La mort de l’ancien sénateur Jacques Oudin

Elu de la Vendée au Palais du Luxembourg de 1986 à 2004, il avait été le trésorier de la campagne de Jacques Chirac en 1995. Son nom avait été cité dans plusieurs affaires de financement du RPR. Il est mort le 21 mars, à l’âge de 80 ans.

Par Publié le 25 mars 2020 à 18h06

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Jacques Oudin, au conseil général de la Vendée, à La Roche-sur-Yon, le 30 novembre 2010.
Jacques Oudin, au conseil général de la Vendée, à La Roche-sur-Yon, le 30 novembre 2010. Franck Dubray / PHOTOPQR/MAXPPP

Sa vie commence comme un roman d’aventures. La mère de Jacques Oudin, journaliste d’origine ukrainienne exilée en France, part dans les années 1930 en reportage en Chine puis en Indochine, où elle rencontre le dernier empereur du Vietnam, Bao Daï. C’est au cours de ce séjour qu’il naît sur un bateau vapeur, en mer de Chine, naissance officiellement déclarée le 7 octobre 1939 à ce qui s’appelle alors Tourane et est devenu aujourd’hui Da Nang. Alors qu’il est âgé de 11 ans, sa mère rentre en France et s’installe sur le littoral atlantique, à Noirmoutier.

De ses origines asiatiques, Jacques Oudin, mort samedi 21 mars à Paris à l’âge de 80 ans des suites du Covid-19, conservait les traits, un regard plissé et malicieux, et une passion assidue pour l’Extrême-Orient. Sénateur de la Vendée élu en 1986 – il le demeurera jusqu’en 2004 –, cet énarque, conseiller référendaire à la Cour des comptes, présida longtemps le groupe sénatorial d’amitié France-Vietnam. C’est à ce titre qu’il s’y rendit en mai 2003 en compagnie du président du Sénat, Christian Poncelet. C’était le premier déplacement au Vietnam d’officiels étrangers depuis que sévissait l’épidémie de SRAS.

Avant de s’engager en politique, Jacques Oudin a suivi de brillantes études : lauréat du concours général, diplômé de HEC, licencié en droit, diplômé de Sciences Po, ENA, direction la Cour des comptes. Il entre en 1971 au cabinet d’Olivier Guichard, grand baron du gaullisme, alors ministre de l’éducation nationale, qu’il suivra à l’aménagement du territoire. Il est ensuite nommé au ministère de l’industrie, où il occupe plusieurs fonctions directoriales.

Premiers mandats locaux en 1976

Mais son premier mentor lui a instillé le goût de la politique ainsi que la même foi gaulliste et, dès 1976, il conquiert ses premiers mandats locaux : conseiller général, conseiller municipal, puis, en 1985, conseiller régional des Pays de la Loire, alors présidés par Olivier Guichard, avant de se présenter en 1986 aux élections sénatoriales en Vendée sur une liste dissidente, et de l’emporter face à l’ancien ministre RPR Vincent Ansquer.

Il ne lui en est pas tenu rigueur. Son ascension dans l’appareil politique du RPR chiraquien commence par sa nomination, en 1988, au sein du conseil national de prospective, où il est chargé des entreprises. Cinq ans plus tard, le RPR le désigne comme trésorier, une fonction sensible dans cette période où le financement des partis politiques n’était pas aussi encadré qu’il l’est aujourd’hui et pouvait passer par des canaux occultes. C’est aussi à ce titre qu’il sera trésorier de l’association de financement de la campagne présidentielle de Jacques Chirac en 1995, à l’issue de laquelle ce dernier accède à l’Elysée. Cette même année, il entre au bureau politique du RPR.

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