La mort du violoncelliste Lynn Harrell

Brutalement disparu à 76 ans, le doyen des grands violoncellistes américains a mené une triple carrière de soliste, de chambriste et de professeur. Musicien profondément généreux, il laisse une large discographie à son image.

Par Publié le 02 mai 2020 à 11h16

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Le violoncelliste Lynn Harrell, en décembre 2012 à Los Angeles.
Le violoncelliste Lynn Harrell, en décembre 2012 à Los Angeles. Mark Boster/Los Angeles Times via Getty Imag

Le grand violoncelliste américain Lynn Harrell est mort le 27 avril à Houston (Texas) à l’âge de 76 ans, a-t-on appris sur la page Facebook du musicien, par sa femme la violoniste Helen Nightengale. C’est sur ce même réseau social que Lynn Harrell, le 5 avril, avait convié le public à un concert confiné, espérant que le récital qu’il devait donner le 17 mai à la Board Stage de Santa Monica (Californie) serait rapidement reprogrammé. En 1994, en mémoire des six millions de juifs de la Shoah, Lynn Harrell avait joué Kol Nidrei de Max Bruch, à l’occasion de la première commémoration de l’Holocauste par le Vatican, un événement retransmis de Rome dans le monde entier.

En 1975, Lynn Harrell remporte (ex aequo avec le pianiste Murray Perahia) le prestigieux Avery Fisher Prize qui lui ouvre une magnifique carrière de soliste et de chambriste

Lynn Harrell est né le 30 janvier 1944 à New York dans une famille de musiciens professionnels. Son père est le baryton texan Mack Harrell, pilier du Met dans les années 1940 et 1950 (et l’un des grands chanteurs de sa génération) ; sa mère la violoniste Marjorie McAlister Fulton. A 8 ans, après quelques semaines de piano, le jeune garçon décide de commencer le violoncelle. A 12 ans, ce passionné de baseball rêve d’une carrière sportive. Mais sa rencontre avec Lev Aronson, ancien élève de Gregor Piatigorsky à Berlin avant la seconde guerre mondiale, qui a passé cinq ans dans un camp de concentration, lui inspirera un amour immodéré pour la musique. Après avoir terminé ses études secondaires, Lynn Harrell entre à la Juilliard School de New York puis au Curtis Institute of Music de Philadelphie où il travaille successivement avec Leonard Rose puis Orlando Cole.

Le jeune Harrell perd son père, malade d’un cancer, à l’âge de 16 ans, et sa mère disparaît deux ans plus tard dans un accident de la route. Il a 18 ans et doit gagner sa vie. Epaulé par le chef d’orchestre George Szell, un ami de son père, il rejoint alors le pupitre des violoncelles de l’Orchestre de Cleveland. Il en deviendra à 21 ans le plus jeune violoncelle solo de l’histoire de la phalange américaine, un poste qu’il quittera en 1971 après la mort de Szell pour se lancer dans une carrière de soliste et de professeur. En 1971, il a fait ses débuts en récital au Carnegie Hall de New York, avant de se produire l’année suivante avec James Levine au piano à l’Alice Tully Hall, au sein de la Chamber Music Society du Lincoln Center.

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