Mort de Christophe Desjardins, un alto pour la musique de tous les temps

L’instrumentiste français, soliste à l’Ensemble intercontemporain durant deux décennies et interprète privilégié des plus grands compositeurs, est mort jeudi à 57 ans.

Par Publié le 15 février 2020 à 12h34

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L’altiste français Christophe Desjardins.
L’altiste français Christophe Desjardins. Jean Radel

Il avait su faire de son instrument une arme de création massive : l’altiste Christophe Desjardins, bien connu des mélomanes amis de la musique contemporaine, est mort à Paris jeudi 13 février des suites d’un cancer. Il avait 57 ans.

L’un de ses enregistrements maîtres restera le somptueux récital réalisé pour Aeon, Alto/Multiples, en 2010, dix-sept pièces en 2 CD, dont le premier rassemble des grands solos (d’Hindemith à Elliott Carter) qui ont jalonné le XXe siècle, le second regroupant des œuvres en lien avec un répertoire plus ancien ou réclamant le procédé du re-recording afin de démultiplier son instrument – ainsi, le trio Ockeghem-Maderna, le quatuor de Wolfgang Rihm ou le septuor Messagesquisse de Boulez, dont il a créé en 2000 la version pour sept altos.

Christophe Desjardins naît à Caen (Calvados) le 24 avril 1962. Il commence la musique très jeune et étudie d’abord le piano, avant de découvrir l’alto à 10 ans, dont le côté mystérieux le séduit. Il entre au Conservatoire national supérieur de musique de Paris en 1982 dans les classes de Serge Collot pour l’alto, de Geneviève Joy (femme d’Henri Dutilleux) pour la musique de chambre. Muni d’un Premier Prix à l’unanimité l’année suivante (1983), il se perfectionne à la Hochschule der Künste (actuelle Universität der Künste) de Berlin auprès de Bruno Giuranna.

C’est en lauréat du concours international Maurice-Vieux, à Bruxelles, qu’il entre en 1986 comme alto solo à l’orchestre du théâtre royal de La Monnaie. Il y restera quatre ans, avant de rejoindre Paris et le prestigieux Ensemble intercontemporain (EIC), dont le directeur musical est alors Peter Eötvös, avant David Robertson, Jonathan Nott et Susanna Mälkki (2006-2013).

Interprète privilégié des créateurs de son temps

Durant deux décennies, Christophe Desjardins réalisera, au sein de l’ensemble de solistes fondé par Pierre Boulez en 1976, pas moins d’une trentaine de disques. Il est devenu l’interprète privilégié des plus grands créateurs de son temps. D’Ivan Fedele (création de L’Orizzonte di Elettra à Milan en 1996), à George Benjamin (Viola, viola), de Luciano Berio (Alternatim, à Amsterdam en 1997, puis New York, Salzbourg, Paris) à Jonathan Harvey (Jubilus), de Michael Jarrell à Michaël Levinas, en passant par Philippe Boesmans et Philippe Manoury, dont il donne en première mondiale, en 2007, la monumentale Partita I pour alto et électronique en temps réel, objet d’importantes tournées internationales et d’un enregistrement pour le label Kairos (Diapason d’or).

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