La mort de Simon Coencas, l’un des inventeurs de la grotte de Lascaux

Il était le dernier des quatre adolescents qui ont découvert la « chapelle Sixtine de la préhistoire » le 12 septembre 1940. Simon Coencas est mort le 2 février, à l’âge de 93 ans.

Par Publié le 05 février 2020 à 15h24 - Mis à jour le 05 février 2020 à 16h47

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Simon Coencas, dernier survivant des « découvreurs » de Lascaux, le 18 novembre 2016.

Simon Coencas, le dernier des quatre inventeurs – découvreurs – de la grotte de Lascaux (Dordogne), est mort le dimanche 2 février à Paris, à l’âge de 93 ans. A 90 ans passés, il continuait de raconter cette « merveilleuse découverte » à celui ou celle qui poussait la porte de son bel appartement situé à deux pas de l’Etoile, à Paris. L’œil malicieux, il se remémorait ces journées où, du haut de ses 13 ans, il faisait les quatre cents coups sur les bords de la Vézère avec ses copains Jacques Marsal et Georges Agniel. « On était tous les trois toujours ensemble ! Les mêmes ! »

Ce 12 septembre 1940, ils sont allés à la ferme du manoir de Lascaux rendre visite à de jeunes Lorraines réfugiées. Econduit, le trio regagne le village de Montignac. Leur route croise celle de Marcel Ravidat, un gaillard de 18 ans qui s’exprime en français et en patois. Celui qu’on appelle « le bagnard » a repéré un trou dans le bois de Lascaux quatre jours plus tôt. Selon lui, il s’agit de l’entrée du souterrain censé relier la colline au château de Montignac.

Après avoir agrandi le trou avec un couteau, les quatre adolescents glissent à l’intérieur sans trop de difficultés. Un voyage dans la nuit des temps : à la lueur de lampes de fortune, ils aperçoivent sur les parois toutes sortes d’animaux peints en ocre, en rouge, en noir. Les quatre copains sont éblouis. Aucun d’entre eux ne se doute que ces peintures ont été réalisées il y a dix-sept mille ans. Ils attendent quatre jours avant de révéler l’existence de la grotte à leur instituteur, Léon Laval, lequel préviendra l’abbé Breuil, spécialiste de l’art pariétal, qui authentifiera la « chapelle Sixtine de la préhistoire ».

Interné à Drancy

Simon Coencas, lui, a déjà dit au revoir à Montignac, ce village où sa famille originaire de Paris s’est réfugiée peu avant que la France déclare la guerre à l’Allemagne nazie, le 3 septembre 1939. Après avoir passé un an à fréquenter les bancs de l’école de Salignac, à un jet de silex de Montignac, il quitte la zone libre pour les faubourgs de la capitale, désormais occupée. Il doit retrouver son père, commerçant juif né en Grèce, dont les nombreux magasins de prêt-à-porter viennent d’être spoliés. Celui-ci tente de sauver la fortune qu’il a bâtie depuis son arrivée en France, dans les années 1910.

Déjà, le souvenir des jours heureux qui ont suivi la découverte de Lascaux paraît loin, comme réduit en miettes par celui des années noires de l’Occupation. Le destin de sa famille bascule. Dénoncé à la police par un de ses employés, son père est trimballé de prison en caserne, interné à Drancy avant d’être déporté à Auschwitz. Simon Coencas est lui-même arrêté en 1942. Il est interné à son tour à Drancy, où il retrouve sa mère.

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