwerk, à Berlin, le 19 mai 2004.
Florian Schneider, à droite, lors d’un concert du groupe Kraftwerk, à Berlin, le 19 mai 2004. JUERG MUELLER/AP

Cofondateur du groupe Kraftwerk, pour lequel il joua d’abord de la flûte et du violon avant de se consacrer aux machines, l’Allemand Florian Schneider était devenu, à partir de 1974, avec son complice Ralf Hütter, un pionnier de la musique pop électronique. Son innombrable descendance pleure aujourd’hui la disparition de ce visionnaire, mort d’un cancer à l’âge de 73 ans. Annoncé par sa famille le 6 mai, son décès remonterait aux derniers jours d’avril.

Né le 7 avril 1947, à Ohningen (Allemagne), dans le Bade-Wurtemberg, Florian Schneider-Esleben est le fils d’un architecte, Paul Schneider-Esleben, très sollicité lors de la reconstruction de l’après-guerre. Initié par son père aux musiques expérimentales et fervent auditeur des radios destinées aux soldats américains stationnés dans la Ruhr, le jeune homme apprend la flûte et fréquente quelques orchestres de jazz avant d’intégrer le conservatoire de Düsseldorf. En 1968, il y rencontre un fils de médecin, Ralf Hütter, venu y travailler l’orgue électrique. Ils deviennent vite inséparables.

Lire le portrait (en octobre 2002) : Ralf Hütter, robot-gentleman de Kraftwerk

Les deux étudiants forment d’abord le groupe Organisation, voué à de longues séquences d’improvisation habitées de bruitages, de distorsion et de rythmes répétitifs marqués par l’influence de l’active scène allemande de l’époque (Can, Tangerine Dream…). Plus que les traditionnelles salles de concerts, ce sont les galeries d’art contemporain qui accueillent les performances et happenings d’un groupe plus proche du milieu de l’art visuel que de celui du rock. « Il s’agissait de réfléchir non seulement à la musique mais aussi à une idée globale de la représentation », expliquait Ralf Hütter au Monde, en 2002, en mettant en perspective l’origine des ambitions multimédias de Kraftwerk.

Après un album, Tone Float, produit en 1970 par Conny Plank, Schneider et Hütter quittent Organisation pour lancer un nouveau quartette délaissant l’improvisation au profit de mélodies plus structurées. Baptisé Kraftwerk – la « centrale électrique » en allemand –, le groupe va encore tâtonner trois ans (les albums Kraftwerk, en 1970, Kraftwerk 2, en 1972, Ralf & Florian, en 1973) avant d’être guidé par la force d’un concept. Durant cette période pré-historique, pendant laquelle le binôme joue encore de l’orgue, de la flûte et du violon, apparaissent leur première utilisation des boîtes à rythme et une iconographie inspirée du pop art jurant avec les tendances hippies et psychédéliques de l’époque. Mais c’est l’achat de leur premier synthétiseur, un Mini-Moog, qui va métamorphoser l’esthétique du groupe.

Il vous reste 48.48% de cet article à lire.

Lecture du Monde en cours sur un autre appareil.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.